vendredi, 16 janvier 2009

Le mythe du vin de glace

Confondre le début et la fin du petit âge glaciaire, c'est un peu rude à avaler lorsque cela vient du fameux journal de référence :

C'est en Moselle, lorsque s'installa la petite ère glaciaire au XVIIIe siècle, que les vignerons, sans doute surpris par des gelées précoces, se virent contraints de ramasser les grappes transformées en petits blocs de glace pour sauver leur récolte et qu'ils eurent la surprise de découvrir des moûts aux arômes insolites.

Elle était déjà en place depuis bien longtemps. La période de glaciation avait commencé cinq siècles plus tôt et le vignoble belge avait déjà disparu presqu'en entier à cette époque alors que le froid régnait depuis déjà deux siècles au moins. Le pic de la glaciation se situe à des moments fort divers lorsque l'on consulte les graphiques et il ne se trouve pas seulement au début ou à la fin du XVIIIe s. selon les lieux que l'on consulte. On ne peut pas dire que les vignerons du nord de la Loire étaient surpris : c'était leur lot quasi-annuel depuis des générations ! Des micro-climats ont pu protéger des terroirs fort septentrionaux et continentaux, mais en tout cas le froid a tué tout le vignoble anglais dès la fin du Moyen Âge (et peut-être parce que les importations de France étaient plus aisées du temps des Plantagenêts). Le petit âge glaciaire s'achève entre 1815 et 1860 selon les lieux, il serait difficile de dire qu'il s'installe un siècle plus tôt alors que nous en sommes sortis pour entrer dans un nouveau cycle météorogique pour lequel nous ne connaissons pas les aboutissants ou la durée ou la fréquence des pics ou la localisation des phénomènes. Mais le fait que des paysans aient été surpris, cela fait tout de suite histoire, conte ou légende. Notez que le thème de la prétendue surprise apparaît deux fois dans la même phrase, comme si cela devait être vraiment une action miraculeuse afin de transformer l'eau glacée en vin sous la forme d'un apologue vaguement chrétien ou païen selon le sens qu'on lui prête...

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Commentaires

On n'a pas accès à l'article en question en cliquant sur les liens, mais seulement aux explications de Wikipedia.

Écrit par : Alice M | samedi, 17 janvier 2009

« apologue vaguement chrétien ou payen »

Cela fait quelques lurettes que l'orthographe "payen" a été abandonnée au profit de "païen", à moins que ce soit dans les cartons d'une nouvelle proposition de réforme.

Écrit par : DB | samedi, 17 janvier 2009

Erreurs corrigées.

Écrit par : Dominique | samedi, 17 janvier 2009

L'article commence en effet comme un conte :"Ils étaient une quinzaine de vendangeurs quelques jours avant Noël au domaine de l'Orpailleur, à Duham, dans la province de Québec, venus ramasser à la lueur des phares d'un tracteur les derniers raisins de cépage vidal flétris sous la glace."

Le détail de la "lueur des phares d'un tracteur" est vraiment savoureux !
Ah et je ne savais pas que les vins de glace pouvaient se conserver plus longtemps que les autres : les "spécialistes" confirment-ils ?

Écrit par : Alice M | samedi, 17 janvier 2009

C'est surtout vrai pour les vins d'Alsace et de Moselle normaux qui doivent être consommés dans les deux à trois ans après leur confection et qui ne se bonifient pas par vieillissement.

Écrit par : Dominique | samedi, 17 janvier 2009

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