dimanche, 07 décembre 2008
Ma vie sans moi (2)
Le temps m'a rajeuni jusque dans mon enfance,
Je ne sais plus combien j'ai souffert, ni pourquoi,
Mais je sais aujourd'hui que je suis transparence
Et qu'à force d'oubli je reviens près de moi,
Combien je vais bénir l'objet de ma souffrance.
J'ai retrouvé l'étang et les bois taciturnes
Où toute ma jeunesse et ma franchise ont chu ;
Je craignais d'y heurter un moi-même inconnu,
Mais, où l'aube pensait redevenir commune,
Grâce à l'amour humain rien ne s'était perdu.
Lorsque je fus bien loin dans mon isolement,
N'ayant d'autre pays que le bruit du feuillage,
Au plus haut de tout mal je tremblais un instant
Et, passager fragile en mon sang de sauvage,
Un chant d'âpre douceur me brisa lentement :
"Mes coteaux, mes sentiers, nul ne peut m'écouter,
Chaque être que j'aimais a choisi son mensonge
Et je n'ai d'autre dieu que les plus beaux objets,
Vous seuls fêtez les pas qu'allongent ceux qui songent
Et répondez encor quand nos pas font pitié".
Armand Robin
16:11 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, anarchisme, anarchie, poésie, poésies, poème



Commentaires
Puisque Dominique remet à l'honneur Armand Robin l'oublié, voici un site :
http://armandrobin.org/
Et une vie du poète :
Anne-Marie Lilti, Armand Robin, le poète indésirable, collection "Le cercle des poètes disparus", Aden, 2008 (diffusée par Les Belles Lettres), que je n'ai pas encore lue.
Écrit par : Jacques Layani | lundi, 08 décembre 2008
"Le temps m'a rajeuni jusque dans mon enfance,
Je ne sais plus combien j'ai souffert, ni pourquoi,"
Il a une façon particulière de s'exprimer, c'est superbe !
Écrit par : Michèle | mardi, 09 décembre 2008
"Un chant d'âpre douceur me brisa lentement"
Écrit par : michèle | mercredi, 10 décembre 2008
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