samedi, 06 décembre 2008

Ronsard politiquement incorrect

Chers collègues enseignants bedonnants, myopes, boiteux, voûtés, édentés et chauves, proches du 11e échelon ou de la hors-classe, vous aviez l'habitude de faire étudier ce poème de Ronsard aux fraîches adolescentes de troisième ou de seconde - tout juste guéries de leurs boutons d'acné - afin de les séduire et de susciter chez elles un début de réflexion épicurienne, eh bien ! sachez que ce ne sera plus possible du fait de thèmes fort dérangeants et indignes d'une éducation vraiment émancipatrice.

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Voici en effet ce que dit la Halde à travers un rapport de l'université Paul-Verlaine (sic !) de Metz :

Nous n’avons pas eu la possibilité, faute de temps, d’étudier les textes des manuels. En effet, certains textes pourraient contenir des stéréotypes. Par exemple, en français, le poème de Ronsard « mignonne allons voir si la rose » est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes présentant uneimage plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes.
Il est logique que pour intéresser les élèves au contenu des manuels ces derniers privilégient les illustrations mettant en scène des personnages les plus jeunes possible (compte tenu du contexte). Mais cela se fait au détriment de l’image des seniors.

Il convient en effet de ne pas étudier en classe ce Ronsard qui donne une si piètre image des séniors, comme en témoigne cet autre poème :

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que i'estois belle.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom, de louange immortelle.

Je seray sous la terre et fantôme sans os
Par les ombres myrteux je prendray mon repos
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez des aujourdhuy les roses de la vie.

Mais comment peut-on en effet proposer à la jeunesse le modèle d'une vieillesse aussi dégradée ? L'obscénité est là et non dans ce vieux thème :

Suzanne.jpg

J'ai choisi à dessein, Suzanne et les Vieillards, une peinture d'Artemisia Gentileschi, femme peintre du XVIIe s.

Mes informations viennent de ce site.

Commentaires

Bientôt on ne pourra plus rien lire et surtout pas ce que je propose à gagner sur mon site

Écrit par : Fabrice | samedi, 06 décembre 2008

Soral, Nabe, Dantec, Hallier, Houellebecq, Matzneff... excusez-moi mais ce n'est pas tout à fait la littérature que j'aimerais défendre pour ma part - vous savez néanmoins bien mélanger les antisémites avec les racistes anti-musulmans ou anti-Noirs. La plupart des liens sont pourris, ils ont en commun la haine de l'autre (qui peut avoir un visage variable selon les individus). J'ai donc supprimé le lien vers ce site qui présente ce qui ne me semble pas du tout de la littérature, mais du militantisme en faveur de la haine raciale.

Écrit par : Dominique | samedi, 06 décembre 2008

Après avoir lu attentivement ce cher Jérôme Pellissier, remplace le mot qui fâche par «senior» et applique sans déborder la crème-à-tuer-le-temps :

«Yôôô... chacun son tour d'être cheune et pelle...» (Huguette A., alsacienne adorée, la plus fantastique vieille — après moi — de quatre-vingt cinq ans).

«Peut-être que je serai vieille,
Répond marquise — cependant,
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant.»

Écrit par : pièce détachée | samedi, 06 décembre 2008

S'agit-il d'un canular, ou en sommes-nous vraiment rendus là, comme disent les Québécois ? Sommes-nous condamnés à tout faire comme les Etats-Unis avec 15 ans de retard ?
En tous cas cela me donne l'occasion depuis longtemps reportée de vous féliciter pour votre blog...

Écrit par : Constantin | samedi, 06 décembre 2008

"Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors" !!!! on dirait une blague !! ça ne peut pas venir de la Halde !

Écrit par : Alice M | samedi, 06 décembre 2008

Cela ressemble à un canular... Mais au fond, la Halde étant à peu près sans pouvoir, il ne lui reste peut-être qu'à s'occuper en pinaillant pour donner l'impression d'exister ?

J'aime bien aussi le "compte tenu du contexte" dans la parenthèse à la fin. Ben, oui, le contexte du poème en question, par exemple...

Écrit par : Irène | samedi, 06 décembre 2008

Ce n'est pas un canular, on peut le voir en allant vers premier lien qui permet d'accéder à l'ensemble des autres liens :
http://www.halde.fr/Etude-sur-les-stereotypes-dans-les,12608.html
J'ai pris le soin de vérifier avant l'origine et de lire les textes en question.

Les poèmes ne posent pas de problèmes sur la représentation de la vieillesse, ils témoignent de ce qui était une vision convenue de la déchéance et de la mort à l'époque de leur écriture, Ronsard n'avait que 28 ans lorsqu'il a écrit les Amours de Cassandre et son aimée n'en a que 13 ! Il pouvait alors être considéré comme vieux tout comme la femme de trente ans de Balzac. Ce qui a changé, c'est qu'il existe plus de personnes âgées et bien plus vieilles. Cela peut être un axe de lecture.

Le vrai problème, c'est qu'il s'agit d'un poème amoureux et qu'il est toujours délicat d'aborder ce sujet avec des adolescents qui sont en pleine crise sentimentale ou sexuelle. Or, dans ce cas, l'enseignant plus âgé est dans la position du poète qui tente de convaincre la jeune fille à laquelle il s'adresse. Il faut instaurer une forme de distance au préalable pour pouvoir parler de ce texte de manière sereine, parce que l'on pourrait avoir vite des réactions du type "vieux satyre ! vieillard lubrique ! pédophile !" Mais les idées de Ronsard sur le cours du temps ne me semblent pas du tout inactuelles et c'est pourquoi j'ai été surpris, voire choqué, de les voir mettre en cause. Nier l'existence de la mort est une plaie de notre époque. Le baroque en revanche mettait la mort en place à tous les endroits et c'était fort peu vivant ou captivant dans la plupart des cas. Mais Ronsard sait saisir un cliché par une scène que tout le monde a pu voir et qui peut se reproduire à l'infini. Et c'est pourquoi il a survécu.

Écrit par : Dominique | samedi, 06 décembre 2008

Mais ce qui me fait marrer c'est aussi la formulation ! "une image très négative des *seniors*", c'est ça qui donne l'impression d'une blague !

Oui, l'axe de lecture que vous donnez me paraît intéressant et transdisciplinaire. On ne peut pas juger d'un poème du XVI e siècle avec les filtres étroits du XXIe !

Mais vous parlez d'un "problème", à propos du poème, parce que c'est un poème amoureux, quand il est abordé avec des ados, ben oui, mais tout dans la littérature peut être "délicat", dans ce cas-là ! et puis ce sujet, justement parce qu'il est au centre de leurs préoccupations, a des chances de les intéresser plus qu'un autre... contrairement à des textes de Rabelais par exemple, dont je ne comprenais que couic quand j'étais ado.

Écrit par : Alice M | samedi, 06 décembre 2008

Ben... excusez-moi, mais les textes de Rabelais peuvent aussi poser des difficultés aux enseignants
http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/01/25/politiquement-correct.html
Ben oui, le "petit con" a été supprimé dans le Lagardémichard. Cela ne devait surtout pas être lu par les élèves des années 50 à 90 (j'ai encore dû employer ce manuel durant mes premières années d'enseignement).
Et pourtant toutes les autres métaphores (braguette, pantoufle, savate) du même paragraphe tournent autour du sexe féminin que Gargantua regrette.
C'est parce que l'on a émasculé Rabelais dans des livres scolaires qu'il ne peut rien dire à quelqu'un. Mais là... il y avait des mots trop crus trop bien posés. Cela aurait été une huée ! Monsieur ? Qu'est-ce qu'un "con" au sens propre ? Ben euh... mon enfant, voyons, c'est une image, juste une image, rien de plus... De toute manière, c'est très symbolique, ne prenez surtout rien au premier degré !

Écrit par : Dominique | samedi, 06 décembre 2008

Oui, en effet... si on doit supprimer tous les mots crus, tout ce qui parle d'amour et tout ce qui parle de la mort... il reste quels textes ?

Hum... donc on censure à toutes les époques, quoi. J'étais quand même loin de penser qu'à la nôtre, on censurerait Ronsard !

Écrit par : Alice M | samedi, 06 décembre 2008

On va finir par dire que le spam pour le Viagra donne une mauvaise image des seniors ...

Écrit par : Pilou | samedi, 06 décembre 2008

Le message de Rabelais est de toute manière plus fort que celui de tous les censeurs : Gargantua a perdu sa source de jouissance, mais il y a quelqu'un qui vit et qui deviendra son espoir et sa raison de vivre : son fils Pantagruel ! Gargantua choisit la vie après s'être lamenté sur ce qui lui était le plus cher. Cet extrait est un texte clé de la Renaissance, parce qu'il fait comprendre le concept même de l'époque à travers toutes ses contradictions, Gargantua refuse clairement la mort et la déploration, il le fait pour des raisons concrètes et physiques, sans appel à des instances supérieures qu'elles soient religieuses ou laïques. C'est un message d'amour et d'espérance dit de manière que l'on pourrait qualifier d'obscène et qui en fait est plus proche de l'Evangile ou d'une morale laïque qu'on ne pourrait l'imaginer. Mais ce n'est pas si facile d'aller au delà des mots...

Écrit par : Dominique | samedi, 06 décembre 2008

Plutôt que de, comme voudrait la Halde, "contrebalancer le stéréotype", proposons plutôt aux élèves d'étudier, en balance et stéréo, l'extension du thème de Ronsard chez Gainsbourg et Danny Brillant, avec "Ronsard 58" et "Ronsard 96".

Écrit par : GH | samedi, 06 décembre 2008

Gainsbourg, Brillant et... Rossi :

"O catarinetta bella Tchi-tchi
Écoute l'amour t'appelle Tchi-tchi
Pourquoi dire non maintenant Ah... ah...
Faut profiter quand il est temps: Ah... ah...
Plus tard quand tu seras vieille Tchi-tchi
Tu diras baissant l'oreille Tchi-tchi
Si j'avais su dans ce temps-là... Ah... ah...
O ma belle Catarinetta"

Certes on ne sait si c'est un vieux - oups, un sénior (pervers, je vous l'accorde) - ou un jeune énamouré qui conseille ici la bella (tchi tchi).

Mais revenons à nos scolaires préoccupations : s'il se plie aux recommandations de la Halde, le vieil enseignant bedonnant, myope, boiteux, voûté, édenté et chauve, proche du 11e échelon ou de la hors-classe, qui se privera de susurrer aux oreilles émues de fraîches adolescentes ce type d'avertissement, perdra une bonne part de son sex appeal naissant de presque sénior. C'est dommage, car ce n'est point avec sa maîtrise de l'orthographe qu'il parviendra à coucher les ingénues sur le lit des lettres.

Écrit par : CBP | dimanche, 07 décembre 2008

Je n'ai pour ma part connu Tino Rossi que vieux, il a été toujours vieux à chacun de mes Noëls télévisuels et je ne pourrais pas l'imaginer autrement, même après sa mort. Pour moi, il est le vieux définitif. (Je n'ai pas repris des moules après sa mort, je ne me souviens pas du tout de ce que j'ai fait alors parce que je m'en fichais allégrement, mais à l'annonce de la mort de Reiser, j'ai suspendu ma tasse de café dans le mess de la Forêt Noire où je me trouvais et je n'ai pas eu l'occasion de chialer, j'étais en uniforme et de corvée d'écoute des Soviets. Mais je me souviens bien de Reiser et pas de Rossi.)

Écrit par : Dominique | dimanche, 07 décembre 2008

J'ai commencé de lire l'ouvrage collectif « PLACE DES STÉRÉOTYPES ET DES DISCRIMINATIONS DANS LES MANUELS SCOLAIRES ».

Première page : titre et auteurs ; deuxième page : remerciements ; troisième page : résumé de huit lignes. Dernière phrase du résumé : « Chaque chapitre se conclue (sic) par des recommandations spécifiques à chaque approche et à chaque critère. »

C'est peut-être idiot, mais je ne suis pas allé plus loin.

Écrit par : Rico | dimanche, 07 décembre 2008

A propos de votre message étonnant"J'ai donc supprimé le lien vers ce site qui présente ce qui ne me semble pas du tout de la littérature, mais du militantisme en faveur de la haine raciale."
Je crois que vous n'avez pas bien lu mon site

Justement à propos de Matzneff que vous n'avez jamais sans doute lu, j'écrivais "Vous avez dit métèque ? un titre qui fait référence à l’obsession des origines de presque tous les médias français de droite comme de gauche comme lors de l'élection de Nicolas Sarkozy et du décès du cardinal Jean-Marie Lustiger. D’origine russe, il ne peut qu’être exaspéré par les crispations identitaires(...)

Sur Dantec j'écrivais : " Terminé la lecture d’American Black Box de Dantec. Si les premières pages m’avaient plutôt enchanté ( voir ma première impression) la poursuite de cette lecture me procure un jugement plus nuancé. En fait, je suis plutôt déçu, je pense même que je ne conserverai pas ce livre. Beaucoup de répétitions, de violence, des phrases de ce style « Pendant que les microbes parisiens s’amusent dans leurs madréporaires raclures de bains de pieds, (…) »

Écrit par : Fabrice | dimanche, 07 décembre 2008

Et je supprime une nouvelle fois la référence à un site qui ne donne preque que des liens vers des auteurs de droite extrême ou d'extrême droite ou récupérés par ces mêmes courants comme Renaud Camus, et surtout à dominante raciale. Je refuse de m'inscrire dans le faux débat des gens qui font de la race une question. Pour moi, la question Matzneff a été vite réglée : 1) s'il n'était pas écrivain il serait depuis longtemps en prison pour relations sexuelles tarifées envers des mineurs de moins de quinze ans dans des pays du Tiers-Monde ; 2) il a pris fait et cause pour les génocidaires serbes traduits devant le TPI par prosélytisme orthodoxe. Ce qu'il peut écrire par ailleurs m'importe peu.

Enfin, je considère vos messages sur mon blogue comme des pourriels envers des textes que je juge infects.

Écrit par : Dominique | dimanche, 07 décembre 2008

Vous êtes donc pour la censure. Volià où on en est. Même Ronsard sera bientôt interdit. Et en plus vous proférez des mensonges . Si les lecteurs de votre site allait sur le mien il le verrait tout de suite.

Écrit par : Fabrice | dimanche, 07 décembre 2008

Fabrice : Vous êtes donc pour la censure. Volià où on en est.

Oui, je suis pour la censure et je l'ai dit à de multiples reprises. Mais pour une censure intelligente. Je supprime le lien dans votre signature parce que j'estime que vous vous êtes livré à une publicité déplacée. Mais j'ai donné par ailleurs les noms de tous les auteurs ignominieux que vous vantez par vos liens. Si on veut se renseigner sur eux, ce sera possible de toute manière puisque je n'ai pas supprimé vos messages et que mes textes disent à quel univers ils renvoient.

Fabrice Ronsard sera bientôt interdit.

Allons donc ! je relevais juste un paradoxe. Il y a plus dérangeant dans "Mignonne, allons voir si la rose" qu'une mise en cause des séniors. J'ai écrit l'étiquette (tag) "féminisme", est-ce par hasard ? Et j'ai cité Artemisia Gentileschi, est-ce par hasard ? De toute manière, une hénaurme partie de l'œuvre de Ronsard ne peut pas être étudiée pour la bonne raison qu'elle est totalement idiote ! Il appelait au massacre en masse des protestants ou bien il inventait des origines totalement farfelues à la France, via Troie. Cela passerait mal dans les écoles. Ronsard était certes un grand poète, mais il a écrit pas mal de couenneries par ailleurs. Or là je parlais de textes qui, ma foi, peuvent être reçus par à peu près tous (même s'il y a des difficultés au sujet de l'interprétation puisque nous ne sommes plus dans la culture du XVIe s.) Mais il y a une problématique qui vous a échappé...

Fabrice : Et en plus vous proférez des mensonges . Si les lecteurs de votre site allait sur le mien il le verrait tout de suite.

Bien entendu. Si vous pouviez me dire de quels mensonges il s'agit, on pourrait y voir plus clair. J'ai énoncé des faits.

Écrit par : Dominique | dimanche, 07 décembre 2008

Mes liens n'ont rien à voir avec l'extreme-droite

Voici la liste de tous mes liens
Alain Soral
Gabriel Matzneff
Jean-Edern Hallier
La main de Singe
Léon Bloy
Marc Edouard Nabe
Maurice G. Dantec
Michel Houellebecq
Notes de lecture de Geoges Leroy
recherche de livres
Renaud Camus
Revues
Anaximandre : bulletin de réflexion gratuit
Le Grognard
Le perroquet libéré !
Les 4 vérités
Les Epées
Liberte politique
Tsimtsoum
Blogs
Apocoloquintose (blog de F-X Ajavon)
Café du commerce
Incarnation Être ô Être...
Koztoujours
L'avenir du futur
Ludovic Monnerat
Ong ong (Asie)
OrnithOrynque
Philippe Bilger
Pierre Cormary
Polydamas
Schizodoxe-le blog des mutations
Stalker
Yvan Rioufol
Nouvelles images
John Scrolling : L'affaire Lectron
Mouviz DVD
Zone blanche
Webzine
Ring
Salon de réflexions (Elisabeth Lévy...)
émissions radiophoniques
Derrière ta porte
Du grain à moudre
France-Culture
Frédéric Taddei regarde les hommes changer
Le dernier pouvoir
Radio vraiment Libre
Sites du moment
Bakchich
Banlieue anti systeme
Le quotidien des chercheurs de sens
Site de news du Monde alimenté par les internautes
Informatique
Comment ça marche
autres liens
1000 sites francophones pour se libérer de la pensée unique
Actes anti-catholiques
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musique et politique
Olivier Zol
Tiqqun

Écrit par : Fabrice | dimanche, 07 décembre 2008

Oh ben... J'ai juste dit que Nabe, Hallier, Solar, Houellebecq, Dantec, ce n'était pas de la littérature. Je le maintiens. J'ai peut-être dit aussi que vous livriez à un pourriel, si je ne l'ai pas dit je peux vous l'affirmer vu ce que vous écrivez sur mon blogue à moi que j'ai et où je fais ce que je veux. Les espaces publicitaires, c'est ailleurs ! La plupart de mes lecteurs-contributeurs sont aussi anti-pubs que moi, sinon plus. Vous risquez de les irriter par votre insistance afin de nous refiler votre camelote à fond racial.

Écrit par : Dominique | dimanche, 07 décembre 2008

Dans les années 1950, en Alsace, notre professeur de français nous a expliqué en troisième que le texte à l'étude n'était pas le bon. Nous lisions "Où est la très sage Héloïse, pour qui fut châtié" (le Lagarde Michard) et nous avons appris un nouveau verbe : châtrer.
Et il nommait le manuel le "LagMi" avec l'accent alsacien.

Écrit par : k.tasse.trof | dimanche, 07 décembre 2008

Bien. Il faut donc virer aussi Baudelaire (Remords posthume) et Queneau (Si tu t'imagines). Allez, débusquons encore des poésies où d'immondes auteurs donnent des seniors une image défavorable, uniquement pour, en fin de compte, amener la belle au déduit.

Cette société est vraiment devenue insupportable de bêtise et d'inutilité retentissante.

Écrit par : Jacques Layani | lundi, 08 décembre 2008

Ce que j'adore, c'est que ce brave Fabrice tente de se justifier, comme s'il tenait absolument à la bonne opinion des lecteurs de ce site... Oh, c'est juste, il va aussi à la pêche à l'audience !

Sinon, petite anecdote : je ne me souviens plus en quelle classe j'ai étudié Ronsard, mais la prof qui nous avait fait étudier "Mignonne" et "Quand vous serez bien vieille" n'avait pas hésité à organiser une vigoureuse discussion sur l'image de la vieillesse au temps de Ronsard, les relations entre hommes et femmes... et aussi l'égo des auteurs qui utilisent leur célébrité pour draguer des ingénues !

Écrit par : Irène | lundi, 08 décembre 2008

Quoiqu'aimant immodérément la peintre Artemisia Gentileschi (merci Dominique, c'est superbe), je cherche pour vous le tableau Suzanne et les vieillards de Sandro Botticelli que j'avais repéré en étudiant Bethsabée sur LSP. Dans le moteur de recherche Joconde on me spécifie : mot inconnu : les vieillards. L'affaire se corse. À moins qu'à l'instar d'Alice M. ma recherche n'ait été mal conduite. En tout cas de vieillards point.
Et réalise avec stupéfaction que tous ont représenté cette scène, de Rubens au Tintoret en passant par Dufy. I'll be back soon.

Écrit par : michèle | lundi, 08 décembre 2008

k.tasse.trof, c'est exactement le genre de choses que les fort laïques Lagardémichard se permettaient afin de préserver la morale républicaine. Il faut dire aussi que ce duo n'appréciait guère la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance (les auteurs symbolistes de la fin du XIXe s. non plus et encore moins tout ce qui avait une couleur un peu catholique). Ils ont eu la réécriture ou la coupe faciles. On peut en rire aujourd'hui, mais il y avait des sujets inabordables pour eux.

Jacques, vous soulignez bien que cette opposition entre la jeunesse désirée et la vieillesse promise est en fait un poncif littéraire, juste un argument bien usé. Ronsard le fait dans des termes éloquents, mais il obéit aussi aux codes esthétiques du baroque qui faisait du "tempus fugit" le centre de la réflexion. On trouverait aisément cent poèmes de la même époque avec le même type de sujet. Sauf que Ronsard l'a écrit un peu mieux.

Irène, c'est exactement le genre de réflexion que l'on peut susciter, c'est un texte qui pose des questions culturelles quand on dépasse la simple lecture au premier degré et qu'on recontextualise. Mais pour cela il ne faut surtout pas plaquer sur les textes une intention idéologique propre à notre seule époque et vouloir transformer les cours de français en cours de catéchisme.

Écrit par : Dominique | lundi, 08 décembre 2008

Il faut virer Hugo qui donne une déplorable image de la jeune fille avec par exemple sa description de Déruchette, vues des gender studies, c'est un texte affreusement misogyne.
Et Proust, la scène de drague entre Charlus et je ne sais plus qui, les comparaisons avec des fleurs et des insectes donne une déplorable image des homosexuels.
Et l'enfilade de clichés des Lettres persanes, c'est pas un peu raciste sur les bords ?
Supprimons la littérature et les auteurs de l'enseignement des lettres, c'est quand même plus simple.

Écrit par : LOBO | lundi, 08 décembre 2008

La scène entre Charlus et Jupien utilise la métaphore du bourdon qui butine, mais il ne s'agit plus de drague à ce moment-là, on est dans l'acte même (Gide avait utilisé un peu auparavant les insectes pour justifier de manière peu convaincante l'homosexualité et je me demande s'il n'y a pas un rapport).

Écrit par : Dominique | lundi, 08 décembre 2008

Chez les insectes c'est assez sauvage, c'est le cas de le dire, mais il n'y a pas tant d'homosexualité que cela. Chez les fourmis et les abeilles reine-mère/travailleuses et procréateurs vite éjectés. Chez la mante, mâle bouffé. Chez l'épiphygère mâle fécondateur puis pchtt. En fait le but est de réusir la fécondation. C'est l'essentiel.

Écrit par : michèle | lundi, 08 décembre 2008

Pardon l'épiphigère.
http://www.flickr.com/photos/ href="mailto:88262616@N00">88262616@N00/2990545435/
mâle puis la femelle
http://www.flickr.com/photos/ href="mailto:88262616@N00">88262616@N00/2990546463/
Qouiqu'en vrai je sais pas trop pour les épiphigères comment cela se passe.

Écrit par : michèle | lundi, 08 décembre 2008

Irène : "mais la prof qui nous avait fait étudier "Mignonne" et "Quand vous serez bien vieille" n'avait pas hésité à organiser une vigoureuse discussion sur l'image de la vieillesse au temps de Ronsard"

Dominique : "Irène, c'est exactement le genre de réflexion que l'on peut susciter (...) Mais pour cela il ne faut surtout pas plaquer sur les textes une intention idéologique propre à notre seule époque et vouloir transformer les cours de français en cours de catéchisme."

Voilà exactement le genre de réflexion qui m'était venue en premier lieu en lisant votre note (j'ai pour ma part étudié "Mignonne..." en Philo, avec une prof qui nous avertissait régulièrement en classe : "Ce qu'on se dit là, vous ne le mettez pas dans vos copies de bac !").
L'insistance sur les recommandations, voire la prédominance que prennent les recommandations sur le choix réfléchi du contenu d'un cours témoigne à mon sens d'une chose : on néglige (on omet ? on veut évacuer ?) un des rôles de l'enseignement, en chassant de la salle de cours tout ce qui est discutable (et on nous cause de pédagogie active...). Et pourquoi ? un prof ne serait donc pas capable de pointer un contexte, et de veiller si nécessaire à ce qu'un débat ne dérive trop ? un texte exemplaire est-il toujours un texte inapte à susciter la discussion ? Ne doit-on enseigner que des vérités (... générales) ?
Ben ouais hein, faudrait pas trop pousser la jeunesse à réfléchir. Délinquante dès trois ans, illettrée à douze, ne reste qu'à la décerveler avant sa majorité.

PS : L'intitulé d'un objectif d'un des référentiels que j'aborde est "approche critique de (...)". Je vous donne en mille qu'il va changer à la prochaine réforme.

Écrit par : CBP | lundi, 08 décembre 2008

Dominique : « Oui, je suis pour la censure et je l'ai dit à de multiples reprises. »

Pour ma part, je considère que la tenue des propos de michèle (alias romy) à l'encontre d'olihoud il y a deux semaines environ, sur LSP, justifiait la censure pour délire aigu; insultes émétiques que je pourrais citer de mémoire... Depuis, ses coms passent régulièrement à la trappe et si l'on en croit lamid, ils sont toujours aussi « allumés »...
« Allons voir si la rose* »  non-inerme a encore distillé son essence inflammable...
Eh bien oui. Non contente d'avoir sévi sur LSP ce soir en me prenant pour cible, la voilà qui récidive chez vous !

Prétendre que le phasme est misogyne parce qu'il se raille des clichés sexistes dont cette cactée caquetante nous abreuve, ne relève-t-il de la « bêtisitude » ?

Soit dit en passant, ce qui me donne le bourdon, c'est moins la langue bifide d'une Tisiphoné, que le silence de Dominique...

Bonne nuit.


* ça tombe bien, c'est son énième nouveau pseudo

PS : bien que la Suzanne -œuvre autobiographique- de la malheureuse Artemisia soit incontestablement la plus bouleversante, je me permettrai d'ajouter celle-ci,
moins connue (?) :

http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=143&FP=16216719&E=2K1KTSIABJUY&SID=2K1KTSIABJUY&New=T&Pic=68&SubE=2C6NU0IVYUQM

Écrit par : MiniPhasme | mardi, 09 décembre 2008

Miniphasme, je n'avais pas compris : je suis LSP en pointillé ces temps-ci.

Écrit par : Dominique | mardi, 09 décembre 2008

Miniphasme, moi non plus je n'ai rien compris à ce qu'a raconté michèle ici, je pensais que c'était à moi qu'elle en voulait (et je me demandais bien pourquoi). Mais MiniPhasme, on vous aime ! ne partez pas ! un phasme léger, rigolo, fin, parenthèsophile, c'est si rare dans la blogobulle !

Écrit par : Alice M | mardi, 09 décembre 2008

Dominique & Alice M.

(((Mercis... foin du théâtralisme ; le jour où je devrai « vider » ces lieux (ou LSP), vous n'entendrez ni tambour ni trompettes !)))

PS : ;o)

Écrit par : MiniPhasme | mardi, 09 décembre 2008

@Dominique :
Jupien oui, c'est ça...

Quant à l'acte honnêtement, je ne m'en souviens plus.

Écrit par : LOBO | mardi, 09 décembre 2008

>Alice M vous êtes en dehors de règlement de comptes à OK corral ; délicate et sensible au prime abord, quoique ne vous connaissant pas plus que cela, j'apprécie vos coms. depuis un sacré moment, rien ne vous concernait, le désolé faisait lien avec votre compliment adressé à l'insecte dont vous ne connaissez qu'une face, la plus reluisante.
Pour le reste je n'en débattrai pas ici, la mauvaise foi atteignant son comble. Mais l'orthographe étant câline féline et féminine, je suis au vif du sujet, mon mien.
Et puis j'ai retrouvé ce qui me manquait et à moi moultes délectations multiples.
Effectivement louloup/inthewood porte, le pauvret, la charge des pères de famille qui rentrant de déplacement, subissent les harcèlements de la femme hystérique : Oh chéri je n'en peux plus donne lui une raclée. Et le père connement obtempère espérant de sa meuf obtenir quelque paix des ménages. Cela devient d'un drôle ce cinéma joué là...
Ici moi je ne suis pas censurée donc je m'exprime avec courtoisie car personne ne vient m'agresser quand je suis dans ma cuisine avec des messages délirants & infondés. J'aimerai bien savoir si A15, untel, les ènièmes pseudos de je ne sais qui et les autres reçoivent le même type de message chez eux. Non on l'envoie à une femme, quel drôle de hasard. Mais on est chouchou, où on ne l'est pas. L'avantage de ne pas l'être c'est de parader la tête haute. Ah que j'aime être si peu policée.
Et vous Dominique êtes bien au-dessus de cette mêlée-là.
Et puis, revenir à mes moutons.
Quant aux mots jamais utilisés direct à la poubelle émétique,inerme et le tout.
Concernant ce que j'ai écrit sur olihoud, je suis prête à le réécrire tellement c'est juste. Mais le silence est d'or.
Ahhhh, extase.
Dominique, je ne vous attends pas à mon secours.
L'affaire est close. Ris les lilas...le jasmin, les pois de senteur et toi rose ma tendre et douce pitchounette.

Écrit par : michèle | mardi, 09 décembre 2008

Soit dit en passant, certain(e)s Champignacien(ne)s* connaissaient LSP bien avant que ce ne soit un havre accessible à la (Marie) Rose Ségolâtre qui s'obstine à chercher des poux dans la tête du phasme...
Damned ! Serait-il coupable d'indifférence à sa (dé)gelée Royale** ?


* Allons voir si la jonquille...

http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2005/02/20/2005_02_les_joncs_des_r/#comment-2245

** qui nous a valu un furibond « Je ne me laisserai pas faire !» (histoire de « parader la tête haute »...)

Écrit par : MiniPhasme | mercredi, 10 décembre 2008

Ah oui ! j'aimais beaucoup les commentaires de Papotine ! (ma copine).

Écrit par : Alice M | mercredi, 10 décembre 2008

MiniPhasme : Damned ! Serait-il coupable d'indifférence à sa (dé)gelée Royale** ?

J'ai des horaires de travail qui varient fort au long de l'année et même d'une semaine à l'autre, parfois je peux suivre parce que je n'ai pas de tâches à accomplir ou de temps de présence à montrer, parfois je suis ailleurs que sur la Toile et je ne peux suivre le rythme d'un blogue qui tourne au claviardage puisque je travaille face à des personnes réelles. Je comprends maintenant à peine le dixième des allusions dans ce blogue où chacun a cru bon de se forger son langage d'initié et de se présenter comme quelqu'un qui saurait tout de ses dessous. C'est en train de tourner au pire de ce que peut être celui de Pierre Assouline.

Je ne veux pas commenter depuis mon lieu de travail, je ne le peux pas de toute manière faute de temps pour tout lire avant de répondre (la configuration de la page d'accueil de LSP est merdique) et puis je ne souhaite pas me retrouver encore une fois dans cette dérive vers la clavardisation de la part de quelques prétendus anciens ou habitués. J'ai assez donné quand je me suis laissé aller dans ce sens. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai créé le Champignacien, puis le Champignacien du dimanche, afin de ne plus avoir à subir des assauts, des sommations et des accusations auxquelles il faudrait répondre dans l'heure. Je sais donc de moins en moins ce qui se passe sur LSP cette année et à vrai dire je commence à me contrefiche que quelques-uns déversent leur fiel en citant des pseudos ou que d'autres se prennent pour les chefs du lieu qu'ils se sont trouvé pour eux tout seuls. Il n'y a que Martine et Olivier pour pouvoir faire le ménage dans leur lieu, mais le veulent-ils vraiment ?

Dominique

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Écrit par : Dominique | mercredi, 10 décembre 2008

"je cherche pour vous le tableau Suzanne et les vieillards de Sandro Botticelli que j'avais repéré en étudiant Bethsabée sur LSP."
Erreur totale : de Botticelli dans la Primavera* était intéressant l'autoportrait de Botticelli, éphèbe drapé de rouge à l'extrême gauche du tableau qui figure également Hermès le messager.
* http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=31478403&E=2K1KTS7VQ7ZA&SID=2K1KTS7VQ7ZA&New=T&Pic=2&SubE=2C6NU0P9LO3R
Non il s'agissait de Rembrand en ce qui concernait Suzanne et les deux vieillards :
diverses esquisses, dessin à la plume, plume et bistre, sanguine, roseau et bistre vers 1655 (plusieurs à Berlin)
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=31478671&E=2K1KTS7VQQGG&SID=2K1KTS7VQQGG&New=T&Pic=1&SubE=2C6NU00Q26TU
puis huile sur bois en 1647
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=2&FP=31478671&E=2K1KTS7VQQGG&SID=2K1KTS7VQQGG&New=T&Pic=2&SubE=2C6NU00PHNRU
L'attitude craintive de Suzanne, femme de Joakim, a été maintes fois remaniée, diverses retouches du tableau en sont la preuve. C'est Daniel l'enfant qui l'a sauvée grâce aux deux témoignages séparés qui ont permis de confondre les deux vieillards.

Écrit par : michèle | mercredi, 31 décembre 2008

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