vendredi, 05 décembre 2008
Aprenons l'ortografe
Les règles d'une orthographe réformée doivent être très simples. Par exemple : supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation...
Autre règle très simple : supprimer les lettres grecques, en abandonnant tout souci de l'étymologie. Quand la prononciation le permet, il faut supprimer les "y" (ceux qui ne correspondent pas à un double "i"), supprimer les "h" après les "t" ou les "r", remplacer "ph" par "f"...
Encore une règle simple : que tous les noms et adjectifs prennent un "s" au pluriel (même "des animaus"), à l'exception des mots qui sont déjà terminés en "s", "x" ou "z", comme "mois", "paix" ou "nez".
Le simple énoncé de cette réforme - bien plus radicale que les rectifications orthographiques - suffirait à faire bondir les neuf dixièmes des personnes, et surtout celles qui ont eu du mal à maîtriser l'orthographe. Ces thèses provocatrices sont cependant en deçà d'une écriture phonologique. Mais, si d'autres langues européennes ont pu simplifier de la sorte de leur orthographe, cela s'est opéré quand l'écriture et la lecture étaient encore inconnues de la grande masse de la population et lorsque les livres, les journaux n'existaient pas de manière industrielle.
17:43 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : langue française, enseignement, éducation, orhographe



Commentaires
Oui, c'est vrai, l'orthographe est compliquée et difficile à apprendre. Mais pourquoi en faire le critère principal d'une bonne connaissance du français, comme c'est souvent le cas (avec la grammaire, celle des compléments circonstanciels de lieu, et autres chinoiseries) ?
Des connaissances étendues en vocabulaire, en syntaxe et en rhétorique(? ou disons : dans l'art de s'exprimer clairement) me paraissent bien plus nécessaires. Après cela, une seule et unique orthographe ne semble pas indispensable. Un peu de tolérance ne ferait pas de mal en la matière. Qu'on écrive attraper, attrapper, atrapper ou atraper, il n'y a pas de quoi encourir la dégradation civique.
Ecrit par : Pierre Enckell | vendredi, 05 décembre 2008
Cool, je fais partie des 9/10e : ça m'a fait bondir devant mon ordi. Je ne sais pas si cette personne est sérieuse, mais ça me semble complètement aberrant de modifier les règles régissant l'orthographe simplement parce que les gens ne font plus l'effort de les apprendre et les retenir.
Tous au goulag avec un Bled pour seule viatique, voilà ce que je propose !
Ecrit par : Le Charançon Libéré | vendredi, 05 décembre 2008
Bah, une réforme générale de l'orthographe française, c'est un vieux serpent de mer. Et puis ça fait un peu petit bras de garder autant de graphies non phonétiques...
Ecrit par : Irène | vendredi, 05 décembre 2008
Pierre Enckell :Un peu de tolérance ne ferait pas de mal en la matière. Qu'on écrive attraper, attrapper, atrapper ou atraper, il n'y a pas de quoi encourir la dégradation civique.
D'accord, mais quand même, je me dis qu'on doit apprendre tellement de choses à l'école qui me semblent bien plus compliquées (par exemple en math et physique)et que l'ortho, à côté, c'est du gâteau ! tout ce foin autour de l'orthographe me semble disproportionné...
L'orthographe n'est pas le seul critère d'une bonne connaissance du français, mais c'est le seul critère bien visible et quantifiable... le nombre de "fautes" à la dictée, ça vient de loin, et c'est présent dans pas mal d'esprits ! bref c'est la partie émergée de l'iceberg, au point que des chefs d'entreprise prennent des cours de remise à niveau en secret : en effet, envoyer un courriel bourré d'erreurs orthographiques à tout le personnel fait très mauvais effet, les erreurs sont visibles et écrites noir sur blanc.
Les doubles lettres ne posent pas de réel problème car le correcteur orthographique peut les corriger en un clic, mais pas les accords de participes passés at autres accords, la syntaxe ou la cohérence de la phrase, sources de bien des ennuis qui accompagnent souvent une mauvaise orthographe.
Ecrit par : Alice M | vendredi, 05 décembre 2008
Cette réforme vient ou trop tard, ou trop tôt. Elle reprend en fait des propositions qui ont été émises aux alentours de 1900 par deux professeurs, Pernot et Bruneau.
http://www.ciip.ch/pages/home/DLF/fichiers/memoire_myrta_giovanoli_corr_31mai07(1).pdf
Cela n'a aboutit qu'au décret Leygues qui était une version seulement tolérante de certaines formes d'accord et qui n'a jamais été appliqué. Chervel est un fin connaisseur de l'histoire de l'enseignement du français et il a démonté dans sa thèse la manière de créer de fausses catégories de mots ou de fonctions afin de faire apprendre "l'orthographe à tous les petits Français".
La réforme complète aurait dû être menée comme en Espagne avant la fin du XVIIIe s. (on n'a produit que des révisons ou actualisations sans aucun plan d'ensemble ou bien elle pourra être conduite lorsque les appareils électroniques permettront de choisir entièrement son orthographe de référence, un peu comme on choisit la version du film que l'on veut voir en DVD ou en télévision numérique. De toute manière, nous ne lisons pratiquement jamais Molière, Diderot ou Hugo dans leur orthographe d'époque (et ne parlons même pas de Montaigne ou de Villon). Si on veut le faire, il faut prendre des éditions savantes. Pierre Hallet l'a souvent expliqué dans ses billets sur la traduisette, mais il fixait l'horizon à 2030 et cela me paraît exagérément optimiste (ou pessimiste selon le point de vue).
Ecrit par : Dominique | vendredi, 05 décembre 2008
Ben lourdons les satrapes à la trape et foin des dévelopements zultérieurs.
Ecrit par : michèle | vendredi, 05 décembre 2008
« Les règles d'une orthographe réformée doivent être très simples. »
Bonne idée !
« Par exemple : supprimer les doubles
consonnes »
Heu... Écrivez comme je dis, pas comme j'écris.
Ecrit par : Stephane De Becker | samedi, 06 décembre 2008
Tout à l'heure, un petit texte m'a fait sourire ; je vous le recopie :
Traditionnel message de la nuit de Michel Desjoyeaux (Foncia) :
« Saut du lit
A force de faire des sauts de vagues, souvent, ou de cabri, parfois, ou même de puces, quand le vent fait défaut, il me vient une blague à 2 balles pour dérouiller ce cerveau perdu dans les brumes sudistes :
Il était une fois un sot qui se promenait à dos d'âne, il portait dans la main droite un seau d'eau, et dans la gauche, le sceau du roi, l'âne, tentant un saut, trébucha, les trois [so]s tombèrent.
Dans une dictée, comment écris-tu le dernier |so] de la phrase ?
Allez les Pivot, j'attends la réponse.
Mich »
Ecrit par : Pilou | samedi, 06 décembre 2008
Chervel ne propose pas de s'attaquer aux homophones. Il est plus malin que vous ne le pensez et il sait bien l'impasse que cela représente. Il propose des réformes simples, ce qui ne supprime rien de l'évolution du français commun parlé depuis des siècles et il a raison dans ce cas. Ses suggestions de réforme n'ont rien à voir avec une écriture phonologique. C'est bien en deçà, il est fort modéré et on ne peut caricaturer ses intentions (moi, je suis encore plus modéré que lui).
En ce moment, je dois m'occuper d'un dyslexique grave (le vrai dyslexique, pas du tout le cancre que l'on présente comme dyslexlque par commodité familiale) et d'une primo-arrivante francophone, mais avec un français un peu rudimentaire. Je ne crois pas que l'orthographe sera ma priorité pour chacun d'entre eux même si cela fera partie de mon enseignement. Je ne suis pas certain que le pluriel en -x soit utile à ce dyslexique réel, vu tous ses autres problèmes de lecture. Cela fait surtout plaisir à ceux qui savent. Mais moi je vois d'abord quelqu'un qui souffre.
Ecrit par : Dominique | samedi, 06 décembre 2008
Ce billet m'a valu la réponse indirecte suivante :
"Les néerlandophones apprécieront, eux qui ont réformé avec
un beau succès leur orthographe à la fin de la première
moitié du 20e siècle, et continuent de nos jours à proposer
décennalement (*) de nouvelles adaptations plus mineures
sans que guère de boucliers se lèvent."
http://groups.google.fr/group/fr.lettres.langue.francaise/browse_thread/thread/15c9254549c5ce55#
Bien... Presque rien n'a été réformé dans l'orthographe néerlandaise depuis 50 ans et en fait on doit comprendre que l'unification a commencé depuis 1980 (ben oui ! les Afrikaaners tenaient encore à leur langage alors et les Flamands commençaient seulement à s'élever tout en ne se voulant pas néerlandais). Bien pis ! il y a des foules de contradictions entre les graphies ou les formes grammaticales des différents parlers néerlandais des anciennes possessions néerlandandaises et on a été jusqu'à proposer un contre-livre
http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9erlandais
Cela fait beau comme marque d'unité et de modernité ! Mais quand on veut dénigrer l'histoire de France, tout est permis...
Je prenais comme exemple l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. Les Pays-Bas me semblent loin d'avoir accompli un exemple identique. Ils sont dans le même état que la France.
Ecrit par : Dominique | samedi, 06 décembre 2008
Une opinion de Jarry, de 1900, sur cette question de la réforme orthographique (à propos de celle de Jean S. Barès, qui n'est malheureusement qu'à peine mentionnée dans l'historique auquel vous renvoyez)
"[L'orthographe] se transforme continuellement, ainsi que le prouvent les sans cesse nouvelles éditions des dictionnaires, et le jour où elle s'avouera définitivement codifiée, c'est que la langue dont elle est le costume sera morte. [...]
Cette utopie [la réforme de l'orthographe] ne laisse pas d'être inquiétante, car, par maints assentiments universitaires et officiels, peu s'en faut qu'elle ne soit réalisée.
Les "intélijences moyènes" apprendront à écrire plus facilement, mais... les autres, dont le temps est bien aussi précieux, seront-elles forcées d'apprendre A LIRE ce volapük ?"
Ecrit par : GH | samedi, 06 décembre 2008
@GH
En effet. Et je me demande même s'il est possible d'apprendre à lire aisément des textes dont chaque auteur aurait plus ou moins son propre volapük. Il me semble que l'avantage d'une orthographe bien codifiée est de permettre de lire facilement et sans efforts. Sinon il faut systématiquement déchiffrer, mot à mot, parfois en tâchant de prononcer mentalement pour que le sens du mot veuille bien jaillir...
cf. un certain nombre de forums pour des démonstrations d'illisibilité...
Ecrit par : NaOH | dimanche, 07 décembre 2008
Quelqu'un a écrit :
« Les néerlandophones apprécieront, eux qui ont réformé avec
un beau succès leur orthographe à la fin de la première
moitié du 20e siècle, et continuent de nos jours à proposer
décennalement (*) de nouvelles adaptations plus mineures
sans que guère de boucliers se lèvent.»
Comment peut-il dire qu’il n’y a pas eu de levier de boucliers? Nous avons passé des heures, au bureau, à en discuter. Les critiques étaient sévères dans la presse, de la part d’écrivains. Cette réforme d’il y a dix ou quinze ans n’a été bien accueillie par à peu près personne. Pourtant, on s’est résigné.
Le pire, c’est qu’il est déjà question d’une prochaine réforme. Franchement, je commence à en avoir soupé. Comme l’a dit un écrivain hollandais, il y a des orthographes irrationnelles, aberrantes, mais la pire des orthographes, c’est celle qui change à tout bout de champ. Je trouve les Français très nonchalants sur cette question; ne voit-on pas, en France, les avantages d’une orthographe immuable (on m’a bien lu: IM-MU-A-BLE), fixée dans le temps, mais aussi dans l’espace. La langue, et sa version écrite avec elle, n’est pas un jouet.
L’unification allemande de 1871 s’est accompagnée d’une unification de l’orthographe. Jusque-là, il y avait eu autant d’orthographes que de principautés, et même davantage. C’est un certain monsieur Duden qui, heureusement pour l’Allemagne, a mis de l’ordre dans cette pagaille, dans les années 1880. Mais voilà aujourd’hui qu’en France certains proposent que tout individu puisse librement «choisir son orthographe de référence». Les bras m’en tombent!
Ecrit par : Torsade de Pointes | dimanche, 07 décembre 2008
La révoluçion de l'ortograf è déja començé & èlle se propaje rapidemen! www.ortograf.net
Ecrit par : pepe | mercredi, 21 janvier 2009
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