mercredi, 26 novembre 2008
Carpette anglaise 2008 : Pécresse élue !
Je suis déçu. Mon candidat n'avait même pas été sélectionné pour ce prix que je ne rate pas (tout comme les IgNobels ou le Prix du maire de Champignac).
Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l'Elysée de 1963).
Je suis en revanche satisfait de voir la sélection de Xavier Darcos.
18:47 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, enseignement, éducation, profs



Commentaires
Belle sélection, cette année ! J'aime bien le chanteur neuneu qui trouve que le français nuit à la musicalité... Plutôt que l'anglais, il devrait essayer une langue à tons, comme le chinois ou le vietnamien, tant qu'à faire.
Écrit par : Irène | mercredi, 26 novembre 2008
Euh... On peut discuter de l'importance (ou non) de l'anglais dans l'enseignement en France et dans les relations internationales. Mais ce prix, avec son mauvais jeu de mots, est décerné par une bande de vieux chnocs réactionnaires, présidés par Jean Dutourd, excusez du peu.
Dans le dernier numéro en ligne de leur revue, Défense de la langue française, je relève cette belle considération morale : "Le reniement de soi-même est devenu la religion de notre époque", et cette description pas machiste du tout d'une bonne enseignante : "Ce qui distinguait cette personne des autres institutrices, c'est qu'elle était très jolie [...] et qu'en plus elle s'habillait toujours avec beaucoup d'élégance."
Écrit par : Pierre Enckell | jeudi, 27 novembre 2008
Une petite image pour la primée?
http://img393.imageshack.us/img393/7144/feminismeiy4.jpg
Écrit par : skalpa | jeudi, 27 novembre 2008
Je n'aurais pas dû mettre un lien vers DLF, car l'académie de la carpette anglaise est en fait une réunion de quatre associations différentes. Cela entraîne une confusion.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_de_la_Carpette_anglaise
Il est certain que les membres de cette académie sont particulièrement conservateurs - sauf Noguez - et que beaucoup sont en fait des souverainistes sur le plan politique. Les membres de l'académie ont été choisis aussi pour leur notoriété et leurs entrées dans les médias, mais la plupart n'appartiennent pas à ces associations.
Écrit par : Dominique | jeudi, 27 novembre 2008
"Notoriété", ouais. Heureusement que Google existe.
Le communiqué donne les noms de Philippe de Saint-Robert (notoire chez les auditeurs de radio Courtoisie), d'Anne Cublier (notoire pour avoir été l'attachée de presse de Chevènement), de Paul-Marie Coûteaux (notoire chez les amis de Pasqua et de Villiers), de Jean-Loup Cuisiniez (notoire permanent de la CFTC, fait chevalier des Arts et lettres cette année )... Bon, et puis Hervé Bourges, Yves Frémion et Dominique Noguez (lui aussi "proche de Chevènement" selon Wikipédia), qui ont peut-être un poil de notoriété en plus, mais le moindre pipeul est plus connu qu'eux. Ils se sont apparemment cooptés sans la moindre justification.
Écrit par : Pierre Enckell | jeudi, 27 novembre 2008
Yves Frémion est chez les Verts, ça met un peu de variété.
Écrit par : Irène | jeudi, 27 novembre 2008
Et, en outre, il écrit de la SF, ce qui change des autres vieilles barbes (la sienne est fort originale) qui parlent de vieilles lunes. Cela dit, ce sont les quatre associations qui nomment les membres de cette académie et il y en a qui penchent plus vers la droite ou vers la gauche souverainistes.
Écrit par : Dominique | jeudi, 27 novembre 2008
Indépendamment de toute polémique, I juste would to say that this prix de la carpette anglaise is a very good idea. That's all.
(Et hop, I go to bed…)
Écrit par : Le Charançon Libéré | jeudi, 27 novembre 2008
Pierre Enckell, après avoir écrit:
« (...) est décerné par une bande de vieux chnocs réactionnaires (...)»
donne la citation suivante:
« Ce qui distinguait cette personne des autres institutrices, c'est qu'elle était très jolie [...] et qu'en plus elle s'habillait toujours avec beaucoup d'élégance.»
Cette observation (qui est de Duneton, si je ne m’abuse, et qui, ainsi isolée de son contexte, peut effectivement paraître ridicule — comme quoi isoler une phrase de son contexte est toujours un procédé malhonnête), cette observation donc est du même niveau que de reprocher à tel cénacle l’âge moyen de ceux qui en font partie. S’ils avaient été jeunes, et publié exactement le même communiqué, gageons qu’on les aurait traités de jeunes sots gauchistes.
Mais qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Pourquoi veut-on noyer ce chien-là? Parce que ce sont des empêcheurs de défranciser en rond. De plus, suprême infamie, certains seraient «souverainistes», et prétendent s’opposer à ce que la France aille se dissoudre dans la joyeuse «construction européenne». Les quelques commentaires ci-haut ont le mérite de permettre de faire le lien entre anglicisation et européanisation, et de faire comprendre quels sacrifices impliquera la constitution de cet empire multinational.
Écrit par : Torsade de Pointes | jeudi, 27 novembre 2008
@Le Charançon libéré : "This is a provocation !" (Copyright, Jack Chirac).
Écrit par : Dominique | jeudi, 27 novembre 2008
:-)
Yes, I know…
Écrit par : Le Charançon Libéré | vendredi, 28 novembre 2008
Suis une amoureuse fervente de la langue française. Lorsque je cours le monde, je parle plus anglais que français. Un anglais appris sur le tas (de riz) en Inde et les purs Oxfordiens me rient au nez. En attendant, je communique et avec aisance où que j'aille. Ce qui n'est pas, mais alors pas du tout antinomique avec une défense vibrante de ma langue maternelle, d'adoption si l'on veut bien considérer les immigrations des ancêtres. Alors ces vieilles querelles autour de défendre son bifeteaque, cela me fait doucement rigoler. L'essentiel étant d'être capable de rentrer en contact avec autrui : croisant les Waraos du fleuve Orénoque je chercherai à parler leur langue et à leur demander comment on dit point de croix chez eux. Après je tenterai de me convaincre que je pourrais manger leurs sauterelles grillées. Ok Lévi-Strauss toute la journée, cela porte à rêver, mais quand on a perdu son nid, la nostalgie c'est admis. Et foin des vieux schnocks, passéistes au possible.
Écrit par : michèle | vendredi, 28 novembre 2008
Bonjour,
En quoi cela serait-il "vieux schnock" de défendre sa propre langue, sa propre culture ? Faut-il que ce soient seulement des étrangers pour oser défendre la culture française quand les hexagonaux se croient obligés de faire la fine bouche sur leur propre culture, leur propre langue. Nul !...
Et puis pourquoi se focaliser sur la culture anglo-saxonne et sur l'anglais ? La culture russe, la culture hispanique, la culture germanique, la culture italienne (et les différentes langues correspondantes) ça n'existe pas ?
C'est toujours le même problème. La même paresse intellectuelle de ceux qui volent toujours au secours de la victoire. En 1938, ils paraient l'allemand de toutes les vertus, aujourd'hui la puissance économique majeure a changé de continent donc ils sont béats devant la langue des nouveaux dominateurs du monde.
A quand la nouvelle supériorité du cantonais sur la langue de Molière et de Ronsard ?
Pour information, Saint-Robert était Haut Commissaire à la langue française sous Mitterrand.
Vous me faites bien rire avec votre dédain de la notoriété des membres de la "carpette anglaise".
De Gaulle n'était qu'un obscur colonel temporairement général n'ayant aucune notoriété hormis parmi les milieux spécialisés. Il a pourtant joué un rôle essentiel dans la libération de la France et dans la restauration de sa souveraineté (celle du peuple français).
Voyez où la "notoriété" (incontestable) de Pétain a mené les foules...
Les "pipeuls" de l'époque ont certainement plus fait dans la collaboration que dans la résistance, souvent menée par des obscurs sans "notoriété".
Écrit par : alex | dimanche, 30 novembre 2008
Oui, cette défense de la langue française (sans son illustration demandée par Du Bellay : voir la seconde phrase d'alex ci-dessus) mobilise, pour garder un langage guerrier, des gens de divers horizons. Le communiqué de l'Académie de la carpette vient d'être repris par un blog du Fr. Nat., citant le blog d'un intégriste catholique anti-islamique.
Le succès de ce prix de la carpette paraît ainsi être dû à son aspect attrape-tout. J'ai beau me passionner pour la langue française (plusieurs publications me semblent l'avoir prouvé), je ne saurais faire cause commune avec tous ceux qui, pour des raisons souvent différentes, prétendent la défendre.
Écrit par : Pierre Enckell | dimanche, 30 novembre 2008
Le débat entre Alex et Pierre me semble opposer les personnes et les idées. Peut-on soutenir une cause portée par des personnes avec qui nous n'avons aucun atome crochu par ailleurs ? Peut-être que oui, si la cause nous paraît en valoir la chandelle. Je suis d'accord aussi avec Pierre Enckell sur l'aspect attrape-tout de la carpette. Elle est aussi bien seule sur le marché du tapis, ce qui renforce son côté attrape-tout. Mais elle cache beaucoup de miettes dessous !
Écrit par : Alice M | dimanche, 30 novembre 2008
Écrit par : frin | mercredi, 18 février 2009
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