lundi, 24 novembre 2008

Le café fout le camp

Champignac possède aussi son très mauvais journal gratuit comme les grandes villes. Je lis dans le dernier exemplaire cette publicité - parmi bien d'autres :

Le Développement durable et vous. Café-débat Agenda 21.

Je constate que la chose existe bien.

Et je me demande pourquoi on parle de café-débat.

Débat aurait pu suffire. Ou rencontre, réunion, discussion. Si cela se trouve on ne s'y rassemble même pas autour de collations et encore moins d'un café.

Mais la mode des cafés philosophiques a essaimé et donné naissance à des foules de cafés de tous types : littéraires, scientifiques, artistiques. Le terme café est devenu synonyme de conversation un peu informelle dans un cadre convivial. Bien sûr, il y avait une filiation entre les cafés philosophiques datant de dix ans et puis la forme ancienne de disputes philosophiques dans les premiers cafés parisiens du XVIIIe s. ou avec les controverses républicaines du XIXe s. dans les mêmes cafés en province. Mais il s'agissait de se rattacher à une tradition de la parole publique. Or, ici, le mot café vient juste comme un terme à la mode. Je pense aussi à ma collègue documentaliste qui propose un café-lecture à des élèves qui n'ont pas le droit de boire de café au collège. Il y a dix ans, elle aurait encore baptisé son initiative de club-lecture.

Café est devenu un nom de réunion en petit groupe afin de parler. Alors pourquoi débat ? Parce que café n'est pas encore assez significatif dans ce nouveau sens ?

Ecrire un commentaire