samedi, 22 novembre 2008

L'anarchisme à la mode de chez nous

Le problème lorsque l'on interviouve un anar pur de pur, c'est que cela donne ça :

« Bien sûr que nous les [les personnes incarcérées ou mises en garde à vue à la suite des dysfonctionnement de la SNCF] connaissions, mais ils ont toujours voulu être à l'écart du mouvement anarchiste. Ils ont des principes qu'ils disent tenir du marxisme-léninisme. Soit l'opposé du principe de la Fédération anarchiste dont nous sommes membres. Pour moi, cela ressemblait plus des à des jeunes issus de la bourgeoisie et mal dégrossis. »

Le problème, c'est que les autonomes ne sont justement pas léninistes ! Ils refusent tous la dictature du prolétariat et n'ont rien à voir avec les trotskystes ou maoïstes. Le problème aussi, c'est que beaucoup ne sont pas marxistes et ne parlent pas de lutte de classes. Bien entendu, cela n'a rien à voir avec le mouvement anarchiste tel qu'il est organisé, mais il faut voir que la construction anarcho-autonome fait peur. Et si en plus on y ajoute nihiliste sur fond de retour spectaculaire de la FAR, des BR et AD sur les écrans ou dans l'actualité pour le solde du passif, cela peut faire des dégâts. Parce que l'on se souvient de Ravachol ou de la Bande à Bonnot, et c'est de ça qu'on se rappelle. Je connaissais l'animosité des anars contre les totos, mais dans ce cas-là il aurait fallu contextualiser, parce que le propos d'un anarchiste sur les autonomistes n'est pas plus clair que celui d'un militant du MPF contre les partisans de Dupont-Aignan. Et rien ne prouve qu'il ait rencontré les personnes en question, mais on fait comme s'il était un spécialiste de la question de tous les mouvements plus ou moins marginaux. L'anarchiste bon pour les médias, cela existe aussi. Il a une belle gueule, fait bien anar, et puis on va le croire même s'il dit des idioties ou parle de ce qu'il ignore...

Commentaires

Ceci dit et sans piger toutes vos nuances, je vis ces jours ce que Jean Paul Sartre a dit : la violence entraîne la violence. Et après on entre dans une jouissance qui frôle la perversion puis le contrôle devient impossible et voir le film sur Mesrine sans le déifier montre comment on devient une petite frappe en ayant peu ou prou des idéaux de jeunesse et/ou des comptes à régler (avec le père, avec l'armée, cela implique la cruauté). Je me méfie très fort de ces enchaînements qui partent d'un mot, de rien et tournent au vinaigre. Ce n'est que la répétition d'une douleur ancrée, enkystée.

Ecrit par : michèle | samedi, 22 novembre 2008

Mais quel rapport entre Mesrine qui a fréquenté en prison le milieu du grand banditisme (et qui n'était pas apprécié par ces hommes d'honneur) avant de se constituer une vague caution politique sous couvert de pseudo-anarchie et puis Julien Coupat qui n'a jamais enlevé ou tué quelqu'un, qui n'a jamais torturé personne, qui n'a pas fréquenté la pègre, qui n'a pas organisé de hold-ups, qui n'a pas été un raciste pro-OAS comme Mesrine ? JC a eu le temps de faire un parcours et que lui reproche-t-on ? La participation à quelques manifestations ou des écrits, la possession de certains écrits. Pas des crimes. Ou alors écrire et lire devient un crime. Les deux personnes ne sont pas comparables. Et puis je déteste la mythologie autour de Mesrine comme les discours qui voudraient le comprendre.

Ecrit par : Dominique | samedi, 22 novembre 2008

Avant de détester et de trancher selon votre habitude tâchez de raisonner : dans le film concernant la viede J. Mesrine il est montré clairement l'escalade de la violence. Vous vous parlez de l'instrumentalisation ploitique faite autour de ce jeune ; suivant le traitement des faits, et le jugement porté les suites de la vie de J. Coupat seront variables. C'était mon propos.

Ecrit par : michèle | dimanche, 23 novembre 2008

Mais on ne peut pas comparer un assassin, un tortionnaire, un raciste et une personne qui n'a aucun sang sur les mains !

Ecrit par : Dominique | dimanche, 23 novembre 2008

Une personne qui par chance n'a aucun sang sur les mains : c'est vous il y a peu qui avez raconté l'état des deux mains d'un qui s'entraînait à faire des bombes dans sa cuisine. Je ne dis pas que ce mec est innocent ou coupable. Qu'il soit utilisé cela semble clair si l'on suit ce qui se dit là-dessus. Je dis simplement que commettre un acte délictueux sur une voie de chemin de fer peut amener au pire. Je ne les compare pas : je lis votre billet, je pense aux actes commis, aux Brigades Rouges, à Cesari Battisti et le sang c'est le sang. Là, il n'y en a pas eu.

Ecrit par : michèle | dimanche, 23 novembre 2008

Mais rien ne prouve que les incidents sur ces voies de TGV ont été commis par ce fameux groupe ! Il n'y a aucune trace ADN, il n'y a pas eu d'arrestation en flagrance alors que certaines de ces personnes étaient suivies et géolocalisées, le matériel retrouvé ne permet pas de forger ces fameux fers (il faut un attirail plus lourd, du type soudure à l'arc, et celui qui a été trouvé correspond à de l'électronique) et encore moins de les hisser sur les caténaires (auxquelles on ne va pas s'attaquer avec du matériel d'escalade, mais avec des perches). Vous faites comme si la version policière était juste. Mais de quoi part-on ? De quelques citations d'un livre signé d'un pseudonyme dont on extrait quelques métaphores pouvant faire croire à des délits du fait de la ressemblance des images ! Le dossier est archi-vide d'après ce que l'on apprend officieusement de la part de la police, mais vous faites comme si c'était forcément eux les coupables. On a commencé à construire les coupables en les qualifiant de terroristes, puis on a inventé le crime (et quel crime...) On est en train de remettre en vigueur le délit d'opinion. Si j'ai chez moi des horaires de TER, je suis susceptible de commettre de pseudo-attentats.

Ecrit par : Dominique | dimanche, 23 novembre 2008

Quand je pense que j'ai tout Debord et tout Guérin, entre autres, dans ma bibliothèque !
Que j'habite à deux pas de la gare !
Que j'ai un fer à souder quelque part dans ma cabane de jardin!

Dominique, ne donnez mon adresse à personne !

Ecrit par : leveto | dimanche, 23 novembre 2008

>Dominique le malentendu prend une telle ampleur que je vais arrêter là illico : je vous lis (souvent) je ne suis ni les infos ni la tv. Parfois j'apprends les nouvelles chez vous. Je ne sais rien du groupe à peine plus sur les incidents. Là où je me sens concernée c'est que je me déplace très souvent en train.
Donc je ne crois pas ce garçon coupable. Ce qui m'intéresse c'est le décorticage comme vous le faites des mots employés et de ce que cela induit.
Je ne fais pas partie de la foule qui réclame du sang et des jeux. Ni de ceux qui manipulent les autres à coup de jeux pervers et que cela fait jouir.
Désolée mais je suis rangée ailleurs.

leveto ;-) ben comment je fais alors pour venir manger ?

Ecrit par : michèle | dimanche, 23 novembre 2008

Le dossier de Julien Coupat et des autres "totos" actuellement mis en cause est tellement léger que je me dis que la police et les RG ne doivent pas être dupes. (Ou alors ils sont mauvais et notre pays est bien mal servi !) Mais qu'il y ait eu des consignes venues d'en haut pour "envoyer un signal fort" au bon peuple, comme on dit si euphémiquement, cela ne me surprendrait guère.

Ecrit par : Irène | dimanche, 23 novembre 2008

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