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samedi, 22 novembre 2008
Du juge Ti
Il n'y a que quelques problèmes :
Cela fait plus de vingt-cinq ans que nous avions envie de travailler ensemble. Dans les années ’80, nous avions même envisagé de réaliser une adaptation libre du Juge Ty en bande dessinée. L’auteur de ces romans, Robert Hans Van Gulik, était ambassadeur de Hollande à Pékin. Pour éviter de s’y ennuyer, il a écrit plusieurs romans qui se déroulaient dans cette ville au douzième siècle.
Le juge Ti effectue ses enquêtes au VIIe siècle sous la dynastie des Tang, lorsque l'administration se met en place et que le taoïsme apparaît, alors que le juge est un confucéen pur. La quasi-totalité des romans du juge Ti se déroulent aussi en province, hors de Pékin. On voit la connaissance fine de l'oeuvre et ce que cela aurait donné avec de tels bouffons...
23:57 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : roman policier, bd, bande dessinée, chine



Commentaires
Voilà ce qui arrive quand n'enseigne plus les chiffres romains : on confond VII et XII.
À noter qu'une des enquêtes du juge TI a pour titre « Trafic d'or sous les Tang ».
Ecrit par : Stephane De Becker | dimanche, 23 novembre 2008
Juste réflexion. Mais cela n'explique pas l'autre erreur des deux guignols férus d'ésotérisme au sujet du cadre spatial des enquêtes du juge Ti.
Ecrit par : Dominique | dimanche, 23 novembre 2008
J'ai dû lire tous les romans du juge Ti publiées par Van Gulik, et pas un seul ne se passe à Pékin ! La plupart se situent dans des villes imaginées par l'auteur, mais censées être des localités de diverses provinces chinoises. Seules deux se passent dans des lieux identifiés : la ville de Canton dans "Meutres à Canton" et la capitale de la dynastie Tang, Chang'an (aujuourd'hui Xi'an), dans "Le Motif du saule".
Pékin n'était pas la capitale de l'empire chinois à l'époque... Elle ne l'est devenue que sous les Ming, soit sept siècles après le juge Ti. Van Gulik ayant mis un petit rappel historique dans chacun de ses romans, c'est le genre de chose qu'on ne peut pas manquer. La mémoire de Chaillet doit cafouiller complètement. Ou bien il s'y est produit une confusion avec des séries de bande dessinée comme "Le Moine Fou", de Vink, qui se passe bien au 12e siècle, sous la dynastie des Song du Sud. Une période mouvementée, mais passionnante pour les scénaristes...
Ecrit par : Irène | dimanche, 23 novembre 2008
C'est ce qu'il me semblait de mes souvenirs datant déjà de quinze ans. Il y a encore au moins un roman où il est fait allusion à un bref séjour dans la capitale mais cela ne constitue pas alors le cadre de l'histoire et de l'enquête, et puis la carrière du juge se poursuit au plus haut niveau dans les suites qui ne sont plus de la plume de Van Gulik. Mais, en effet, Pékin ne peut être le cadre des intrigues (même si on trouve aussi dans un des romans une ville de province fortement mandchoue). Ce sont des romans provinciaux et c'est bien leur caractéristique.
Ecrit par : Dominique | dimanche, 23 novembre 2008
Van Gulik a emmené son juge Ti dans plusieurs provinces, du nord au sud et de l'est à l'ouest de l'Empire du Milieu. Certains romans se passent dans des villes du nord, avec une forte population de Mandchous ou de Ouïghours, d'autres dans le sud presque tropical de la Chine, ou encore à la frontière avec la Corée. Mais dans les aventures qui font intervenir un séjour dans "la capitale", il s'agit toujours bien sûr de Chang'an, la capitale des Tang, qui a une situation plus centrale que Pékin.
Pékin était la "capitale du nord" au 12e siècle, quand la Chine a été partagée entre la dynastie Jin (sous la domination d'une ethnie non-Han, un peuple des steppes proche des Mongols) et les Song du Sud. Ce sont les Mongols, sous Kubilaï Khan, au 13e siècle, qui ont pour la première fois fait de Pékin (sous le nom de Khanbalik) la capitale d'un empire chinois unifié.
Ecrit par : Irène | dimanche, 23 novembre 2008
Effarant également, le mépris pour l'auteur, qui aurait écrit les aventures du juge Ti «pour éviter de s'[...]ennuyer [à Pékin]». Étant en réalité un sinologue reconnu par ses pairs, il avait amplement de quoi s'occuper.
Quand je faisais mes classes, j'ai appris suffisamment de néerlandais pour lire un livre lui ayant appartenu, qui traitait des nonnes bouddhistes d'après le Canon Theravâdin en pâli (on voit par là l'étendue de sa curiosité). L'ex-libris de van Gulik était magnifique. Je ne décrirai pas le dessin de la vignette, ni ne dirai où se trouve le livre, de peur que les bouffons ne s'en emparent.
Ecrit par : pièce détachée | dimanche, 23 novembre 2008
Le caractère chinois Xiān* signifie ancêtre.
* http://www.chine-nouvelle.com/methode/caracteres/caractere/20808.html
Cette ville ancienne capitale a gardé aujourd'hui encore une forte prééminence à cause de son passé archéologique. Pour aller voir les soldats de terre cuite et leurs chevaux, prendre le bus 306 à la gare.
Chăng’ăn j'suis pas sûre que les accents soient tout à fait ceux-là mais ils sont sur les "a".
Ecrit par : michèle | lundi, 24 novembre 2008
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