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vendredi, 21 novembre 2008

Pour un éloge de la barbarie et de la sottise réunies

Cet ancien enseignant de... français ( révoqué de ses fonctions)  et actuel traducteur vers le français en Belgique parle du français comme d'une langue... barbare ! Il est bien connu que les barbares ne parlaient pas grec, puis qu'ils ne parlaient pas grec ou latin. Que découvre-t-on dans la liste des articles qu'il cible ?

Halieutique

Ichtyologie

Syzygie

Lithotripteur

Alphabétisation, médico-pédagogique,

Asthénie

Cystilychnopnée

Conchyliologues

Psychologiquement, physiquement, angiome, esthétique

Gemmophilie

Erithème, carcinogénèse, mélanine.

 

C'est un peu bizarre, parce que tous ces termes existent aussi dans d'autres langues européennes qui ne sont pas qualifiées, elles, de barbares par le wallingant délirant en lutte contre le français. Presque tous sont grecs d'origine, mais les Romains n'étaient-ils pas des Barbares pour les Grecs parce qu'ils n'étaient pas de leur peuple et qu'ils parlaient le grec avec un accent ? Toutes les langues romanes (et même l'anglais, l'allemand, le russe ou l'arabe sont alors aussi barbares, puisqu'ils adaptent les mots grecs à leur prononciation ou leur graphie) sont donc des langues barbares. Mais cela le Wallon fou ne le dira jamais, perdu qu'il est dans son combat contre la langue française qu'il s'obstine à mener en... français !  Ce dont il parle, en fait, c'est d'un état du journalisme, présent dans à peu près toutes les langues. La prétention de certains plumitifs par l'emploi de mots longs et obscurs du fait de leur origine grecque puisque le grec est peu enseigné ailleurs qu'en Grèce. Et après ? On n'est pas plus avancés si l'on sait que le français c'est caca et que le grec c'est chic ou que le grec en français c'est beurk et que le grec en anglais c'est very good. La bêtise est pleine d'avenir. J'ai de la sympathie pour les crétins absolus.

Commentaires

Où elle découvre qu'elle a toutes ses chances.
Quoiqu'il manie, lui aussi le fouet et la censure avec délectation : mais l'avantage (et la différence) c'est que c'est à ciel ouvert et pas en loucedé comme un psycho-rigide.

Ecrit par : michèle | samedi, 22 novembre 2008

Les plus barbares ne sont-ils pas les grecs eux-mêmes qui ont abâtardi les grec ancien en passant par la koinè et le démotique et leurs curieuses simplifications orthographiques. Quand à leur prononciation moderne avec toutes ces voyelles qui se prononcent -i, je me demande où est la civilisation là-dedans...

Ecrit par : LOBO | samedi, 22 novembre 2008

Ce Johan Viroux (puisque tel est son nom, nom qu’il ne cache pas d’ailleurs, étant donné qu’il signe de son vrai nom les innombrables lettres de lecteur qu’il envoie sans désemparer à toutes les gazettes du royaume) est un pauvre toqué, j’en conviens avec vous. Il est du reste superflu de le présenter ici, car la petite mafia de militants wallons dont il fait partie s’en est chargée elle-même (comme quoi on peut abuser de Wikipédia pour faire sa promotion personnelle):
http://wa.wikipedia.org/wiki/Johan_Viroux

Mais je trouve qu’il a raison sur le point particulier des mots grecs en français. Je partage avec Remy de Gourmont sa détestation des toutes ces intempestives constructions grecques, toutes plus hideuses et opaques les unes que les autres. Martinet aussi les a dénoncées, mais en affirmant, à tort, que leur usage découlerait d’une incapacité de la langue française à créer aisément des mots nouveaux.

Je suis en désaccord avec vous lorsque vous dites que toutes les autres langues européennes utilisent les mêmes hellénismes; en tous cas, si quelques-uns de ces mots existent bien dans les autres langues, celles-ci en usent avec une beaucoup plus grande parcimonie. Prenez p.ex. l’épouvantable ‘halieutique’, mot rébarbatif, obscur, indigeste pour le francophone moyen, bref: anti-gaulois, et aussi, si je puis dire, tout à fait disproportionné, quand on sait ce qu’il veut dire; eh bien, consultez ce site:
http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/l66006.htm
et vous pourrez constater que seul le portugais utilise ‘halieutique’, les autres langues ayant trouvé des composés plus heureux à partir de ‘pêche’, ou ‘pêcheries’, ou ‘poisson’ tout simplement. Ne pourrait-on dire en français ‘ressources poissonneuses’, p.ex.? Ou quelque autre terme normalement constitué.

Quant à ‘ichtyique’, c’est une monstruosité, l’horreur absolue.

Ecrit par : Torsade de Pointes | lundi, 24 novembre 2008

Voyons... Ce que vous dénoncez là porte un nom : le snobisme, la cuistrerie, la vanité. On peut retrouver par exemple le même trait dans les gentilés imités du latin qui doivent comprendre au moins quatre syllabes et des formes rares et incompréhensibles (du type carolomacérien ou bellifontain). Dans les exemples donnés, nous avons juste une représentation d'un journalisme qui se gorge de mots prétendument plus nobles, un article sur la chasse ne devra pas manquer de citer la cynégétique ou la vénerie (j'en ai eu un exemple hier dans l'Oignon). Cependant, les mots d'origine grecque sont fort utiles pour des notions scientifiques, techniques, car les racines sont parlantes. Il n'y a parmi les langues européennes que l'islandais pour ne pas avoir de termes formés d'éléments grecs comme téléphone ou psychologie. La syzygie est une notion astronomique que l'on rencontre rarement dans la vie quotienne en revanche. Pourquoi lui reprocher son existence et alors pas celle des autres notions astronomiques qui peuvent être héritées de l'arabe comme le zénith ou le nadir ?

Gourmont - que j'apprécie par ailleurs - s'insurgeait contre deux faits :
a) L'inflation de termes grecs chez les décadents et les symbolistes, l'exemple de littérature ridicule et enflée qui me vient tout de suite à l'esprit c'est le Sâr Pelladan. Illisible ou presque. Il prend parti contre certains courants littéraires au nom de sa maison d'édition qui lui assure des revenus.
b) La présence de la rhétorique dans la formation littéraire de l'époque. Or cette rhétorique était et est encore fort gourmande de termes grecs, car la rhétorique est née en Grèce. Si on dissocie - notion fort gourmontienne - ses prises de position contre le grec de ses attaques contre la rhétorique encore enseignée à l'époque où il commence à écrire, on voit qu'il demandait un renouvellement de l'expression et qu'il prenait parti pour les modernes de ce temps. Le grec représentait alors le conservatisme.
c) Il me semble aussi que cela comprenait un débat politique, l'appel à l'Antiquité grecque était alors une figure presque imposée. Se poser comme anti-grec était alors perçu comme d'extrême gauche, car de Renan à Maurras, tous les courants dominants se réclamaient de cet héritage et y allait de leur prière à l'Acropole. Or Gourmont était à ce moment-là un anarchiste (il virera à la droite patriotique bien plus tard) !

Oui, bien sûr c'est grotesque de parler de ressources halieutiques quand on est un simple pêcheur. Mais vous avez choisi dans la liste l'exemple le plus sot. Vous n'auriez pas écrit contre le mot d'alphabétisation par exemple, tellement il est évident. Dans le genre des horreurs, j'ai relevé au cours de mes promenades campagnardes l'existence de "carpodromes". Dit plus simplement, cela donne un étang de pêche, un vivier, un bassin pour pêcheurs. Mais carpodrome, cela en jette, même si les carpes ne courent pas. Je n'ai pas encore vu de truitodrome, mais je crois qu'il y aura bien quelqu'un d'assez infatué pour l'employer.

Ecrit par : Dominique | lundi, 24 novembre 2008

Bellifontain, des années durant, ai pratiqué ce mot là ; me retrouvant à Bleau lors de mes loisirs dominicaux perchée sur les grattons des rochers de grès. Joli ce mot-là.

Ecrit par : michèle | lundi, 24 novembre 2008

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