vendredi, 17 octobre 2008

Le cas rwandais

Le gouvernement rwandais a décidé, mardi 7 octobre, que l'anglais et non plus le français serait dorénavant la langue de l'enseignement. Le changement s'appliquera de l'école primaire à l'université. Les autorités françaises n'ont pas réagi à l'annonce de la décision.

Ce n'est pas seulement parce que le gouvernement rwandais reproche à la France son rôle lors des guerres qui se sont produites dans cette région qu'il faut se contenter de ses raisons, c'est aussi un choix plus profondément géopolitique. Les élites actuelles du Rwanda ont été formées durant leur exil en Ouganda, pays voisin et anglophone. Le Rwanda occupe une partie du Congo francophone et sa position peut être inconfortable pour le futur sommet de la Francophonie. Or le Rwanda est un pays enclavé. Les voisins kényan et tanzanais sont anglophones et appartiennent déjà au Commonwealth. Le président de Madagascar, formé aux Etats-Unis, a déjà agi de même en faisant reculer le français dans l'enseignement au profit de l'anglais. Il s'agit donc d'une décision qui est aussi d'ordre économique tellement l'anglais domine dans l'ouest et le sud de l'Afrique. La langue est instrumentalisée à d'autres fins que les conflits judiciaires.

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