dimanche, 05 octobre 2008

Mon candidat pour la carpette anglaise : Bernard Kouchner

Est-ce que l'on peut m'expliquer la nécessité pour un ministre des Affaires étrangères de la France de s'exprimer en anglais lors d'une interviouve pour un journal d'un pays dont la langue offficielle n'est pas l'anglais, mais qui est par ailleurs candidat à'l'Organisation internationale de la francophonie et qui posséde au moins un dixième de francophones sur son sol ?

« Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, tient à préciser que, durant son interview en anglais avec les journalistes du Haaretz publiée ce jour, il a utilisé le mot « hit » et non « eat » à propos d’une hypothétique réaction israélienne s’agissant de l’Iran.

Il évoquait, en effet, l’éventualité d’une frappe israélienne destinée à empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire.

Il regrette le malencontreux quiproquo que cette confusion phonétique a provoqué. »

 

Au delà de cette lamentable bourde entre locuteurs non anglophones de naissance (native tongue speakers), comme on peut s'y attendre dans un pidgin dont on ne maîtrise pas tous les phonèmes, c'est quand même une certaine idée de la France qui est en jeu. Est-ce que le Quai d'Orsay ou Haaretz (le journal de référence en Israël) sont trop pauvres pour avoir recours à des traducteurs du français et de l'hébreu ? Quelle idée cela donne-t-il de la diplomatie actuelle de la France et de son rayonnement ? Je sens déjà que tous les souverainistes sont en train de s'étouffer et ils ont raison face à tant de déraison. Notre grand donneur de leçons humanitaires avec brushing impeccable et coup de menton en avant est mûr pour une bonne nomination au prix de la carpette anglaise. On peut être rassurés au sujet de notre divin président, son anglais est tellement catastrophique et indigne d'un bachelier qu'il lui faut obligatoirement un traducteur afin de ne pas provoquer des éclats de rire. Et je me demande comment on peut laisser passer une interviouve non relue et corrigée au ministère des Affaires de plus en plus étranges alors que la communication est strictement contrôlée pour des ministères bien moins importants ou vitaux qui exigent le texte avant parution. Ce n'est plus de l'amateurisme, c'est de la désinvolture complète.

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