jeudi, 02 octobre 2008
C'est une folie !
Nous répondons au courrier d'un fidèle lecteur du Haut-Cantal-Maritime, Jean-Claude pour ne pas le nommer.
Mon cher comte, je voulais rédiger un article pour le journal de la section de pétanque UMP de mon département et j'avais écrit la phrase suivante : "C'est une folie de ne pas avoir encore dans notre chef-lieu un terrain vaste, plane et lisse, adapté aux tournois par équipes, alors que l'on ne dispose que d'une aire caillouteuse, qui plus est à flanc de colline." Je précise qu'à l'UMP nous nous devons de favoriser la compétition sous toutes ses formes, et c'est pourquoi je suis en charge de l'émulation des plus anciens par les jeux de boules qui nous permettent de comprendre le sens de la concurrence et qui nous obligent à atteindre des objectifs chiffrés. Le secrétaire fédéral m'a dit que mes propos étaient exagérés et que je devait modérer mes propos, car les lecteurs seraient choqués par le mot de folie employé de manière dramatique et hors de propos. Il m'a dit aussi que je mettais là gravement en cause le bilan de ses six mandats précédents comme maire et conseiller général et qu'il le prenait comme une attaque personnelle contre laquelle il allait porter plainte. Pourtant, il ne me semblait pas que j'étais outrancier, mais bien que je me situais dans la droite ligne de la pensée de notre indispensable président (que Dieu le garde !) Qu'en pensez-vous ?
Mon cher Jean-Claude, votre point de vue est le bon. Vous êtes imprégné de la pensée et surtout de la parole de notre irréfutable président. En effet, vous reprenez une de ses expressions favorites comme ici : "C'est une folie de croire que la publicité financera un jour toute l'information." Ou là : "Ce serait une folie de nous en priver (des religions, ndlr), tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée." Vous l'avez suivi à la lettre en reprenant ses termes préférés. Notez comme il parle si souvent de folie que ce soit au sujet d'un retrait de l'Afghanistan ou de la crise financière internationale : nous avons un président modéré, pondéré, sage, qui choisit avec soin ses mots et qui les emploie toujours avec un grand sens de la précision, de l'exactitude, en refusant les affets pathétiques, les chantages à son auditoire, la mise en accusation sous un prétexte factice. Bref, nous avons un président honnête dans ses paroles à chaque fois qu'il évoque le mot folie pour dénoncer un point de vue opposé ou imaginaire. Ce n'est pas de sa faute - ni de la vôtre - si tant de situations de folies se présentent. Et vous ne tentez surtout pas de faire en sorte que votre interlocuteur ne puisse rien répondre lorsque vous lui présentez les enjeux essentiels d'une compétition de pétanque.
16:21 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ump, politique, humour, langue française



Commentaires
"c'est pourquoi je suis en charge de l'émulation des plus anciens par les jeux de boules qui nous permettent de comprendre le sens de la concurrence et qui nous obligent à atteindre des objectifs chiffrés".
On comprend désormais les sens profond de "en toucher une sans faire bouger l'autre": carreau ?
J'adore le premier lien "ici" : il mène à une page où, sur la droite, défile une publicité. Au moment où j'ai consulté la page, c'était une pub pour... Darty. Un hasard ?
Écrit par : Olivier | jeudi, 02 octobre 2008
Pas un hasard, mais une pub contextuelle de Yahoo!, comme celles de Google avec ses GoogleAds. Le contenu du texte détermine les pubs : on écrit contre les sectes, on se retrouve avec une pub pour Raël ou la scientologie si l'on a souscrit à ce genre de service de pub. On écrit sur les langues parlées dans le monde, on se retrouve avec de la pub pour du dentifrice. La pub contextuelle n'est pas textuelle, mais...
Écrit par : Dominique | jeudi, 02 octobre 2008
Tiens, voilà un candidat à la folie élyséenne :
http://www.lemonde.fr/web/depeches/texte/0,14-0,39-37182944,0.html
Un RMIste qui se faisait passer pour un conseiller technique de Sarkozy afin de loger à l'hôtel sans payer. "Un doux dingue", plaide son avocate...
Écrit par : Irène | vendredi, 03 octobre 2008
Oh, et j'oubliais : le gars s'est aussi présenté comme titulaire d'un MBA ! Le tableau est complet.
Écrit par : Irène | vendredi, 03 octobre 2008
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