vendredi, 12 septembre 2008
Majorité à géométrie variable
Problèmes de calcul dans le journal de référence du soir :
Quelque 70 des 223 députés du PPP (largement majoritaire à la Chambre basse, qui compte 470 sièges) lui ont en effet retiré leur soutien, estimant que le premier ministre sortant n'était plus l'homme de la situation.
Je fais le compte : la majorité absolue se situe à 236 sièges, ce qui signifie que le PPP n'obtient que la majorité relative. Il est sans aucun doute le parti le plus important, mais il doit former une coalition et ainsi être largement majoritaire au sein de l'alliance parlementaire.
Voilà les risques de recopier des morceaux de dépêches mal écrits ou mal traduits. On observe aussi le double sens de majoritaire : qui obtient la moitié des suffrages plus un ou qui obtient la majorité qualifiée (par exemple les deux tiers des voix), et puis qui est supérieur en nombre aux autres groupes pris individuellement et non en totalité. L'idée d'un groupe majoritaire est fort relative, car tout dépend de ce que l'on prend comme mode de calcul au départ, comme échantillon de population ou même comme situation. Que l'on applique cela à des notions ethniques (le peuple khukhurbitacéens est majoritaire dans le Yaourtstan, mais en fait il représente moins d'un dixième de la population) ou religieuses (les adeptes de l'Eglise du Nombril Sacré sont majoritaires dans ce pays alors que les adorateurs pratiquants sont moins nombreux que les non-croyants) et l'on voit alors les dérives possibles au sujet de chiffres tordus dans le sens de la majorité qui arrange.
22:36 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, statistiques



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