vendredi, 05 septembre 2008

Ronde

Mon père me veut marier,

Sauvons-nous, sauvons-nous par les bois et la plaine,

Mon père me veut marier,

Petit oiseau te lairas-tu* lier ?

 

L'affaire est sûre : il a du bien.

Sauvons-nous, sauvons-nous bouchons-nous les oreilles

L'affaire est sûre : il  a du bien...

C'est un mari : courons, le meilleur ne vaut rien !

 

Quand il vaudrait son pesant d'or,

Qu'il est lourd, qu'il est lourd et que je suis légère !

Quand il vaudrait son pesant d'or,

Il aura beau courir, il ne m'aura pas encor !

 

Malgré ses louis, ses écus,

Ses sacs de blé, ses sacs de noix, ses sacs de laine,

Malgré ses louis, ses écus,

Il ne m'aura jamais, ni moins, ni pour plus.

 

Qu'il achète s'il a de quoi,

Les bois, la mer, le ciel, les plaines, les montagnes,

Qu'il achète s'il a de quoi,

Le monde entier plutôt qu'un seul cheveu de moi !

 

Marie Noël

* Ancienne forme future du verbe laisser, parfaitement régulière en ancien français.

La suite du poème n'est plus dans le même ton, ni avec le même but.

Commentaires

Comme c'est joli pouvons nous savoir la date du poême ?

Écrit par : Nicolas L | vendredi, 05 septembre 2008

Ce poème est tiré du recueil "Les Chansons et les heures", édité pour la première fois en 1920.

Écrit par : lamkyre | samedi, 06 septembre 2008

Boris Vian aurait-il parcouru ce texte ?
http://www.paroles.net/chanson/18966.1/1486
Ne vous mariez pas, les filles, ne vous mariez pas
Faites plutôt du cinéma
Restez pucell' chez vot'papa
Dev'nez serveuse chez un bougnat
El'vez des singes, él'vez des chats
Levez la patte à l'Opéra
Vendez des boit' de chocolat
Prenez le voile ou l'prenez pas
Dansez à poil pour les gagas
Soyez radeuse av'nue du Bois
Mais ne vous mariez pas, les filles
Ne vous mariez pas.
....

Qu'en pense la chancellerie, où l'on s'interroge sur l'excès des grossesses...

Écrit par : Olivier | samedi, 06 septembre 2008

La suite du texte montre qu'il s'agit d'une variation sur le thème de la chanson populaire de l'alouette.

Écrit par : Dominique | samedi, 06 septembre 2008

Alouette je te plumerai.
Ceci dit, j'ai vu le mâle colombe plumer réellement la tête de la petiote lors des amours volatiles c'était impressionnant le résultat ; un crâne chauve pour Chimène !
Vous nous donnerez la suite ?

Écrit par : michèle | samedi, 06 septembre 2008

Michèle : Vous nous donnerez la suite ?

Non, je veux juste qu'on lise ensuite Marie Noël en bibliothèque, par prêt d'ami ou en achetant ses livres même d'occasion.

Écrit par : Dominique | samedi, 06 septembre 2008

Je la connaissais car je l'avais lue il y a cent ans. Allez... siouplaît, celle-là de suite, miaou, zyeux doux dixit Ardalia.

Écrit par : michèle | samedi, 06 septembre 2008

de suite de la ronde pas "immédiatement" bien sûr. Dans cent ans si vous voulez.

Écrit par : michèle | dimanche, 07 septembre 2008

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