jeudi, 26 juin 2008
Ethanolerie
Je suis habitué à ce que ma feuille de chou soit le relais officiel de l'armée française et des anciens combattants (via Hervé Chabaud), de l'Eglise catholique, de tous jes notables qui comptent. Je suis aussi habitué à ce qu'elle se fasse le porte-parole du Crédit agricole, de la FNSEA (et de sa filiale le CNJA), mais surtout du Comité interprofessionnel des vins de Champignacie. Jusque-là rien que de très normal. Ce qui me trouble, c'est que l'Oignon participe à la récente campagne de propagande en faveur des bio (ou agro) carburants.
Depuis quelques temps, disons un mois, je ne peux plus lire ce torchon sans voir au moins un article au sujet du diester ou de l'éthanol. On m'explique ici que le carburant miracle va sauver la planète en évitant le réchauffement climatique, là qu'il préserve les ressources naturelles, ailleurs qu'il fournit aussi de l'alimentation anlmale, parfois qu'il est plus naturel et plus sain, de temps à autre que c'est un atout économique pour la seule région de France à perdre des habitants, dans certains cas que c'est parfaitement écologique même si les écologistes sont contre, souvent que cela permet de relancer la principale industrie de la région et de mettre fin aux jachères bruxelloises, enfin on ne me dit pas que l'on n'en a rien à foutre des émeutes de la faim dans des pays du tiers-monde dont on ne connaît pas le nom et où on ne sait pas où cela se situe.
Dire que cette vague d'articles sur les agri (ou bio) carburants a lieu depuis la grosse campagne des grands céréaliers en faveur de ce mode de consommmation a commencé, ce serait faire preuve de beaucoup de médisance. La rédaction de l'Oignon est d'une parfaite indépendance et elle saura résister aux lobbies de toute sorte, comme Hervé Chabaud devant les hordes teutonnes. L'Oignon n'est pas par hasard un organe issu de la Résistance.
Il existe dans l'Oignon une page savoureuse nommée Terroirs. On peut y découvrir des informations d'une brûlante actualité au milieu du marché aux bestiaux de Rethel. Le plus souvent, cela concerne des recettes de cuisine que personne n'oserait plus faire, mais cela peut servir aussi de temps en temps à donner la parole aux représentants du monde agricole (le Crédit agricole, la FNSEA, la Chambre d'agriculture, le ministre, et quoi d'autre ?) C'est ainsi que les lecteurs peuvent apprendre l'existence d'une éthanolerie qui fonctionne depuis juillet de l'an dernier. On est dans l'anniversaire ou presque, sauf que cela correspond au moment de la campagne de publicité propagande en faveur des bio-agro-machino-carburants. Bien plus ! ils sauront que même si elle se situe en Haute-Normandie, elle concerne aussi leur région puisqu'une entreprise locale y a investi et que fouchtra ! on cultive aussi pour c't'usine. Il faut défendre aussi nos gros agriculteurs qui payent l'ISF et qui défendent la planète et ses ressources !
Voici maintenant un pur morceau de langue de bois tout droit sorti d'un dossier de presse mal lu et mal recopié :
La mise en commun des compétences des trois entreprises a permis de relever le défi technique que représentait la mise sur pied de cet outil industriel au sein duquel des solutions ont été intégrées pour répondre dans les meilleures conditions à des besoins en énergie électrique stratégiques à plus d'un titre.
Je n'ai rien compris, mais je ne dois pas être dans le public-cible ou je dois avoir mauvais esprit ou je ne suis pas écologiste comme il le faudrait.
13:09 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, agriculture, écologie, verts



Commentaires
Tiens, je découvre le mot « drêche » (résidu de distillerie de grains, dans ce contexte).
Pour le reste, je dirais que tout ça n'a rien de bien surprenant dans votre beau pays, la réforme de la télé en est encore un bel exemple tout frais
Ecrit par : lamkyre | jeudi, 26 juin 2008
Et en plus des céréaliers, il y a nos amis les betteraviers, grâce à qui les bus de ville de Compiègne roulent à l'éthanol sans qu'il y ait eu de débat là-dessus.
Ecrit par : Irène | jeudi, 26 juin 2008
Il n'y a pas eu plus de débats pour le diester dans un pays pas trop loin de chez moi : http://www.partenaires-diester.fr/util/49/
Tout cela va de soi, on fait d'abord un peu d'expérimentation et de publicité pour rendre le nom familier, puis on généralise peu à peu sans le dire lors d'une consultation populaire et sans avoir à rendre compte devant les électeurs. Personne ne va s'opposer à ce mode de carburant, car les conseillers de l'intercommunalité n'ont jamais présenté de programme électoral à ce sujet (ils sont élus de manière indirecte) et surtout on ne va pas mettre à bas une des principales industries de la région en refusant cette source d'emplois pour notre bassin de population (vous voulez créer du chômage ?), d'économies d'énergie, de dépendance à l'étranger, etc. Si cela pose des problèmes plus graves, ce n'est pas grave. On est plus écologiques que les autres malgré tout, et en plus cela peut nous rapporter des sous... Les autres incidences sur l'environnement sont soigneusement gommées, cela va de soi. Vous voudriez faire mourir de faim les producteurs de betteraves ou de luzerne ou de colza qui crient misère devant Bruxelles (ce monstre assoiffé de sang) ? Vous n'êtes pas un vrai patriote partisan de l'indépendance énergétique ? Et que proposez-vous pour sauver la planète (comme on dit) ? Grâce aux intercommunalités, on peut se dispenser de la dictature des débats publics.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 26 juin 2008
LEs nouveaux carburants sont parfois inattendus! Ainsi, à Marpent, près de Jeumont, dans le Nord,les véhicules de la municipalité promeuvent l'identité ch'ti! Car ils roulent à l'huile de frites! Ce qui pose des problèmes car, paraît-il, c'est interdit. JE ne suis d'ailleurs pas certain que ce soit excellent pour l'atmosphère. MAis c'est sympathique...
On peut ainsi rêver des carburants régionaux: restes d'aïoli pour la Provence, jus de choucroute pour l'Alsace, ce qui affirmerait la saine identité des terroirs!
En attendant, si l'huile de frites se répandait (beurk) le Nord deviendrait un nouveau Yemen!
Ecrit par : orlando | lundi, 14 juillet 2008
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