mercredi, 25 juin 2008
Ne dites pas prisonniers, dites retenus
Fontenelle, incisif au sujet des retenus :
La question se pose dès lors, de savoir si Dhombres du Monde et Joffrin de Libé, lorsqu’ils désapprouvent l’emploi d’un mot dont Le Monde et Libé font un usage intensif, ne flirtent pas un peu avec la jonglerie, qui est comme on sait une litote pour désigner ce qui pourrait s’apparenter à une légère hypocrisie.
12:04 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : politique, journalisme, média, presse, médias, langue française



Commentaires
Effectivement, au royaume du Politiquement correct, il n’y a plus d’aveugles mais des non voyants, plus de caissières mais des hôtesses, plus de balayeurs mais des techniciens de surface, plus de noirs mais des hommes de couleur, etc …
Donc plus de prisonniers ou détenus. Logique.
Je note que « retenu » est le terme employé par les patrons quand ils sont en retard. Un chef ou un patron n’est jamais en retard, il est retenu … par des affaires qui vous dépassent, mon bon Monsieur, et dans votre intérêt d’ailleurs.
Écrit par : Papyves | mercredi, 25 juin 2008
Il vivra vieux, ce Fontenelle...
Écrit par : Olivier | mercredi, 25 juin 2008
J'aime beaucoup Fontenelle, il pointe assez souvent les choses juste. Avec du retard cette fois-ci, vu que je me suis posé la question hier sur mon blog (de manière un poil de cul plus poussée) , après avoir vu plusieurs jours de suite ce mot retenu dans divers articles de presse sans aucune réflexion explicative sur le choix de ce mot.
On peut pareillement se demander pourquoi, alors que la rétention est une mesure uniquement administrative, les centres sont de rétention administrative. Ce serait comme nommer une prison un centre de détention judiciaire...
Écrit par : Moktarama | mercredi, 25 juin 2008
Aha ! Ce mot m'a effectivement mise mal à l'aise quand je l'ai entendu ces derniers jours à propos de l'incendie.
Écrit par : lamkyre | mercredi, 25 juin 2008
Je reviens justement de votre blogue que j'ai lu par hasard un peu après, Moktarama, et je donne l'adresse permanente car les deux points de vue se complètent :
http://moktaramablog.over-blog.com/article-20709422-6.html#anchorComment
Le mot me titillait, moi aussi, sans que je perçoive trop un angle original. Juste une sorte de malaise.
Écrit par : Dominique | mercredi, 25 juin 2008
Incisif ?
Quel charabia plutôt, cette citation de Fontenelle, quel charabia ! Surprenant.
Écrit par : blabla | vendredi, 27 juin 2008
Comme Blabla, je trouve la citation de Fontenelle bien alambiquée. Je suis pourtant d'accord avec lui sur le fond (quand on y arrive, au bout des alambics !).
Écrit par : Alice M | vendredi, 27 juin 2008
Fontenelle a un style particulier, immédiatement reconnaissable et souvent imité dans les blogues mal-pensants. On reconnaît tout de suite ses procédés - qui sont peu nombreux. Les incidentes, les gimmicks, les circonvolutions de la phrase, les épithètes inévitables, les onomatopées, les fausses précautions d'usage... On peut avoir donc deux lectures : si l'on est habitué à son style, on décode tout de suite et on se dit que c'est du bon Fontenelle, bien caustique ; si on le découvre, on se dit qu'il se regarde écrire en se demandant : "l'ai-je bien descendu ?"
"Je vois trop la plume et la main qui la tient." (Valéry)
Écrit par : Dominique | vendredi, 27 juin 2008
Mouais... sauf que je me demande comment on peut être "habitué" à cette manière d'écrire. Elle me tombe un peu trop des yeux pour que j'aie le temps de m'y habituer.
Écrit par : Alice M | vendredi, 27 juin 2008
Sur le plan de la langue française qu'est-ce donc qu'un gimmick ?
Écrit par : michèle | samedi, 28 juin 2008
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