lundi, 16 juin 2008

L'Académie française joue au Conseil constitutionnel

Quand j'ai lu ça :

L'Académie française demande le retrait d'un texte, adopté par l'Assemblée nationale, qui inscrit la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, et porte, selon les académiciens, "atteinte à l'identité nationale".

Je me suis dit que l'Académie qui s'est passablement couvert de ridicule ces dernières années (il n'y a guère que l'affaire Robbe-Grillet qui soit amusante dans la suite des accidents académique) aurait mieux fait de ne rien dire du tout, parce qu'elle achève de se discréditer. C'est un des corps consultatifs de l'Etat, elle est placée sous la protection du président, soit. Mais en quoi serait-elle compétente en matière législative ou plus encore constitutionnelle ? Comment une institution fondée sur la cooptotation serait-elle plus légitime que la représentation nationale ou le peuple souverain ? Il n'existe qu'un seul organe pour dire si ce texte est constitutionnel : la conseil constitutionnel où siège justement un ancien président de la République, académicien français, accordéoniste et fort talentueux romancier pornographique. Que l'Académie exprime ses réticences, sa réprobation, sa différence, je le comprends, c'est normal. Cela aurait pu se faire par un simple avis, comme à l'habitude. Qu'elle demande aux deux seules chambres élues et compétentes en matière constitutionnelle de légiférer en fonction d'une idée de l'identité nationale dont elle serait la seule dépositaire, cela me dépasse ! Cette noble assemblée n'a pas à donner d'ordres aux vrais pouvoirs élus. Comme il s'agit de toute manière d'une sorte de sommation rédigée de manière grotesque, il ne fait guère de doute que les députés et les sénateurs se feront un plaisir de ne pas aller dans le sens du Quai Conti, parce qu'ils sont soucieux de leur indépendance dans certains cas. Le résultat sera donc nul. En outre, cette petite mesurette va un peu plus cristalliser la défiance des indépendantistes de tout poil et de toute langue qui avaient accueilli la chose avec défiance. Ou bien, sentant que le projet de réforme de la constitution avait fort peu de chances d'aboutir en l'état, les académiciens se sont-ils senti pousser des ailes au point de se prendre pour une institution politique ? Mais il n'y a donc pas un seul homme politique dans ce cénacle pour dire que cette motion une sombre imbécillité juridiquement sans valeur ? Ah si ! il y a un ancien président...

Commentaires

J'ignorais que le petit roman de VGE ("Le passage", si je ne me trompe pas, livre que je n'ai pas lu) fût pornographique ! :)

Écrit par : CulturePo | lundi, 16 juin 2008

CulturePo : "J'ignorais que le petit roman de VGE (...) fût pornographique !"

On en avait parlé ici :
http://champignac.hautetfort.com/archive/2007/06/13/bretellement-tendance.html

Écrit par : Ponte Facto | lundi, 16 juin 2008

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