Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 07 juin 2008

Autour de Mai-68 et de la littérature engagée

Voici, à présent, un texte d'une poétesse incontestablement de gauche, vu ses fréquentations, j'ai nommé : Dalida ! Difficile de trouver une personne plus révolutionnaire en littérature. Ce texte, particulièrement complexe, ne peut se comprendre que par rapport au passé de militante maoïste de l'égérie de la butte Montmartre. Ecrit et chanté en 68, il illustre le revirement idéologique qu'elle opère en se séparant de ses amis qui s'étaient convertis à la révolution permanente.

 

Dans une taverne du vieux Londres
Où se retrouvaient des étrangers
 
 Lis la Chanson du mal aimé de Guillaume Apollinaire et non de Claude François, puis explique comment ce cadre justifie ensuite "les jours de brume". Fais un parallèle entre les deux textes poétiques en te servant de la destinée tragique des deux poètes. 
 
Nos voix criblées de joie montaient de l'ombre
Et nous écoutions nos coeurs chanter
 
Pourquoi la joie criblerait-elle des coeurs ? Qu'est-ce que cela suggère comme type d'action ? Examine s'il y a un rapport avec les engagements politiques de Dalida. Pourquoi montent-elles de l'ombre ? Fais un parallèle avec le Chant des partisans. 


C'était le temps des fleurs
On ignorait la peur
 
 L'allusion aux Cent-Mille Fleurs maoïstes est évidente. Mais il faut annoncer ici que Dalida a décidé de renoncer à cette idéologie et qu'elle s'est convertie à l"économie mixte en adhérant au Parti socialiste.
 
Les lendemains avaient un goût de miel
Ton bras prenait mon bras
Ta voix suivait ma voix
On était jeunes et l'on croyait au ciel
La, la, la...
{ On étaient jeunes et l'on croyait au ciel }

Le texte prend un tour un peu trop autobiographique, puisqu'il est évident que le destinataire de ce message n'est autre que François Mitterrand ! Mais en renonçant à ses illusions maoïstes, Dalida veut encore croire qu'elle gouverne sa vie et celle de l'être qu'elle aime.

Et puis sont venus les jours de brume
Avec des bruits étranges et des pleurs
Combien j'ai passé de nuits sans lune
A chercher la taverne dans mon coeur
 
La mention de la taverne est à rapprocher de l'histoire de Lili Marleen qui ne fut pas un hit durant la Première Guerre, contrairement à ce que l'on croit. Quels mots du texte poétique peuvent évoquer cette autre chanson ?

Tout comme au temps des fleurs
Où l'on vivait sans peur
Où chaque jour avait un goût de miel
Ton bras prenait mon bras

Ta voix suivait ma voix
 
Observez le système des reprises anaphoriques dans ce passage.

Je m'imaginais chassant la brume
Je croyais pouvoir remonter le temps
Et je m'inventais des clairs de lune
Où tout deux nous chantions comme avant
 
Expliquez comment la narratrice peut s'inventer un passé imaginaire (comme avant) alors qu'elle dit explicitement qu'elle s'imaginait ou qu'elle croyait à quelque chose d'antérieur (comme avant). Comment cette contradiction temporelle peut-elle être résolue à votre avis ?

Et ce soir je suis devant la porte
De la taverne où tu ne viendras plus
Et la chanson que la nuit m'apporte
Mon coeur déjà ne le reconnaît plus
 
Pourquoi le présent apparaît-il soudain dans ce texte qui n'était écrit qu'à l'imparfait pour tous les instants ?

 

Écrire un commentaire