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jeudi, 08 mai 2008
Le Post, ou le calibrage des commentaires
Continuons à taper sur Le Post. Il nous a rapporté de l'audience éphémère, beaucoup de liens, plus d'Authority dans Technoratage, donc il n'y a pas de raisons d'arrêter. Ce sera moins polémique et virulent cette fois, mais avec toujours autant d'interrogations sur cet objet étrange.
Je trouvais déjà le système d'organisation des commentaires passablement confus (pour rester poli) : ordre antéchronologique comme dans les plus mauvais systèmes de forums de journaux tel celui de Libé, absence d'indentation des réponses sauf une seule pour un commentaire, système de pages multiples de réponses à ouvrir (sans doute pour augmenter le nombre de pages vues comme chez Skyblog ou Over-Blog). Cela ne favorise pas du tout la discussion, l'échange. Il ne peut pas y avoir de dialogue suivi avec un tel système pourrave. Chacun publie sa réaction, peut suivre les réactions à ses réactions ou ses billets, ce qui est vraiment très bien et Web 2.0,, mais en même temps cette architecture de commentaires conditionne la nature des réponses. La réponse la plus récente chasse l'ancienne et c'est le dernier qui a parlé qui a raison puisqu'il est en haut de page. Cela aboutit moins à des longs fils polémiques avec des republications des mêmes commentaires tous les quarts d'heure, contrairement à des blogues catastrophiques tel celui d'Aphatie, mais c'est parce qu'une actu plus chaude remplace l'autre et que le commentateur-zappeur-client de pub va voir ailleurs après avoir déposé son message définitif à l'adresse de la planète. On est dans l'écriture jetable.
Cependant, j'ai découvert un autre fait qui m'a troublé : en écrivant une longue réponse (je suis parfois disert, j'aime parfois les digressions comme ici), en écrivant donc cette réaction argumentée, j'ai buté à un moment. Mon pointeur m'a ramené au début du texte. J'essaye de finir une nouvelle fois ma phrase, de nouveau il y avait un obstacle. Je copicolle le tout dans Open Office afin d'avoir les statistiques du texte : moins de 400 mots, mais surtout 2 000 caractères ! La limite était donc là. Pourtant, mon texte était presque fini, il manquait juste la phrase de conclusion. Le commentaire est préformaté pour ne pas dépasser les 2 000 caractères, sinon les autres lecteurs pourraient se lasser ! Une page dactylographié à interligne double, pas plus ! Or, il y a des fois où l'on doit développer, citer des textes un peu longs, écrire en prenant le temps, mais ce n'est pas ce qui est demandé : vous êtes soumis aux mêmes restrictions qu'un vulgaire rédacteur de SMS ! Il faut faire court, parce que ce qui est long est ennuyeux et est zappé ! Cela n'incite guère à la réflexion ou à l'approfondissement des sujets. Et c'est ainsi que les commentateurs se retrouvent dans les conditions des journalistes de la presse traditionnelle qui doivent confectionner un sujet en tant de secondes ou de signes. Alors que l'on prétend que la Toile est un espace sans aucune limitation pour la durée ou la longueur !
Je ne veux pas dire qu'il faut commenter longuement de manière obligatoire, une ligne ou un mot suffisent parfois, mais la longueur peut être aussi nécessaire pour être précis ou pour se faire plaisir. En tout cas, cela me semble intéressant au sujet du conditionnement des commentaires. C'est une singularité de plus de ce média, vraiment bizarre.
01:01 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : le post, blog, web, internet, langue française




Commentaires
Ordre antéchronologique ou antichronologique ?
Ecrit par : anti | jeudi, 08 mai 2008
Intéressante hypothèse que celle du dernier qui a commenté qui a raison.
Mais c'est vrai que la présentation des commentaires sur LePost est calamiteuse.
La limite à 2000 caractères (espaces compris, bravo d'avoir compté ;0) est à l'image de l'idée que les marketeux se sont fait (se font) de leur cible utilisateurs. "Faut faire court, coco!"
Arf !
Zgur
Ecrit par : Zgur | jeudi, 08 mai 2008
Dominique, si vous voulez dépasser la longueur d'un feuillet (1500 signes) peut être vaut-il mieux écrire un billet et faire un lien sur celui-ci en commentaire.
Ecrit par : rimbus | jeudi, 08 mai 2008
Rimbus : Dominique pourrait certes faire cela, mais vous sous-entendez alors que tout commentateur doit tenir un blog ? Les non-blogueurs que font-ils ?
Ecrit par : armel | jeudi, 08 mai 2008
'Continuons à taper sur Le Post. Il nous a rapporté de l'audience'
Pauvre Champignacien qui n'existe qu'en tapant sur ce qu'il déteste !
Il faudrait écrire un papier sur ces blogs, qui ne parviennent à un semblant d'existence, qu'en enchaînant les polémiques artificielles, retombant dans l'oubli ensuite.
"Taper", ou le degré zéro de l'art d'écrire.
Ecrit par : Paul | vendredi, 09 mai 2008
Paul, le courageux anonyme se faisant anonymiser prétendument depuis son lieu de travail (c'est très bien de travailler moins pour gagner plus), vous devenez pathétique : vous avez dressé votre portrait et vous avez montré que vous n'avez pas lu la plupart de mes 4256 billets (ou des 18 559 commentaires qui ont suivi, en ne tenant pas compte des messages de pourrielleurs ou de trolleurs comme vous annulés). Vous pourrez compter les polémiques venues de ma part, il n'y en a pas énormément et je vous souhaite du courage pour les trouver. J'ai dit que mon blogue était revenu à son niveau ordinaire de fréquentation et que cela me paraissait un peu plus vivable ainsi, mais j'oubliais que vous étiez encore là comme un parasite. J'écris à présent pour les gens qui m'apprécient et qui peuvent comprendre mes clins d'œil, pas pour les saloperies qui sont venues s'accrocher à ma carcasse.
Ecrit par : Dominique | vendredi, 09 mai 2008
"ordre antéchronologique comme dans les plus mauvais systèmes de forums de journaux tel celui de Libé"
je plussoie, c'est absolument horripilant !
ceci dit, c'est peut-être dû à la plateforme de blog utilisée ? car ils ne sont pas les seuls...
(mauvaise plateforme, changer de plateforme)
Ecrit par : Médard | samedi, 10 mai 2008
"Il faut faire court, parce que ce qui est long est ennuyeux et est zappé !"
OK, mais que dire des blogs squattés par des commentateurs prolixes ?
Ecrit par : Médard | samedi, 10 mai 2008
Médard : OK, mais que dire des blogs squattés par des commentateurs prolixes ?
Je peux comprendre la limitation du nombre de caractères, parce qu'il y a parfois (souvent) des abus : par exemple, lorsque quelqu'un copicolle un texte venu d'un journal ou d'un site sans souci pour la propriété intellectuelle, ou bien fait de l'inondation (flooding) avec des textes sans aucun rapport avec le sujet mais envoyés en grande quantité, ou encore lorsque l'on a affaire à des gens qui en viennent à parler de leur vie personnelle en prenant l'espace des autres comme le leur (le blogue d'Assouline est exemplaire à ce sujet). Les forums Usenet ont été souvent victimes de ce genre d'abus. La limitation de la taille du texte ne règle qu'un aspect du problème, le plus visible, pas le plus dérangeant.
Ecrit par : Dominique | samedi, 10 mai 2008
En cas de multiplication de gros placards de texte copicollés, la solution est très simple : des gens derrière l'écran pour faire de la modération. Avertir les casse-pieds, bannir les récidivistes, effacer les textes repiqués ailleurs, rappeler les bonnes pratiques (poster l'adresse de l'article et non l'article lui-même, etc.), maintenir une FAQ... Mais tout cela, bien sûr, implique du travail, et donc des frais pour employer les modérateurs. On n'a rien sans rien.
Ecrit par : Irène | samedi, 10 mai 2008
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