samedi, 26 avril 2008

La voix et l'écriture

Un fait m'a particulièrement amusé dans le volume absolument confus du Sanctuaire du Gondwana, le dernier Blake et Mortimer par Juillard et Sente. Je vais faire un spoiler : à la fin des Sarcophages du 6e continent, Mortimer a pris le corps d'Olrik et inversement. Mortimer (sous l'apparence d'Olrik) a réussi auparavant à prouver au capitaine Blake son identité réelle en se servant de l'aspect de son écriture et il se sert de nouveau de ce fait en l'expliquant à ses amis planche 40 :

-Si un cerveau entre dans un corps étranger, ce dernier conserve ses capacités purement physiques. La voix, par exemple, produite par sa gorge et ses cordes vocales. En revanche, c'est mon cerveau qui guide cette main lorsque j'écris. De ce fait... je vous offre, colonel Olrik de reproduire l'écriture et la signature qui sont les miennes et que Nastasia a souvent lues au CSIR. Celles du seul et unique professeur Philip Angus Mortimer.

Le même test se reproduit une fois que Mortimer a regagné son vrai corps, planche 54.

On est dans la science-fiction certes. On est aussi dans une fiction fort conventionnelle et reprenant des clichés, aussi. Mais quand même... Une telle preuve échappe à tout réalisme. On n'est pas loin du grand-guignol.

D'abord, la voix ne dépend pas seulement des cordes vocales, mais aussi et surtout d'un très grand nombre de paramètres qui sont autant physiques que mentaux : la posture générale du corps et d'abord la manière de placer ses pieds, ses mains, son ventre, son port de tête. On pose sa voix et même si chacun ne se comporte pas comme un orateur ou un chanteur d'opéra, il y a néanmoins des automatismes corporels qui font que telle voix ne peut exister qu'avec telle attitude, telle démarche. Je ne crois pas que le chanteur qu'était E. P. Jacobs aurait laissé passer une telle balourdise. Puis, il y a des questions de rythmes, liés aux situations vécues ou tout simplement à la déglutition, laquelle n'est pas commandée exactement par le corps : quelqu'un qui a eu un accident cardiaque aura du mal à retrouver le rythme et l'intonation qui furent les siens. Ensuite, il y a le problème de la masse corporelle et surtout de la force des membres (mais j'y reviens dans le paragraphe suivant). Enfin, il est peu vraisemblable qu'Olrik ait un accent d'Oxford avec un substrat écossais comme Mortimer, surtout dans une langue comme l'anglais qui comprend d'infinies distinctions d'accents et qui a de si subtiles nuances de voyelles.

Passons à l'écriture proprement dite qui serait dictée seulement par le cerveau. C'est bien entendu faux. Il suffit qu'il fasse un peu froid, que l'on soit mal installé, que l'on soit fatigué ou malade pour que l'écriture change. Et on l'adapte aussi aux interlocuteurs, aux circonstances. Puis il y a surtout le fait d'être dans un autre corps. Ce n'est pas par hasard que l'écriture des adolescents change, c'est aussi leur corps qui mue, comme leur voix. Le simple fait de tenir un stylo pose déjà des problèmes : où le placer, à quel endroit des phalanges, quelle inclinaison lui offrir (étant entendu que les mains sont différentes), quelle force donner à la pointe avec d'autres doigts de taille différente et aux muscles différents, comment placer son bras ? Autant dire que l'écriture authentique comme traduction de l'âme pure n'existe pas :  elle est ce que nous faisons d'un outil donné à un moment donné dans un corps donné, mais elle n'existe pas in abstracto. Elle n'est pas plus vraie que peut être vraie la voix, toutes les deux sont des constructions à la fois mentales et physiques, dans lesquelles on peut retrouver des thèmes dominants, voire une forme de rythme ou de tonalité, mais sans prendre l'une comme  plus authentique.

        

Commentaires

L'écriture change aussi beaucoup selon le... stylo ! on n'a pas la même écriture quand on écrit à la plume, au bic, au feutre, au crayon gris. La mine du stylo varie, mais aussi sa forme et son poids. Ce qui influe sur l'écriture.

Écrit par : Alice M | samedi, 26 avril 2008

Mais peut-être que les deux écriture et voix ne peuvent pas être authentiques dans la mesure où l'âme pure elle-même est une abstraction qui n'existe pas. Ou en tout cas n'a pas à être dévoilée ; d'où les multiples déguisements qui s'imposent, le corps, l'allure, la voix et l'écriture. Qu'en est-il de l'être, et de son insoutenable légèreté ?

Écrit par : michèle | samedi, 26 avril 2008

michèle : oui, ce mot "authentique" me donne des boutons ! ça ne veut rien dire ! dès que l'enfant s'aperçoit de l'impact de sa voix sur les autres, dès qu'il voit que son petit frère ou petite soeur a toute l'attention de ses parents quand elle pleure, le grand frère prend une voix de bébé pour bénéficier de cette même attention. Tout cela commence très tôt. Est-ce à dire que le grand frère n'est pas "authentique" quand il prend une voix de bébé ? c'est sa voix, c'est sa manière de réagir dans cette situation-là.
Même réflexion sur "l'âme pure", une belle galéjade.

Écrit par : Alice M | dimanche, 27 avril 2008

>Alice M ce qui m'a intéressé dans ce billet c'est le jeu : si je change de corps, de voix, d'écriture, suis-je encore moi-même ? Or qui nous dit que les choses sont ou ne sont pas intimement reliées ? Parfois on se sent extrêmement belle sans être belle IRL. Quid de la réalité, la beauté intérieure ou la beauté physique ? Et puis tout change, la voix le corps et aussi l'écriture, une mutation vers plus d'"authenticité " ou vers plus de barrières pour protéger l'âme "pure", sacrée galéjade, suis d'accord avec vous. Et nos parts d'ombre on les met où ?

Écrit par : michèle | dimanche, 27 avril 2008

Je relis le billet de Dominique qui au fond ne dit pas autre chose que nous. Ma question serait : y a-t-il un âge où cela se fige par exemple l'écriture qui serait alors immuable ?

Écrit par : michèle | dimanche, 27 avril 2008

En y repensant, j'ai laissé échapper un détail essentiel : Olrik (dans le corps de Montimer) est blessé par balle au poignet droit, planche 51. Lorsque Mortimer a enfin rejoint son propre corps à la planche 54, soit une demi-heure plus tard, Blake lui demande de montrer un exemple de son écriture, Mortimer (qui porte un bandage) s'exécute sans faillir : sa main ne tremble pas et il n'a aucune difficulté à la bouger !

Écrit par : Dominique | dimanche, 27 avril 2008

michèle : "y a-t-il un âge où cela se fige par exemple l'écriture qui serait alors immuable ?"

non, non, rien n'est immuable.

Dominique : l'air de rien, cette BD pose de vraies questions d'éthique à la science ! avoir le coeur, le foie ou le rien d'un autre, soit, mais la *main* ? ou toute autre partie du corps ? ça doit faire un sacré choc psychologique (à soi-même et aux autres) et dans ce cas-là, on se trouve bien devant une nouvelle donne : nouveau bras, nouvelles sensations, nouvelles réactions, nouvel esprit, nouvelles relations aux autres, nouvelle... personne !

Écrit par : Alice M | dimanche, 27 avril 2008

Ah ! mais c'est le thème des Mains d'Orlac, de mon concitoyen Maurice Renard.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mains_d'Orlac

Écrit par : Dominique | dimanche, 27 avril 2008

Dur psychologiquement, sûrement !

http://web.reseau-chu.org/articleview.do?id=698&mode=2

"Evoquant d'abord celles-ci comme « les mains », il a fallu un long travail à Denis Chatelier pour les apprivoiser et les évoquer aujourd'hui comme « ses mains »."


Mais le corps s'adapte.

http://www.cnrs.fr/cw/fr/pres/compress/ReorgCerebrale.htm

Écrit par : lamkyre | dimanche, 27 avril 2008

Dominique : Les mains d'Orlac ? ça me semble intéressant (d'après ce que j'ai lu sur Wiki), mais peut-être un peu outré, non ? du pianiste à l'assassin, Renart ne met pas la pédale douce.

Lamkyre : ce lien sur la réorganisation cérébrale est passionnant : il ouvre des abîmes !

Écrit par : Alice M | dimanche, 27 avril 2008

>Alice M. Ce sujet me titille ; et votre rien au lieu de rein en surajoute une couche. Le marseillais qui le premier a bénéficié d'une greffe du coeur, c'était encore lui ou plus lui ? Les mains me semblent encore plus prégnantes que la voix et l'écriture tant elles révèlent notre mode de vie, le travail de la terre, l'effleurement d'un piano.
Vous dites non, non, rien d'immuable : je ne sais si oui ou si non. Pourquoi alors tant étudier les écritures (et les brouillons d'écrivains) guettant ce qui n'est pas dit mais ce que l'on pourrait détecter ?
Dominique z'auriez pas un endroit sur la toile(un lien) où on pourrait aller voir cette BD là ?
Moi je crois (cumulant mon côté" fadade" et gnan-gnan)que si j'avais le cœur d'un autre dans ma poitrine, je lui parlerais au mec en question, " t'es d'accord pour qu'on fasse ça tous les deux ?"Bonjour la schizophrénie...

Écrit par : michèle | dimanche, 27 avril 2008

michèle : les scientifiques cherchent les "invariants", et un ami matheux m'affirme qu'ils existent aussi chez l'homme : moi je crois que ça nous rassure de le croire, mais qu'au fond les invariants sont des arlésiennes. Mais lisons plutôt Gracq :

http://pagesperso-orange.fr/calounet/extraits/enlisant_gracq.htm

(à partir de "médiocre valeur du coup d'oeil rétrospectif que l'écrivain jette sur ses livres")

Écrit par : Alice M | dimanche, 27 avril 2008

>Alice M bof les invariants ; effectivement on peut en rêver mais cela est hautement improbable, avec des repères indéfinissables. Par contre le lien vers Gracq était fort intéressant et du coup j'ai tout lu. Le lecteur rechercherait des repères, ce qu'il nomme les constantes alors que lui guette avidement ce qui note l'évolution. Comme si l'un attendait une statufication alors que l'autre recherche le mouvement. Et au delà de l'authenticité c'est de pérennité qu'il s'agit : le lecteur voudrait mettre son auteur dans un moule et celui-ci se veut en mutation, mais c'est le point de vue de Gracq. Merci Alice.

Écrit par : michèle | dimanche, 27 avril 2008

Dominique : "Olrik (dans le corps de Montimer) est blessé par balle au poignet droit, planche 51."

Attention, il n'est blessé que "façon Lucky Luke" : la balle lui fait sauter le flingue de la main sans effusion de sang. Dans la case suivante, le faux Mortimer se caresse alors la main, incrédule, et on n'en parle plus... Ce genre de "blessure" ne dure généralement qu'une case.

Il y a d'autres aspects qui ne collent pas. Blake et Mortimer vivant ensemble, le faux Mortimer ne peut faire le poids dans l'intimité, même avec ses petits troubles de mémoire. Certes, ils se sont peu vus depuis la mise en place du subterfuge, mais quand même...

Moi j'ai surtout été frappé par ce curieux besoin de faire du Blake et Mortimer ; alors le scénariste cherche d'abord comment se justifier par des allusions aux "vrais" Blake et Mortimer d'E.P. Jacobs, puis ensuite de ficeler tout cela dans une histoire. On a un peu le sentiment que la finalité première est de mettre à profit le talent (idéniable) du dessinateur et la popularité de B&M dans notre génération. L'histoire passe malheureusement après.
À la fin de l'épisode, la prochaine réincarnation d'Olrik me semble un peu téléphonée, mais je peux me tromper... Mais si je ne me trompe pas, on est là aussi bien loin de Jacobs.

Écrit par : Ponte Facto | lundi, 28 avril 2008

«On pose sa voix et même si chacun ne se comporte pas comme un orateur ou un chanteur d'opéra, il y a néanmoins des automatismes corporels qui font que telle voix ne peut exister qu'avec telle attitude, telle démarche».
C'est assez bien observé. En fait, la posture est un élément clé de la dynamique de projection vocale.
J'aime bien ce que disait François Le Huche au sujet de l'expression «poser sa voix». Il précisait que «bien poser sa voix» ne correspond à aucune réalité physiologique, sauf à la «déposer» le mieux possible dans l'oreille de son interlocuteur. Pour le reste, je ne vais pas faire un cours... ici.

Écrit par : Olivier | lundi, 28 avril 2008

Je vais faire ce que je n'aime pas, des réponses en vrac...

Alice : Les mains d'Orlac ? ça me semble intéressant (d'après ce que j'ai lu sur Wiki), mais peut-être un peu outré, non ? du pianiste à l'assassin, Renard ne met pas la pédale douce.

Le roman de Renard est plus dans le doute que les films (j'en ai vu deux) qui en ont été tirés ou que les résumés. Bien sûr, l'argument de départ est hénaurme, mais Renard a su s'écarter des calembredaines (voulues !) d'un Gaston Leroux avec un thème similaire des mains greffées (pensez à Fatalitas !) Il veut faire du fantastique, il reprend des choses anciennes, mais il va plus piano, si je puis me le permettre. Disons que s'il avait été anglais, il aurait bénéficié d'une plus grande publicité.

Michèle sans cap : Dominique z'auriez pas un endroit sur la toile(un lien) où on pourrait aller voir cette BD là ?

J'en ai un où on peut voir quelques inédits.
http://blake-jacobs-et-mortimer.over-blog.com/categorie-10290131.html
On peut y trouver aussi des liens vers la maison Dargaud qui propose quelques pages pour appâter le lecteur. Les passages que je cite ne sont pas visibles en ligne.

Ponte Facto : Attention, il n'est blessé que "façon Lucky Luke" : la balle lui fait sauter le flingue de la main sans effusion de sang. Dans la case suivante, le faux Mortimer se caresse alors la main, incrédule, et on n'en parle plus...

Cela s'était déjà produit à la planche 46. Mais alors il n'y avait pas eu besoin de pansement (Mortimer, en fait Olrik, se masse juste la main). Je suppose que la deuxième blessure est plus sérieuse, puisque l'on a ce bandage au niveau du poignet, ce qui devrait gravement handicaper).

Ponte Facto : Moi j'ai surtout été frappé par ce curieux besoin de faire du Blake et Mortimer ; alors le scénariste cherche d'abord comment se justifier par des allusions aux "vrais" Blake et Mortimer d'E.P. Jacobs, puis ensuite de ficeler tout cela dans une histoire.

Oui, Labrousse (SOS Météores). Mrs Benson (la Marque jaune), Nasir (rôle totalement irréaliste d'agent du gouvernement indien alors qu'il était encore serviteur lors de la Marque jaune), rappel d'une civilisation antérieure et de signes mystérieux comme dans l'Enigme de l'Atlantide, plus les références internes antérieures (Nastasia, lord Archibald) ou externes (Honeychurch, venu de l'univers Van Hamme via l'Affaire Francis Blake qui m'a semblé aussi composite). On a affaire à une série de rappels d'autres lectures, et puis aussi l'anticipation d'autres choses comme la présence de la fille de Mortimer et Sarah Summertown à la planche 13. Bref, un travail qui consiste à placer et fabriquer des personnages dans une sorte de soap-opera plutôt qu'à construire une histoire cohérente ou à inventer au jour le jour. Le feuilleton s'est déplacé de la page à l'album, mais le plaisir est perdu.

Olivier : l'expression «poser sa voix». Il précisait que «bien poser sa voix» ne correspond à aucune réalité physiologique, sauf à la «déposer» le mieux possible dans l'oreille de son interlocuteur. Pour le reste, je ne vais pas faire un cours... ici.

Je ne vais pas me comparer à Ruggiero Raimondi. Mais je sais que si je suis mal à l'aise dans mes chaussures trop étroites, ou dans mon pantalon trop serré ou que j'ai un zona ou un acouphène (je parle de choses que j'ai observées), j'aurai un peu plus de difficultés en classe et que j'aurai plus de mal à convaincre ou à faire parler un texte. On produit ce que notre corps peut faire à un moment donné, et je peux avoir les idées ou les intentions les plus géniales, elles ne résistent pas à un rhume ou une rage de dents ou un sommeil agité qui conditionnent alors nos postures et donc notre voix.

Écrit par : Dominique | lundi, 28 avril 2008

Dans ces cas-là, il faut signer "La Mer..."

Écrit par : Ponte Facto | lundi, 28 avril 2008

DD : "Cela s'était déjà produit à la planche 46."

J'ai rouvert l'album : c'est effectivement à la blessure de la planche 46 que je faisais allusion. En effet le vrai Mortimer porte un bandage à la main droite lorsqu'il écrit, à la planche 54, suite probablement au tir de la planche 51. Le détail m'avait échappé (j'étais sans doute trop occupé à me trouver déçu).

Écrit par : Ponte Facto | lundi, 28 avril 2008

Déçu, vous n'étiez pas le seul. Je pense le pire de Van Hamme et de toutes ses vanhammeries et ce n'est même plus de la vanhammerie, là ce n'est pas pardonnable : même un type aussi roublard que Charlier ou Greg ou Van Hamme (que je ne porte pas dans mon cœur) n'aurait jamais osé la même scène avec le même effet à cinq pages de distance ! C'est prendre les lecteurs pour des idiots. Et je ne vois pas comment cela pourra captiver les enfants (quand j'ai découvert B&M dans Tintin avec "l'Affaire du collier", j'ai jugé cela chiant et pas à lire comme Michel Vaillant, Dan Cooper, Jari, Marc Franval, le Chevalier blanc...) Voilà ce qui arrive quand on confie des scénarios à des gens issus d'écoles de commerce ! Je vais tenter d'écrire un texte pour dire tout le bien que je pense d'Emile Bravo et de son Spirou - si je trouve un angle original pour avoir quelque chose à dire de non dit.

Écrit par : Dominique | lundi, 28 avril 2008

D:

Je ne vais pas me comparer à Ruggiero Raimondi. Mais je sais que si je suis mal à l'aise dans mes chaussures trop étroites, ou dans mon pantalon trop serré ou que j'ai un zona ou un acouphène (je parle de choses que j'ai observées), j'aurai un peu plus de difficultés en classe et que j'aurai plus de mal à convaincre ou à faire parler un texte.

Pareil pour un élève qui a des vêtements d'été en hiver ou qui n'a pas mangé depuis un jour, ou dont les parents se sont disputés chez lui.

Écrit par : Michèle | mardi, 29 avril 2008

"ou un sommeil agité qui conditionne .......et donc notre voix."

Ecrit par : Dominique | lundi, 28 avril 2008

Parce qu'en plus, vous parlez la nuit ?

Écrit par : michèle | mardi, 29 avril 2008

«Je ne vais pas me comparer à Ruggiero Raimondi. Mais je sais que si je suis mal à l'aise dans mes chaussures trop étroites, ou dans mon pantalon trop serré ou que j'ai un zona ou un acouphène (je parle de choses que j'ai observées), j'aurai un peu plus de difficultés en classe et que j'aurai plus de mal à convaincre ou à faire parler un texte. On produit ce que notre corps peut faire à un moment donné, et je peux avoir les idées ou les intentions les plus géniales, elles ne résistent pas à un rhume ou une rage de dents ou un sommeil agité qui conditionnent alors nos postures et donc notre voix».

Tout cela est exact fort bien pensé.
Ce qui me fait reprendre toutefois la remarque que j'avais faite précédemment au sujet de l'utilisation un peu vague et inopportune de l'expression «pose de la voix». En effet, la voix est la résultante dynamique d'une action de projection de souffle conjuguée à une vibration laryngée, dont les caractéristiques propres sont la durée, l'intensité, la hauteur, le rythme et le timbre.

Une balle qui reste solidaire de la cartouche placée dans la culasse d'une carabine est dans un état de pose. La dynamique de projection l'enverra en direction de la cible. C'est le tir.
La carabine fermement maintenue et correctement épaulée sera un facteur déterminant de tir réussi.
Dans la même mesure, la posture adéquate, la verticalité, l'état de relâchement et de disponibilité à l'action (tout le contraire de l'agitation) permettra une projection vocale en adéquation avec le but recherché (le tir). A mon sens, c'est l'état de disponibilité, que tu décris très bien, qui devrait être entendu comme «pose de la voix», si bien assimilé les cours de F. Le Huche.

Écrit par : Olivier | mardi, 29 avril 2008

Précisions :
«Une balle qui reste solidaire de la cartouche placée dans la culasse d'une carabine est dans un état de pose» [il s'agit de son placement correct pour une disponibilité idéale].

Pour «si bien assimilé» : lire si j'ai bien assimilé...

Écrit par : Olivier | mardi, 29 avril 2008

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