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dimanche, 20 avril 2008
La vie intime et sentimentale du pamplemousse
Qu'est-ce qui est énervant dans un pamplemousse ? Tout !
D'abord, c'est un de ces fruits dont on ne sait jamais très bien s'ils sont à point ou pas encore vraiment consommables. Le tâter ne sert à rien, on ne sait jamais ce qu'il recèle et combien de temps on peut le garder. Fort heureusement, on a choisi pour vous les pamplemousses. Vient l'instant crucial de la coupe du pamplemousse en deux. Il faut bien savoir se repérer pour obtenir deux parts égales coupées exactement au milieu. Mais le pamplemousse est une sorte de marsupilami fruitier, il est capable de bondir si on a mal placé le couteau ou mal choisi le couteau. Dans tous les cas, une seule règle : maintenir le pamplemousse d'une main ferme afin qu'il ne saute pas à la figure de votre voisin. L'usage d'une fourchette solidement plantée est vivement recommandé, mais attention aux projections de jus à cette occasion.
Reste encore le pire. Que faire avec une moitié de pamplemousse ? Certains découpent délicatement le bord en évitant de prendre un peu trop d'écorce, d'autres laissent de la peau sur les bords. Des astucieux découpent d'abord en quartier le pamplemousse selon ses rayons supposés, mais ah ! ils ne peuvent pas découper le fond du pamplemousse parce qu'il faut aussi le détacher de son écorce. La troisième voie existe : on sort carrément toute la peau après avoir maintes et maintes fois retourné l'écorce par une foule d'opérations étranges. Et pendant ce temps, tout le monde a été bien aspergé de jus de pamplemousse ! Parce que ce diable ne se laisse pas avoir sans réagir. Il faudrait y aller à la hache, mais ce serait pire.
Admettons que l'on ait pu obtenir un demi-pamplemousse à peu près présentable pour être mangé, ce n'est pas fini ! Si on le prend à la cuiller, on risque fort de lancer encore des jets de jus pour chacun des petits quartiers que l'on voudrait faire. Si on continue au couteau, c'est plus pratique pour une coupe fine, mais cela devient difficile de le porter à sa bouche. Et puis après... il y a encore les reliquats sur l'écorce : comme si vous n'aviez mangé que le quart de votre pamplemousse, il y a des fibres qui vous montrent narquoisement que vous n'avez pratiquement rien mangé. Mais certains ne sont pas à prendre parce que c'est trop dur. Vous êtes tombé sur le mauvais pamplemousse comme on tombe sur le mauvais melon ou le mauvais avocat.
Contemplons enfin le spectacle final : une assiette complètement inondée, la nappe largement salie, quelques taches sur la chemise ou la serviette, pas grand-chose dans la bouche. L'impression d'un gâchis infini.
05:35 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, gastronomie, consommation, humour



Commentaires
Ah ! j'adore cette nouvelle veine sur les petits couacs du quotidien (lacets et pamplemousse) !
Le pamplemousse a un beau nom, long, ample, généreux, ce mot "pamplemousse" annonce déjà tous les délices, avec ces deux P qui pétillent de jus, la nasale qui dit la surprise et la joie d'un goût fruité "han ! mais que c'est bon !" et la finale en -ousse, si originale, qui fait penser immédiatement à la mousse, de champagne ou de chocolat (en tout cas à quelque chose de bon et délicat).
Pour le manger, il faut l'apprivoiser, le regarder d'abord, pour bien saisir sa forme avant de le couper. Oui, c'est sûr, le couper en deux parties égales n'est pas chose aisée ! ensuite, après la coupe, je conseille l'emploi d'une petite cuillère un peu pointue au bout, au métal assez fin (les cuillères rondes et épaisses à bout rond vous garantiront un arrosage fruité et le gâchis final dont parle le comte). Muni de cette petite cuillère futée, il suffit de découper la chair tendre et acidulée en suivant avec application les petites cloisons du fruit (le pointu et le coupant de la cuillère vous y aideront), et là : pâmoison ! déguster chaque petite bouchée ainsi prélevée.
Ecrit par : Alice M | dimanche, 20 avril 2008
D'accord avec Alice : il suffit de suivre (adroitement, cela va sans dire) avec la petite cuillère les parois internes pour détacher avec précision l'intérieur de chaque demi-quartier... variante pour gens pressés : décortiquer l'écorce du pamplemousse exactement comme on le ferait d'une orange, puis détacher chaque quartier à la manière d'icelle. Evidemment, c'est plus grossier. Mais moins inondant que ce que vous décrivez...
Ecrit par : Actustragicus | dimanche, 20 avril 2008
Le pamplemousse n'étant qu'une grosse orange un peu acide, c'est avec le plus grand sadisme que je vous imagine en train de déguster une pastèque ; cette sorte de gros melon aux graines perversement dissimulées.
Ecrit par : Pilou | dimanche, 20 avril 2008
Acide le pamplemousse ? Ce qui le caractérise, pour moi, c'est l'amertume. Quant aux difficultés de dégustation, je cède à la facilité et résous ça avec un presse-fruit.
Pilou, la pastèque se mange en plein air, le buste fortement penché en avant, les coudes prêts à l'envol, et si possible en présence de pigeons, très friands des graines émises au cours de l'opération.
Ecrit par : lamkyre | dimanche, 20 avril 2008
Règle première : ne pas le couper en deux.
Règle seconde : en faire un méli-mélo.
Par exemple, quelques feuilles de mâche sur lesquelles on disposerait des cubes d'avocat (mûr de préférence) de betterave (!!!) trois grosses crevettes roses et cinq quartiers de pamplemousse épluchés. Sel, poivre, huile d'olive.
Règle troisième : éplucher un pamplemousse. Utiliser ses mains et aucun couteau. Lorsque tous les quartiers sont épluchés puis séparés, les saisir délicatement un à un ; puis de la pointe de l'ongle et à partir d'une extrémité détacher la peau blanche qui recouvre la chair rose (ils sont plus doux). Avec une lenteur calculée, enlever la totalité de cette peau du premier quartier, et ensuite des autres. Ne jamais faire jaillir le jus de quelque manière que ce soit pour qu'il reste dans le fruit. Déguster en entrée ou en salé/sucré.
Ce jour-là, ne pas être énervé. Sinon opération ratée.
Ecrit par : michèle | dimanche, 20 avril 2008
J'avais loupé le titre : voilà ce que c'est d'être pressée. Donc le pamplemousse pleure ; l'associer alors au citron pour guérison ultra rapide. Tu seras un homme, mon fils.
Ecrit par : michèle | dimanche, 20 avril 2008
Bien sûr, s'arrêter à ce détail est un peu mesquin, surtout si l'on omet de souligner la qualité de l'écriture, la pertinence des observations et la bonne tenue générale du billet. On pourrait aussi oser un "sympa, ton blog, mais...", (mal?)heureusement, nous ne sommes pas chez cielblog. Il faudrait aussi recenser toutes les poutres que l'on a chez soi avant de relever cette paille-là, d'autant plus qu'on s'abstient prudemment de faire un blog soi-même. Pourtant...
Détâcher ? Vous etes sur ?
Ecrit par : Ignare | lundi, 21 avril 2008
>Ignare, un poil sur un œuf ? Ou bien jaloux ? Confondre une tache et une tâche signifie que le maître de céans passe son temps à travailler : australobibliothèque. Et qu'il voudrait bien lever le pied d'où le détâcher, comme dételer quoi.
Ecrit par : michèle | lundi, 21 avril 2008
ah ! ces trucs que les marchands s'obstinent à appeler "pomélos" ?
Ecrit par : Médard | mardi, 29 avril 2008
>Médard c'est du baragouin polyglotte :
la pomme est loss.
Perdue.
Ecrit par : michèle | mardi, 29 avril 2008
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