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dimanche, 20 avril 2008
Délivrez-moi de 68 !
Je suis un homme libre ! Je ne veux pas être condamné à revivre 68 en boucle comme le héros du Jour de la marmotte ! Je veux revenir en 2008, c'est mon époque à moi de maintenant ! 68, c'est juste mon enfance, avec les billes de verre, le Journal de Tintin ou Spirou ou Pilote, les images Panini de Saint-Etienne, les plumes Sergent-Major, les Shadocks, l'ami public numéro un, Henri Salvador chantant Disney, les instituteurs en blouse grise, les Majorettes dans des vitrines ornées de bois peint, les Jeux olympiques de Mexico dans le Journal de Mickey sans que je sache qu'il y avait eu des étudiants fusillés dans ce pays quelques mois plus tôt, la Bibliothèque rose et la collection Rouge et Or, le Bled, le calcul de centiares et de stères, la collection Nelson dans une vieille armoire, le conditionnel passé deuxième forme ou le complément circonstanciel de poids et de mesure, les lancements de fusées Apollo en direct à la télévision, des tractions avant et des DS, un monde où il y avait encore des drogueries avec des serpillières dégoulinant du plafond, des quincailleries aux plafonds immenses pour des placards abritant toutes sortes de clous auxquels on n'accédait que par des escaliers mobiles, et encore des tramways sur rail, des lampadaires à gaz ! Je ne veux pas revivre 68, je n'ai pas vécu 68 comme on le raconte et je ne laisserai personne dire que c'était le plus bel âge. C'est juste le monde où j'étais enfant, sans voix donc.
10:31 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : 68, soixante huit, politique, humour



Commentaires
Eh eh ! belle prétérition !
Ecrit par : Alice M | dimanche, 20 avril 2008
Un mien camarade qui fut étudiant dans ces années-là me confirmait l'autre jour que mai 68 fut tout de même largement plus parisien que national - dans sa dimension estudiantine et tapageuse ; pour les grèves, c'est autre chose.
Ecrit par : Ignare | lundi, 21 avril 2008
ouf je me sens mieux , j'ai entendu tellement de confessions de repentis de 68 que cela ne peut pas ne pas interesser un éditeur . la gogolisation gauchopop combien de victimes ? l'atelier musical précipitant la désindustrialisation , les ods , la prolifération de males surnuméraires venus de partout pour participer à la révolution sexuelle , après le décervelage Actuel restait il un temps de cerveau disponible ?
Ecrit par : processor blablamov | lundi, 21 avril 2008
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