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vendredi, 18 avril 2008

Ce difficile et douloureux problème : le lacet cassé

Toujours dans la série des rééditions.

Vous voulez sortir, vous enfilez vos chaussures, vous commencez à tirer les lacets et crac ! il y en a un qui casse. Que faire ? Vous êtes pressé, ce sont les seules chaussures propres, conformes au temps et coordonnées avec votre pantalon. Changer de pantalon ? Mais alors il faudrait aussi revoir toute la tenue, le pull, la chemise, les chaussettes. Non... Il vaut mieux chercher un autre lacet. Pas de chance. Il n'y en a aucun à la bonne taille, à la bonne épaisseur et de la couleur qui conviendrait. Il faut un marron carré de quarante centimètres et pas un petit beige rond de vingt centimètres. Bon... le lacet n'est pas aussi perdu que vous l'imaginiez : il lui manque bien un bout, mais cela ne se verra pas. Il suffit de ne pas l'enfiler dans un trou, le dernier du haut. Et puis avec le pli du pantalon, si ça se trouve personne ne verra rien. Oui, mais le gros problème du lacet cassé, c'est qu'il a perdu son embout ! il faut alors mouiller les fils pour les réunir, et puis bien les serrer entre ses doigts. L'opération est à haut risque, on peut désunir les fils si on force trop le lacet dans l'ouverture : c'est comme pour enfiler un fil dans une aiguille. La tentation serait grande alors de couper un bout pour que ce soit plus facile, puis encore un autre bout, puis de bout en bout il n'y aurait plus de lacet du tout ! Une autre solution, c'est de faire un nœud au milieu du lacet. Mais alors cela réduit le lacet et vous seriez comprimé dans votre chaussure. D'autant que l'on remarquerait votre nœud : « Tiens ! ton lacet est cassé ? » D'ailleurs, les nœuds sont traitres, ils se défont toujours au mauvais moment, et ce n'est pas évident de marcher avec une chaussure dénouée, même si c'est un sport pratiqué par les djeuns rappeurs (sauf quand ils courent avec les keufs aux fesses). Donc vous arrivez à sortir quand même avec votre chaussure mal lacée et vous faites très attention dans la rue à bien poser le pied afin que le lacet ne se dénoue à aucun moment de la journée. Cela contraint à une démarche un peu plus solennelle et digne, un peu comme si l'on entrait dans la peau d'Edouard Balladur se rendant à l'académie des Sciences morales et politiques. Il faudra faire attention à ne pas croiser ses jambes de la journée ou s'asseoir sur un bureau à l'improviste... On peut déjà s'imprégner d'un rôle important par de si petits détails.

Prochain épisode : que faire avec un lacet unique et comment retrouver une bonne paire de lacets.

Commentaires

J'aime bien :
- D'autant que l'on remarquerait votre nœud : « Tiens ! ton lacet est cassé ? »
Serait-il raisonnable de faire un dessin ?

Ecrit par : Olivier | vendredi, 18 avril 2008

Pour éviter de mouiller le lacet, un petit truc, mettre un tout petit morceau de scotch, car le lacet sèche mais le scotch reste en place.

Ecrit par : Michèle | vendredi, 18 avril 2008

À ce propos, on parle toujours des chaussures en croco, mais si on faisait les chaussures en lézard, les lacets repousseraient-ils lorsqu'on les casse ?

Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 18 avril 2008

Les chaussures en peau de caméléon seraient aussi intéressantes : elles seraient toujours coordonnées aux habits de la personne qui les porte. Cela ferait des économies ! Plus besoin de posséder 36 paires de couleurs différentes. Une idée à creuser pour lutter en faveur de la décroissance (mais pas du tout pour la biodiversité).

Ecrit par : Dominique | vendredi, 18 avril 2008

... le tout est de fabriquer correctement des souliers en caméléon vivant !

Ecrit par : Olivier | vendredi, 18 avril 2008

Hélas ! le cuir de caméléon est justement la plaie bien involontaire de l'industrie de la chaussure, les gens se contentant aujourd'hui d'une ou deux paires quand autrefois il vous en fallait trente au minimum ! Bally se restructure, tandis qu'à Romans on ne travaille plus que la peau de chagrin...

À cela s'ajoute le fait que les Chinois - encore eux - ne respectent ni l'interdiction d'abattre des plastiques en jeune âge, ni les quotas internationaux de chasse, et torpillent ainsi ce qu'il reste de l'industrie européenne de la chaussure avec des produits bas de gamme en pur plastique véritable.

Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 18 avril 2008

«et torpillent ainsi ce qu'il reste de l'industrie européenne de la chaussure avec des produits bas de gamme en pur plastique véritable».
En pur plastique véritable, oui, mais d'élevage, pas sauvage... Nuance !

Ecrit par : Olivier | vendredi, 18 avril 2008

Hi hi : ça sent le vécu, c'est bien décrit, c'est exactement ça !
Le mini stress du lacet cassé ! un mini stress qui dure toute la journée ensuite, malgré la démarche "solennelle et digne".

Ecrit par : Alice M | vendredi, 18 avril 2008

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