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vendredi, 11 avril 2008

Sarkolangue

Décidément, le style de notre admirable président inspire les blogueurs et suscite des livres sur... le langage. Après, les Mots de sarkozy par Jean Véronis et Louis-Jean Calvet, voici Sarkolangue de Christian Lehmann. Sans doute dans un registre un peu plus AJT... Les livres au sujet du magnifique président ont donc bien différents sous-genres, par exemple le sous-genre Cecilia assez inintéressant car dans le mode Harlequin. L'analyse rhétorique étant l'un d'entre eux, comme pour la LTI de Klemperer qui semble le modèle plus ou moins avoué de chacun de ces billets, articles, livres (j'ai commis certains textes à ce sujet moi aussi). Comme cette nouvelle ne suffisait pas, Daniel Schneidermann tombe aujourd'hui à bras raccourcis sur l'expression mon mari par celle qui se veut la première dame de France.  

Puisqu’il faut bien s’arrêter quelque part, arrêtons-nous sur ce délicieux «mon mari». On le sent bien, c’est un compromis, résultant de plusieurs impossibilités. Elle pourrait dire «le Président» : trop solennel. Elle pourrait dire «Nicolas» : trop familier. Ce sera donc «Monmari», appellation en apparence si neutre, si peu connotée, douce et suave comme le refrain d’une chanson sussurée.

Schneidermann n'est pas à l'origine des citations ironiques de "mon mari". Elles ont fleuri bien avant sur les blogues, les sites participatifs et les forums des journaux lorsque certains voulaient citer la chanteuse aphone sans la nommer. Le tic avait été bien perçu, notamment lors de l'article au sujet du SMS diabolique. Mais c'est la première fois qu'elle apparaît dans la presse écrite généraliste. Une recherche par Google ne permet pas de savoir si une nouvelle expression comme "monmari" liée est vraiment en expansion, car c'est à la fois des titres de blogues, des billets humoristiques sous forme de chaîne, un CD pour enfants, un livre, et je dois oublier bien des choses.   

Commentaires

Reprenant rapidement « Tigres et tigresses » de Christine Clerc, je vois beaucoup de « mon mari » chez Bernadette Chirac, rien chez Danielle Mitterand ni Anne-Aymone Giscard d'Estaing ou Claude Pompidou. C'était évidemment « il » pour Tante Yvonne.

Ecrit par : Stéphane De Becker | vendredi, 11 avril 2008

SDB : "C'était évidemment « il » pour Tante Yvonne."

Elle devait assurément mettre une capitale à Il...

Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 11 avril 2008

Il semble qu'il soit arrivé à Tatie Danielle d'employer "on" à ce propos. Par exemple, un peu avant l'élection de 1988, alors qu'on lui demandait si elle ferait la fête aec les militants en cas de réélection de tonton : "En 1981, on n'a pas voulu que j'aille à la Bastille..."

Commentaire du Canard : ""On" est un tyran domestique."

Ecrit par : Irène | vendredi, 11 avril 2008

=> Trouble que j’avais ─ fâcheuse précipitation─ appelé syndrome de Laeticia H. ; c’était oublier notre Championne toutes catégorie, l’intarissable Céline D. !

Ecrit par : MiniPhasme | vendredi, 11 avril 2008

Je préfère la formule suivie de Mady* ; à cause de l'allitération sans doute.
Et des conjectures qui en découlent
*http://mady-p2x.over-blog.com/
**http://www.africafete.com/rubrique.php3?id_rubrique=17&id_article=177

Ecrit par : michèle | vendredi, 11 avril 2008

En relisant un peu plus attentivement la partie que Christne Clerc consacre aux Mitterrand, j'ai dénombré quelques « François » et suis tombé sur cette rareté : « Mon mari, lui, je ne sais pas comment il fait : il a toujours tout lu. »

Ecrit par : Stéphane De Becker | samedi, 12 avril 2008

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