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jeudi, 10 avril 2008
Pas de champignac pour les Suisses !
La guerre du nom de Champignac continue avec l'irréductible Suisse, mais elle se traduit une nouvelle fois par une victoire judiciaire de la Champignacie sur les Vaudois :
Les juges ont estimé que cette mention évoquait l’appellation Champignac et permettait aux sociétés Cornu de détourner indûment à leur profit la notoriété attachée à cette appellation de renommée mondiale. En conséquence, le tribunal a prononcé «l’interdiction de tout usage du nom Champignac», que les biscuits soient fabriqués en France ou en Suisse, et a ordonné «la radiation du nom du domaine».
C'est qu'il y a beaucoup d'argent en jeu aussi avec les biscuits roses (entre autres) à base de champignac. En ce moment, le vignoble est en pleine ébullition du fait de l'extension de son aire et de l'arrivée de nouveaux produits dérivés qui sont baptisés traditionnels.
12:14 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, cuisine, vin, langue française, noms de marque, marketing



Commentaires
C'est curieux tout de même comme il y a deux poids, deux mesures. Un village suisse n'a pas le droit d'utiliser son appellation pour ses modestes produits, sous prétexte qu'une région française connue porte le même nom et en fait aussi usage.
Pour les mêmes tribunaux il semble cependant parfaitement normal que des fromagers français fabriquent et vendent leurs produits sous des appellations suisses - fromages qui n'ont pourtant rien à voir avec leurs homonymes helvètes.
Mais quand il y a des gros sous en jeu...
Ecrit par : Ponte Facto | jeudi, 10 avril 2008
Vous voulez parler de l'AOC gruyère français par exemple ? Mais il y a l'adjectif français derrière le nom suisse ! Ce n'est donc pas du vrai gruyère ! Et on peut le fabriquer avec trous !
Cela dit, la mobilisation semble générale dans le vignoble, vu le nombre de milliers d'euros au mètre carré et les investissements à venir avec les nouvelles terres, je serais Suisse et je me ferais tout petit, parce l'on est dans une montée en puissance de multinationales. LVMH Powah !
Ecrit par : Dominique | jeudi, 10 avril 2008
DD : "je serais Suisse et je me ferais tout petit"
Difficile de se faire plus petit...
DD : "Ce n'est donc pas du vrai gruyère ! Et on peut le fabriquer avec trous !"
C'est justement là que le bas résille blesse : il s'agit en fait d'un fromage fabriqué à la manière de l'emmental, dans lequel on retrouve justement les trous et le goût de noisette caractéristiques de la gomme à mâcher bernoise.
En ce qui concerne mes plateaux de fromages, l'emmental en est banni, je le trouve fade, écœurant - je ne l'utilise strictement que pour les gratins. Le gruyère est totalement différent et, pour peu que l'on n'achète pas en supermarché un plastique industriel affiné moins de 6 mois, c'est un fromage corsé, long en bouche, légèrement croustillant, voire caramel pour les plus vieux. Il lui faut un vin puissant.
Que l'on me comprenne bien, mon propos ne se veut nullement chauvin : je conspue avec la même énergie les camemberts suisses, exactement pour les mêmes raisons. Et Dieu sait si j'aime les vrais fromages français...
Mais les rapports de force ne sont pas les mêmes, c'est là toute l'injustice. Les gros sous de l'industrie du luxe sont en jeu, et le fédéralisme helvétique est totalement désarmé pour défendre des intérêts locaux (pas grand monde à Zürich ne se sent concerné par les soucis du village de Champagne).
Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 11 avril 2008
A propos de ces actions en justice du CIVC, il faut quand même noter qu'il y avait une part de provocation de la part du village helvète qui avait été condamné une première fois pour son vin et qui avait récidivé avec un nouveau produit différent. Le CIVC avait fait condamner sur la même base un yaourt finlandais, un parfumeur français, car il ne suffit pas que le produit soit distinct. Cela dit, ses actions sont avant tout symboliques : elles ne concernent pas toutes les entreprises utilisant le nom du champignac, mais quelques-unes afin de faire pression sur les autres ou de se servir de la jurisprudence. J'avais cité ainsi un hôtel bordelais, une entreprise de sécurité de la région et même la ville d'Epernay ! Le CIVC tape parfois un peu au hasard et de manière arbitraire, il ne dit rien par exemple contre la principale station commerciale de radio de ma région... C'est, disons-le, de la chicanerie permanente : il faut un ou deux procès par an afin de maintenir ce qui est pris comme un nom de marque, afin de signifier aux adhérents que leurs intérêts sont bien pris en compte et afin de se servir de cet argument dans d'autres discussions. Le vin suisse ne menace pas le vin français, c'est entendu, mais il y a une législation européenne à faire valoir contre les vins chiliens, argentins, californiens du même nom qui ont des volumes bien plus considérables et qui bénéficient d'une autre législation...
Ecrit par : Dominique | vendredi, 11 avril 2008
DD : "...une part de provocation de la part du village helvète qui avait été condamné une première fois pour son vin et qui avait récidivé avec un nouveau produit différent."
Les biscuits de Champagne datent des années 1930. Dans les années 80, la biscuiterie, encore très artisanale, s'est passablement industrialisée, mais il ne s'agit nullement d'une récidive avec un produit différent, puisqu'ils sont bien antérieurs à la condamnation pour le vin qui, elle, doit dater de la fin des années nonante, voire du début 2000.
Il s'agit plutôt d'une nouvelle vague d'attaques en attendant la prochaine (la méthode des tranches de saucisson), le but étant probablement de faire interdire son nom au village - s'il y a encore des survivants... Là on aura vraiment touché le fond.
Que l'on interdise à un producteur de vin (mousseux ou non), sans rapport avec le nom Champignac, d'utiliser ce terme est parfaitement légitime - l'appellation étant alors uniquement destinée à profiter d'une notoriété acquise par d'autres (au même titre que le gruyère ou le camembert). Mais là, on interdit à des gens bien inoffensifs d'utiliser leur propre nom, lequel a le malheur d'être on ne peut plus commun à la... campagne.
Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 11 avril 2008
Tiens... ma réponse aurait-elle été supprimée par le CIVC ? Je disais donc que les biscuits de Champagne ne sont pas nouveaux, puisque la biscuiterie date des années 1930. Certes, elle est restée très artisanale jusque dans les années 80, où elle s'est industrialisée, mais ça reste très antérieur à toutes les attaques françaises...
Ce n'est donc pas une récidive vaudoise pour provoquer suite à la condamnation, mais un épisode supplémentaire de l'histoire.
Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 11 avril 2008
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