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samedi, 29 mars 2008

Les Québécois dictent leurs mots aux maudits Français

Les Québécois vont pouvoir proposer indirectement les québécismes d'usage courant qui entreront dans le Petit Larousse et le Petit Robert. Quand je dis Québécois, j'entends l'homme de la rue, le premier venu et non un lexicographe ou un universitaire, comme c'est déjà le cas. Ce sont donc des Québécois ordinaires qui feront remonter les mots qu'ils voudraient voir figurer dans les ouvrages de ces maudits Français. Il y aura cependant un double tri, d'une part avec un jury composé d'autorités linguistiques du Québec, d'autre part au niveau des maisons d'édition françaises qui conservent leur contrôle éditorial. 

Si les équipes des dictionnaires français ont accepté aussi facilement (le Multidictionnaire est lui un produit purement québécois quoique traitant du français standard), c'est qu'il existe un enjeu financier important : il se vend 100 000 PLI par an au Canada sur environ 800 000 à 1 000 000 d'exemplaires. C'est le marché francophone le plus important après celui de la France, il représente 10 à 15 % des ventes et il assure la plus-value. Les gains seraient plus minimes en Suisse ou en Belgique, vu la taille des populations respectives. Pour d'autres dictionnaires courants comme le Flammarion ou le Hachette, voire le Nouveau Littré, la lutte n'est pas égale.  

D'un côté, l'on a une promotion de la langue française et de l'usage des dictionnaires par cette sorte de concours. Mais d'un autre, l'on a aussi une valorisation de ses particularismes (qui peuvent parfois être bien particuliers). C'est donc ambigu, à la fois ouverture à l'autre pour être reconnu comme autre et puis expression populaire qui peut être prise par certains comme un exercice démagogique. Il y a aussi le risque de l'incompréhension : pourquoi tel mot que j'emploie fréquemment n'a-t-il pas été retenu ? Ce n'est donc pas du français, comme on me l'a souvent répété* ? Le mode de sélection des termes dans un dictionnaire d'usage n'est souvent pas très bien compris et il y a un risque de dispute langagière -- une de plus -- au Québec à ce sujet. La seconde ambigüité tient au fait que ces maisons d'édition sont avant tout des entreprises commerciales et que ce n'est pas simplement un intérêt pour la langue du pays de l'hiver qui dictera l'introduction de mots ou de sens québécois : il faut une petite dose de régionalismes pour contenter un peu toutes les clientèles, mais trop de chacune les mécontenterait toutes. Or, cette opération ouvre les vannes et peut faire croire qu'un dictionnaire n'est pas d'abord un choix opéré dans la réalité bien plus multiple. Si cela se déroule de manière pédagogique, les avantages seront supérieurs aux inconvénients, mais cela peut aussi se retourner.

 

* Je n'ai pas envie de m'étendre sur le sujet de la norme québécoise (en fait des normes québécoises) par rapport au français standard ou français européen débarrassé des particularismes régionaux, y compris ceux de l'Île-de-France. 

Commentaires

Le Québec est en Amérique et l'Amérique est le centre du monde donc le Québec place le français, même fortement carabistouillé, au centre du monde. Vive la France mondiale !

Écrit par : dotsie | samedi, 29 mars 2008

D'après ce que j'ai lu sur le lien, il y aurait UN québéquisme qui serait obligatoire de parution. Faut-il dénoncer la licence et la permissivité ?

Écrit par : Stéphane De Becker | samedi, 29 mars 2008

pas moyen de voir le commentaire de Stéphane, il ne s'affiche pas.

Écrit par : Michèle | samedi, 29 mars 2008

Michèle, un peu d epatience j'ai le même problème ça va venir

Écrit par : dotsie | samedi, 29 mars 2008

Stéphane, je crois que cela veut dire qu'il y a quelques mots très évidents pour les Québécois, qui font partie de leur identité, qui sont revendiqués comme tels, mais qui ne sont toujours pas acceptés par le PLI alors qu'ils sont connus du reste de la francophonie et que ce sont des poncifs des Européens au sujet des Européens. De là à dire qu'il devrait être obligatoire... Moi, je suggérerais des changements subtils de genre comme le party, la job ou bien de nombre comme les culottes ou de partie du corps comme foufoune et gosses. Mais on s'aventure dans un domaine glissant...

Michèle, il ne faut pas s'énerver pour les problèmes d'affichages de H&F, je n'y peux rien. C'est inévitable dans cette dernière version de la plateforme de blogue et je ne peux que m'en remettre à mon hébergeur ou au hasard Cela m'ennuie autant que vous, et je pense monsieur Hautetfort qui veut quand même faire du bel et bon argent. On patiente donc, parce qu'on sait qu'il fait des efforts par ailleurs.

Écrit par : Dominique | samedi, 29 mars 2008

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