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jeudi, 13 mars 2008

Choisir sa langue maternelle

Le chef de la diplomatie chinoise a une curieuse conception de la diplomatie, du chinois et tout simplement des êtres humains :

"Je considère que le chinois est l'une des langues les plus faciles à étudier dans le monde, sinon comment expliquer qu'il y ait 1,3 milliard de personnes qui l'aient choisie comme leur langue maternelle".

On ne choisit pas sa langue maternelle, mais je suppose que la traduction peut être en cause pour cette expression. En tout cas, c'est faire bien peu de cas de la politique de sinisation linguistique avec une assimilation forcée des minorités. Et oublier le fait que le putunghua (ou mandarin) n'est parlé que par les deux tiers de la population chinoise, laquelle possède un système d'écriture commun qui permet de faire croire à l'existence d'une Chine unique et unifiée. Mais même ce système d'écriture n'est pas du tout maîtrisé par la majorité de la population, voire la quasi-totalité du fait du trop grand nombre de caractères, à un tel point qu'il a fallu le simplifier. Mais la simplification a des limites et si elle allait jusqu'à la généralisation du pynyin, elle ferait voler en éclat le mythe du putunghua comme langue commune de la Chine, alors qu'on reste encore dans le cadre d'une écriture simplifiée pour noter aussi des langues différentes de la langue commune.

Bon... C'est un propos provocateur envers les Occidentaux, mais il est aussi bien dans la nature du régime totalitaire qui maintenant peut prendre ses aises du fait de sa réussite économique : on peut le sortir de la liste des Etats qui attentent aux droits de l'Homme sans difficulté et le croire sur parole même quand il profère des énormités.  

Commentaires

j'apprends comme vous que l'on __choisit__ sa langue maternelle

j'ai été consulter la biographie de M. Yang Jiechi en
http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-03/12/content_595028.htm
et j'ai appris, en bas de page qu'il était
"Marié avec un enfant de sexe féminin."
c'est bien la démonstration que le français est plus difficile que le chinois

à titre documentaire :
l'origine de la déclaration serait :
http://news.163.com/08/0312/10/46R0V18M0001124J.html
et a été reprise en :
http://blogs.reuters.com/china/2008/03/12/chinese-its-easy/
la traduction serait donc correcte

j'ai voulu consulter une page en rapport avec le sujet et proposée par gouguel :
http://french.china.org.cn/archives/lianghui2008/2008-03/12/content_12381046.htm
(notez le "french") et la réponse fut : "本网页已删除"

Ecrit par : mi4all | jeudi, 13 mars 2008

"Choisir sa langue maternelle" ? C'est assez énorme, en effet... À se demander si ce n'est pas de l'humour (même un peu lourd) de la part de ce M. Yang. Et comme l'humour est la chose au monde la plus difficile à traduire...

Ecrit par : Irène | vendredi, 14 mars 2008

C'est délicat, surtout pour ceux qui, comme moi, ont choisi de naître en partie en Suisse et un peu aussi à Oxford (carriériste, j'ai fait ça pour soigner mon C.V.)
Certes, cela a de l'allure, mais ça complique singulièrement le choix de la langue maternelle. Ce d'autant que, visionnaire, j'ai failli prendre le chinois comme langue maternelle mais mes parents, n'en ayant strictement aucune notion, m'ont imposé le français à la place, solution de facilité...

Pour leur défense, à mon époque on ne trouvait pas de CD "le chinois comme langue maternelle" à la FNAC...

Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 14 mars 2008

Le fait est que, en Chine comme en Inde, s'impose le choix d'une langue commune aux habitants d'un pays. Chaque état ensuite a sa langue propre. Ce qui est maternel est transmis par la mère et est constitué alors de divers langages. La langue traduit encore le désir d'hégémonie des dirigeants d'un peuple. Commençons par l'alphabétisation.

Ecrit par : michèle | dimanche, 16 mars 2008

Euh... quelle est la langue commune de l'Inde ? Il y a deux langues fédérales et puis des langues reconnues au niveau des Etats, mais un Tamoul ou un Bengali est-il obligé d'être un locuteur de l'hindi ?
http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/asie/inde-1Union.htm
Ce sont deux situations différentes : en Chine, le système d'écriture assure une unité (d'où les nombreuses manifestations du pouvoir chinois de Chine communiste pour assurer la prééminence du pinyin par rapport à toutes les autres translittérations) ; en Inde, l'unité est faite aussi avec le devanagari qui sépare l'hindi de l'ordou comme le serbe du croate, mais le devanagari ne permet pas de comprendre ce qui se dit en telougou si l'on parle seulement le mayalam alors que ce serait possible par le biais des sinogrammes appliqués aux langues indiennes. Il n'y a jamais eu de bataille pour imposer une langue et un système d'écriture en Inde. Pas plus que pour une langue. Tout le contraire de la Chine communisto-libérale.

Ecrit par : Dominique | dimanche, 16 mars 2008

Je vous aurais répondu l'hindi, mais vous en savez bien plus que moi. En tout cas, chaque indien là-bas parle un minimum de trois langues : sa maternelle, de son lieu de naissance, l'hindi parlé sur tout le territoire et le pidgin (anglais bâtardisé). Maintenant pour la Chine je n'en sais pas assez pour débattre avec vous.

Ecrit par : michèle | lundi, 17 mars 2008

michèle : « Je vous aurais répondu l'hindi, »

Et vous avez répondu lundi, ce qui est fort bien.

Ecrit par : Stéphane De Becker | lundi, 17 mars 2008

Stéphane, vous commencez à parler le français avec la même prononciation que les Français et vous perdez votre accent bruxellois si travaillé...

Ecrit par : Dominique | lundi, 17 mars 2008

Dominique :

vous perdez votre accent bruxellois si travaillé...

Dommage !

Ecrit par : Michèle | lundi, 17 mars 2008

Tut-tut ! Dans le Midi, il y a encore beaucoup de gens qui font la différence entre in et un. À vrai dire, c'est d'abord chez des instituteurs venus du nord de la Loire que j'ai entendu dire "lindi"...

Ecrit par : Irène | lundi, 17 mars 2008

Du nord de la Loire, certes, mais surtout à l'ouest de la Voie Sacrée, car je n'ai commencé à observer ce phénomène qu'en venant enseigner dans l'Intérieur (comme on dit par chez moi). En fait, on est un peu plus conservateur par certains aspects quand on vit dans les marges.

Ecrit par : Dominique | lundi, 17 mars 2008

>Dominique j'en perds mon latin ; certes Steph. de Beck. me fait rire et c'est bien la première fois, mais et la suite ? La voie sacrée ? André Malraux, la Birmanie ? L'Intérieur, le ministère, le fort, le for ? Vivre dans les marges ? Dans la marge sur la margelle ? Veuillez mettre à ma disposition votre traducteur perso car je suis dans les brumes vaporeuses de la non-compréhension de votre réponse.

Ecrit par : michèle | lundi, 17 mars 2008

La Voie Sacrée se situe entre Bar-le-Duc et Verdun, il est honteux que vous n'en ayez pas entendu parler en ce jour de la Saint-Lazare-Ponticelli.
http://www.voie-sacree.com/
L'Intérieur, c'est tout ce qui se trouve en deçà de la ligne bleue (et sacrée) des Vosges (fort reconnaissables à leurs sapins bleus qui ne sont que verts ou roux ou fauves ou bruns) : donc le reste de la France... L'Hinterland, quoi ! Qui est bien sûr moins à l'intérieur du continent, mais allez chercher la logique alsacienne quelque part... Mais comme c'est du français traduit de l'allemand, il est normal que l'on s'y perde.

Ecrit par : Dominique | lundi, 17 mars 2008

Et beh que de découvertes...Pour la voie sacrée je ne suis pas jalouse nous avons la voie Domitienne qui relie l'Espagne à l'Italie en passant par chez moi. Pas le théâtre de guerres sanglantes mais de conquêtes et de déplacements (bon d'accord quelques batailles en route, mais faut c'qu'il faut). Quant à votre définition de l'Intérieur, c'est quelque chose parce que cela signifie en fait tout ce qui est à l'extérieur, en dehors du pays aimé. Oui, je m'y perds.
Et vivre dans les marges ?
Pourquoi ce pluriel ? Pourquoi pas "en " ?
Vous émargez quelque part vous ?

Ecrit par : michèle | lundi, 17 mars 2008

Michèle : Et vivre dans les marges ?
Pourquoi ce pluriel ? Pourquoi pas "en " ?

Parce que pour moi, les gens qui vivent en Suisse, Belgique, Franche-Comté, Savoie, pays ch'ti, Bretagne, pays Basque, Occitanie, ou ailleurs encore autour des frontières de la France, sont dans les marges, lesquelles n'ont pas forcément le français le plus dégradé. L'insécurité linguistique de ces régions frontalières et en contact linguistique avec un autre pays, une autre langue conduit souvent au conservatisme et parfois à l'hypercorrection par rapport à un usage parisien supposé. Quand on me parle du français de Touraine comme le plus pur et le plus authentiquement ancien, comme la norme de tout bon français, j'ai envie d'éclater de rire...

Ecrit par : Dominique | lundi, 17 mars 2008

Tiens comme lorsque vous lisez M. Duras.
Merci de vos explications.
Chez moi le provençal est le même, rigoureusement, que de l'autre côté de la frontière italienne. Je ne le parle pas, le comprends un peu. Cela ressemble au catalan et paraît-il à l'esperanto.

Ecrit par : michèle | mardi, 18 mars 2008

Tiens, michèle, par curiosité : où habitez-vous, en Provence ? Serait-ce du côté de Nice ?

Ecrit par : Irène | mardi, 18 mars 2008

>Irène En Haute Provence, pays de Giono et de René Char, plus loin que l'arrière pays niçois.

Ecrit par : michèle | mercredi, 19 mars 2008

À propos de la prononciation belge, les auditeurs de Musique 3 sont gâtés. Périodiquement, on y entend des publicités pour des concerts, publicités se terminant par : « Renseignements
Info-Billets... ».
J'entends nettement : « un faux billet ».

Ecrit par : Stéphane De Becker | mercredi, 19 mars 2008

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