lundi, 10 mars 2008

Le français vu de Suisse

Lucie a encore beaucoup de progrès à faire en français hexagonal  :

«Chaque semaine j'en découvre de nouveaux: le 'croque' pour dire la 'morce' ; garer la voiture au lieu de la parquer; 'guigner' n'existe pas en France», raconte Lucie Marcoz, une Valaisanne venue étudier à Paris, il y a deux ans.

Le croque n'existe que dans un langage commercial, par métonymie pour désigner certains produits de la restauration rapide, et il n'est pas synonyme de la morce ou collation, goûter. On peut parquer sa voiture et même la stationner à la québécoise, et puis guigner est un verbe bien français, bien connu, bien attesté dans les ouvrages de références, mais sans doute avec un autre sens comme désirer ardemment, regarder avec intérêt et pas simplement guetter, regarder. C'est qu'il existe beaucoup de français en France et qu'ils ne sont pas tous de Paris, il y a même des régions françaises où l'on parle de nonante, de cornets de supermarchés, de foehn, de déjeuner pour le premier repas de la journée, de panosse, mais bon... C'est toujours si bon de taper sur l'autre et de faire croire qu'il parlerait partout le même langage, en tout temps et devant toutes les personnes. Il existe aussi des régions avec des accents, si si ! Exactement comme en Suisse, en Belgique et au Québec... Bizarre, non ?  

Commentaires

Oui, du reste beaucoup de termes considérés comme typiquement suisses sont simplement francoprovençaux et ne sont donc pas totalement inconnus à Lyon ou en Savoie. C'est le cas de la panosse (sauf peut-être dans son emploi pour désigner le drapeau, qui est une expression militaire) et de huitante.
Néanmoins, il y a en France un phénomène centralisateur du français qu'on ne connaît pas en Suisse, où ce qui se fait et se dit à Paris est considéré comme la norme tandis que les expressions régionales seraient des provincialismes plus ou moins honteux. C'est le cas pour le déjeuner à midi ou pour les soixante-dix qui sont maintenant l'usage à peu près partout en France.

M'enfin, vu de Singapour où je me trouve en ce moment, on n'entend pas beaucoup parler du français. Il y a pourtant une Pétain Street et un restaurant Indochine. Peut-être quelques nostalgiques...

Écrit par : Ponte Facto | mardi, 11 mars 2008

Avez-vous remarqué combien, en pays helvète, à quelle fréquence on emploie l'expression «volontiers» ? C'est impressionnant, pour ne pas dire «remarquable».

Écrit par : Olivier | mardi, 11 mars 2008

Vous voulez dire que ce n'est quand même pas rien ?

À quoi faites-vous allusion au sujet de "volontiers" ? Pouvez-vous donner des exemples ?

Écrit par : Ponte Facto | mardi, 11 mars 2008

Je reçois les commentaires sur thunderbird, mais je ne vois pour l'heure que le seul commentaire de Ponte Facto, même après avoir actualisé mille e tre volte la pagina.
Donc à cela : «À quoi faites-vous allusion au sujet de "volontiers" ? Pouvez-vous donner des exemples ?" Ce commentaire a été posté par Ponte Facto»,
je réponds la chose suivante : tentez de vous rendre au café ou au restaurant à Sion, Martigny ou Evolène sans qu'on vous place «volontiers» à tout coin de phrase.

Écrit par : olivier | mardi, 11 mars 2008

Et hop, le 11 mars, ça repart !

Écrit par : Olivier | mardi, 11 mars 2008

Olivier : "(...) tentez de vous rendre au café ou au restaurant à Sion, Martigny ou Evolène sans qu'on vous place «volontiers» à tout coin de phrase."
Ce sont effectivement des endroits où je me rends souvent et qui me tiennent particulièrement à coeur, mais je ne vois toujours pas à quoi vous faites allusion. Certes, en Valais, quand quelqu'un propose de boire un coup, l'usage est de répondre "volontiers", mais je connais plein d'endroits en France où ça se fait aussi...

Écrit par : Ponte Facto | mercredi, 12 mars 2008

Certes, en Valais, quand quelqu'un propose de boire un coup, l'usage est de répondre "volontiers", mais je connais plein d'endroits en France où ça se fait aussi...
Je n'y vois pas grand mal, mais je n'évoquais pas cela en tant que réponse à une question ( aise facile en pratique banale), mais même après avoir demandé «mettez-moi donc une demi San Pellegrino».
D'autre part, il n'y a que dans cette région où j'ai entendu cela (et très fréquemment) comme formule de politesse, comme «s'il vous plaît» en Belgoland, «so ! Bitte !» en Germanie ou «prego» en Berluscozye.

Écrit par : Olivier | mercredi, 12 mars 2008

J'aurais cru que le parler suisse reprenait le mot "vraiment " de manière ostentatoire, mais sans nul doute me trompé-je.

Écrit par : michèle | mercredi, 12 mars 2008

michèle : "J'aurais cru que le parler suisse reprenait le mot "vraiment " de manière ostentatoire (...)"

Vraiment ?

Olivier : "(...) même après avoir demandé «mettez-moi donc une demi San Pellegrino»"
Je n'ai jamais rien remarqué de tel, mais je ferai attention à cela la prochaine fois. Je ne savais du reste pas que l'on vous serve, qui plus est "volontiers", de l'eau dans un bistrot valaisan...

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 13 mars 2008

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