lundi, 26 novembre 2007

Le vieil Alsacien

Rions avec Jean-Marie Cavada.

Je regarde avec beaucoup de sympathie notamment en effet l'initiative de Jean-Marie Bockel qui est par ailleurs un vieil Alsacien comme moi.

Vieil Alsacien est un argument politique pour indiquer une proximité de pensée, un courant philosophique ? C'est nouveau... Et en quoi le fait d'être issu d'une famille de notables alsaciens (père notaire et adjoint d'un maire MRP, oncle archiprêtre et compagnon de la Libération) fait-il de quelqu'un plus un Alsacien que les autres ? D'une vieille famille alsacienne, soit. Et encore... si on ne remonte pas trop dans le temps, parce que les racines pourraient se trouver ailleurs.

Le problème, c'est que Jean-Marie Cavada n'est pas un vieil Alsacien ou d'une vieille famille alsacienne : né à Mirecourt dans les Vosges où il a fait toute sa scolarité, études poursuivies ensuite à Nancy donc en Lorraine encore ! Il n'a séjourné en Alsace que durant cinq ans, d'abord pour son service militaire, puis aux informations régionales de Strasbourg. Moi qui suis d'une famille vosgienne et qui ai longtemps vécu en Alsace, je me dis parfois un peu Alsacien sur les bords, mais je ne me définirais pas comme un vieil Alsacien ou un vieux Vosgien. On peut avoir de l'amour pour ces régions, mais de là à se donner des brevets d'ancienneté et à en faire une base pour un programme politique... 

Le propos intervient comme un cheveu dans la soupe. C'est normal : le style de la phase appartient à cette langue spéciale qu'est le jeanmariecavada. Elle consiste à ouvrir toutes sortes de remarques en marge du propos essentiel, sans aucun rapport avec le sujet principal, sans se préoccuper le moins du monde de leur cohérence et de leur adéquation à la réalité. On ne sait jamais comment le propos finira, tant il y a de circonlocutions baroques et d'effets de brume... Quand, dans la suite de cette phrase coupée, Cavada précise qu'il se considère comme de gauche, cela a à peu près autant de véracité que pour le vieil Alsacien. De gauche ? Depuis quand ?

Commentaires

Je note simplement que le "de gauche" acquiert un flou artistique du plus bel effet ces temps-ci ; entre ceux qui osent le dire, ceux qui n'osent pas, ceux qui penchent à droite, ceux qui voudraient ne plus l'être, ceux qui en ont honte, ceux qui n'y croient plus...ceux pour qui l'espoir fait vivre, ceux qui attendent la refondation, ceux qui espèrent la glaciation des mammouths, le choix est vaste, au sein d'un même bourbier. Crise de foi ? ou de foie ? Pas la première fois.
S'en reférer aux racines alors, aux sources, se dire ceci et cela, se définir par ses origines ? Là encore le flou est de mise, et la multiculturalité vaste : je suis pour ma part immigrée, cent pour cent.
Et française, fière de l'être.

Ecrit par : michèle | lundi, 26 novembre 2007

Quant à Bockel qui vient de créer un nouveau parti politique "social-libéral" (on ne rit pas), qu'il se considère lui même de gauche (on ne rit toujours pas) m'a toujours laissé perplexe.

Michèle (cent pour cent immigrée et fière d'être française), je me rends compte que ma fierté d'être français je la dois au siècle des lumières, à la déclaration des droits de l'homme, au front populaire et au conseil national de la résistance.
J'ai été invité, il y a peu de temps, à un anniversaire où je me suis retrouvé avec des étudiants de toutes couleurs et nationalités (j'étais le seul blanc avec carte d'identité RF) et à l'écoute de leurs problèmes quotidiens qui n'ont fait qu'empirer de Pasqua à Sarkozy, j'étais loin d'être fier de la politique et des politiques de "mon" gouvernement. Je sens bien qu'il viendra un jour où je devrais faire imprimer sur mes tee-shirts: je ne suis pas un fils de p..., je n'ai jamais voté sarko-lepéniste, juste pour ne plus avoir honte d'être français

Ecrit par : Cineraire | jeudi, 29 novembre 2007

Les commentaires sont fermés.