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lundi, 26 novembre 2007
Le paradoxe de la journée sans Sarkozy
Il existe une association nommée Rassemblement pour la démocratie à la télévision. Elle appelle à une journée sans Sarkozy dans les médias. Des gens très sérieux la soutiennent, comme Jean-François Kahn qui ne veut jamais rater un train en marche. Et moi, je trouve cela totalement absurde : parce qu'annoncer cette journée sans le magnifique président, cela revient à parler de lui dans tous les discours diffusés en ligne ou hors de la Toile. Donc cette fameuse journée sans le mirifique président est une publicité supplémentaire pour lui, vu le nombre de tizingues qui se trouvent sur les blogues. Et le jour venu, chacun demandera à l'autre s'il n'a pas parlé du sujet interdit, donc l'extraordinaire président sera encore au centre des discussions et c'est exactement ce qu'il souhaite. On est dans le paradoxe complet puisque le fait de dire qu'on ne parlera pas de lui ou qu'on n'a pas parlé de lui est encore tout bénèf pour cézigue. C'est le serpent qui se mord la queue. Ces opérations en apparence consensuelles, non violentes et collectives à la Gandhi afin de se donner bonne conscience (comme celle qui consistait à éteindre ses lampes durant cinq minutes afin de protester prétendument contre le réchauffement climatique) relèvent du crétinisme élémentaire et du moutonnisme le plus primaire : il faut parler de lui au contraire... Surtout ! Plus on parlera de lui, plus il s'usera. Donc je vous prédis que le 30 novembre, je vais vous faire bouffer des discours du fabuleux président jusqu'à plus soif... De toute manière, je n'aime pas les mots d'ordre collectifs.
00:54 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, google, ump, sarkozy, politique



Commentaires
D :
" Et moi, je trouve cela totalement absurde : parce qu'annoncer cette journée sans le magnifique président,".....
Arrêtez, vous allez nous faire pleurer..
Ecrit par : Michèle | lundi, 26 novembre 2007
"Donc je vous prédis que le 30 novembre, je vais vous faire bouffer des discours du fabuleux président jusqu'à plus soif... De toute manière, je n'aime pas les mots d'ordre collectifs"
Je suis à fond avec vous. Enfin… à condition que ce ne soit pas trop collectif, deux sous la même bannière. Mais gueuler "Encore plus de Sarkozy" le 30 me paraît être la réponse parfaite à ce type de slogan débile.
(Déjà, la journée sans achat, j'avais du mal. Mais celle sans Sarko… je craque)
Ecrit par : Le Charançon Libéré | lundi, 26 novembre 2007
Ah ben... J'avais dit chez Eric de "Crise dans les médias" que le gros inconvénient de cette journée sans achat n'était pas son origine purement américaine (elle est calée sur Thanksgiving), c'est qu'elle tombait au beau milieu de la campagne annuelle de collecte des Banques alimentaires. J'avais proposé alors de ne surtout pas se rendre dans les temples du commerce afin de donner de boîtes de petits pois ou de sardines destinées aux plus pauvres, ce qui permet de militer utilement pour la décroissance. Salauds de pauvres ! Et cherchons la logique dans toutes ces actions collectives concommitantes...
Ecrit par : Dominique | lundi, 26 novembre 2007
Ce soir com. en copié/collé, je ne réitèrerai pas trop souvent, promis...
vu le nombre de tizingues qui se trouvent sur les blogues, d'accord avec vous, mais des gens très chouettes aussi
On est dans le paradoxe complet
comme souvent il me semble
C'est le serpent qui se mord la queue
Ouroboros j'étale un peu ma confiture....
... De toute manière, je n'aime pas les mots d'ordre collectifs
quel caractère !
P.S moi non plus
Ecrit par : michèle | lundi, 26 novembre 2007
hello
tout à fait d'accord avec l'effet pervers du truc, effectivement le vide sera artificiel, et comme la nature a horreur du vide...
mais le simple fait de parler de ce projet de journée sans sarkozy me paraît intéressant, au moins on exprime notre ras-le-bol par rapport à la surexposition médiatique de notre excité national
PS: certes la moutonnerie est très dangereuse, mais sans idéal commun, sans grand mouvement d'ensemble, on aura beau râler chacun dans notre coin, ça fera pas avancer la chose...
Ecrit par : aurélien | lundi, 26 novembre 2007
"J'avais proposé alors de ne surtout pas se rendre dans les temples du commerce afin de donner de boîtes de petits pois ou de sardines destinées aux plus pauvres, ce qui permet de militer utilement pour la décroissance"
Pas con… Vu comme ça, les journées "sans" pourraient avoir une utilité. Et le jour sans TV (celle-là aussi, elle est gratinée…) deviendrait une occasion rêvée d'aller assister au tournage d'une émission de reality-show en direct. Ou la journée sans alcool de s'essayer aux drogues dures. Je signe !
Ecrit par : Le Charançon Libéré | mardi, 27 novembre 2007
Cette "journée sans Sarkozy" me fait irrésistiblement penser à la façon dont, dans Harry Potter, les gens qui ont peur de Voldemort évitent de prononcer son nom...
Ecrit par : Irène | vendredi, 30 novembre 2007
Ou aux formules qui permettaient d'éviter de nommer le diable (diantre, darche) ou le nom de Dieu (sac à papier !) Là, cela devient des barres de soulignement ___ ou des astérisques ***, comme si on devait se prémunir du sort durant la journée sacrée...
Ecrit par : Dominique | vendredi, 30 novembre 2007
ça me fait beaucoup penser (toute proportion gardée) aux discours des groupuscules racistes qui pour éviter une condamnation usent de ce genre de formules. J'entendais par exemple cet après-midi une interview de Kémi Seba, extrémiste afro-centriste et antisémite, leader de l'ex Tribu Ka qui parlait encore tout récemment du lobby "dont on peut pas dire le nom"...
Ecrit par : LOBO | vendredi, 30 novembre 2007
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