mercredi, 07 novembre 2007
On peut penser ce qu'on veut...
Blogonautes publie une suite des notes Twitter de Loïc Le Meur qui assiste comme embedded à la énième rencontre Sarkozy-Bush afin de concrétiser leurs retrouvailles comme s'ils ne l'avaient pas déjà fait. Autant vous dire que c'est à la fois édifiant et bas de plafond (si c'est possible), du type "Dans la voiture, je me sens comme dans un film, avec tous ces gardes du corps" (encore un qui n'a jamais vu Nanouk l'Esquimau). Les âneries de l'ex-pape de la blogosphère ne m'arrachent plus guère de sourires, mais un propos retient mon attention :
"On peut penser ce qu'on veut de Bush, mais ça reste la classe internationale de le rencontrer !"
Moi, cela me fait tout de suite penser à un cliché (un peu comme pour les bodyguards qui seraient automatiquement dans un film). C'est le genre de phrase introductive d'une foule d'articles, du genre : on peut penser ce qu'on veut de Bidule, mais... Bidule, on aime ou on n'aime pas, mais... Bidule, il y a des franchement pour et des franchement contre, mais... Bidule, c'est tout noir ou tout blanc, mais... Le propos important n'est pas dans le fait de rapporter les avis pour le moins constrastés sur Bidule, il est dans la toute petite conjonction mais. Mais je vais vous parler de lui quand même et vous allez aimer ce que j'aime et je vais écrire toute la suite afin de vous montrer ses qualités, et vous allez subir son éloge même si vous n'en voulez pas, tout simplement parce que je vous ai déjà compris dans mon introduction. Vous n'avez donc plus le droit de critiquer, puisque le propos est ailleurs et que je vous ai déjà donné la parole. C'est une fausse concession.
Ce type de formule appartient à un genre précis : la captatio benevolentiae. Ou comment s'attirer la sympathie de l'auditeur ou du lecteur dès les premières lignes du discours. Autant dire que dans les discours antiques, cela faisait des pages et des pages, ce qui est un excellent somniphère si l'on ne comprend que goutte aux allusions personnelles et aux généalogies des diverses tribus. Mais avec Twitter, tout est révolutionné ! La captatio et le développement sont compris dans la même phrase ! Plus raccourci, c'est difficile ! Il n'en reste pas moins que la formule "on peut penser ce qu'on veut" reste totalement faux-cul et de la rhétorique à la mode hard-discount qui a juste l'avantage de faire sentir plus précisément un procédé fallacieux. Circulez ! il n'y a rien à lire...
"On peut penser ce qu'on veut d'Enver Hodja, mais il connaissait les modes de préparation de moules-frites mieux qu'un Bruxellois."
13:55 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, humour, langue française, ump, sarkozy



Commentaires
Quand on voit ce qu'on voit, on a raison de penser ce qu'on pense.
Ecrit par : lamkyre | mercredi, 07 novembre 2007
Quand on voit ce que l'on voit, et que l'on entend ce que l'on entend, on a bien raison de penser ce que l'on pense.
Rendez à Pierre Dac ce qui appartient à André Isaac !
Ecrit par : Dominique | mercredi, 07 novembre 2007
Qu'est ce qu’a dit ça ? C’est toi qu’a dit ça ?
Ben descends un peu le dire ! Descends un peu… si t’as des… si tu crois que… si tu crois que… si tu crois que c’est en insultant que tu vas régler le problème des pêcheurs et ben permets moi d’te dire que … dire que… m’enfin… ttut psi...!
Ben viens ! Viens ! Viens ! Qu’on discute !
Ecrit par : Olivier | mercredi, 07 novembre 2007
Pour comprendre le propos incohérent qui précède :
http://lecharenconlibere.blog.20minutes.fr/archive/2007/11/06/nicolas-sarkozy-a-les-plus-grosses.html#comments
Ecrit par : Dominique | mercredi, 07 novembre 2007
J'ai vu les images à la télé hier soir, et j'entendais Sarkozy dire :
Viens te battre ! Viens te battre, si t'es un homme !
Didier Porte a fait plus fort ce midi sur France Inter :
Viens te battre ! Viens te battre, petite lopette en ciré !
Je ne mets pas les guillemets, car la citation est approximative. Je vais la rechercher, tiens.
Ecrit par : Sylvie | mercredi, 07 novembre 2007
Et moi qui pensais commencer une discussion sur le sens de la captatio chez Quintilien ! Quelle décadence...
Ecrit par : Dominique | mercredi, 07 novembre 2007
Quelle décadence ! Je peux maintenant ajouter les guillemets :
« Ben alors, elle est pas contente, la grosse tapette de marin-pêcheur ? Et qu'est-ce que t'as dit, là ? Eh ben, vas-y, descends me le dire en face, hein, la grosse tapette en ciré ? Allez, viens te battre ! »
Seule la ponctuation n'est pas garantie. Je pense avoir respecté le reste.
Ecrit par : Sylvie | mercredi, 07 novembre 2007
Sylvie a proposé : « Ben alors, elle est pas contente, la grosse tapette de marin-pêcheur ? Et qu'est-ce que t'as dit, là ? Eh ben, vas-y, descends me le dire en face, hein, la grosse tapette en ciré ? Allez, viens te battre ! »
Là ne serait-ce pas la variante «Madame Vélo» sauce Rama ?
Ecrit par : Olivier | mercredi, 07 novembre 2007
En me relisant, je vois qu'il y a un point d'interrogation en trop. Mais on peut réécouter l'émission de France Inter toute la semaine.
(Olivier, je n'ai pas compris la question...)
Ecrit par : Sylvie | mercredi, 07 novembre 2007
«Madame Vélo» sauce Rama ?
L'alliance de la suffisance et de l'insuffisance, à coup sûr !
Ecrit par : Olivier | mercredi, 07 novembre 2007
"Autant dire que dans les discours antiques, cela faisait des pages et des pages, ce qui est un excellent somniphère si l'on ne comprend que goutte aux allusions personnelles et aux généalogies des diverses tribus."
Pour éviter le *somniphère* dans la blogosphère, utilisez Twitter ! avec Twitter, vous aurez la captatio qu'il vous faut !
Ecrit par : Alice M | mercredi, 07 novembre 2007
Je n'ai pas les références pour comprendre... Un coup de Champignac à coup sûr...
Ecrit par : Sylvie | mercredi, 07 novembre 2007
« Somnisphère », de « somnus », « sommeil », et « sphère », Surface fermée dont tous les points sont situés à égale distance d'un point donné; solide délimité par cette surface (-> 1. balle, 1. bille, boule)
Balle, bille, boule qui permet de dormir.
C'est pourtant simple, non ?
Ecrit par : Sylvie | mercredi, 07 novembre 2007
Simple ? C'est déjà presque trop technique pour moi…
Mais je sais juste que j'adore cette phrase : "On peut penser ce qu'on veut d'Enver Hodja, mais il connaissait les modes de préparation de moules-frites mieux qu'un Bruxellois." C'est bon. Et ça résume à la perfection toute la vacuité politique d'un Loïc Le Meur.
(et à mort Twitter !)
Ecrit par : Le Charançon Libéré | mercredi, 07 novembre 2007
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