vendredi, 05 octobre 2007

Comme son portrait

Voici le jeu artistico-littéraire de fin de semaine. L'extrait montre la relation de l'auteur avec le peintre. S'agit-il vraiment d'un écrivain ? Oui, il a publié selon mes souvenirs deux romans, assez peu connus mais présents dans ma bibliothèque. Et puis il a écrit beaucoup de textes de circonstance, comme celui-ci. Ce qui est assez frappant, c'est qu'il nomme le peintre par son seul nom de famille, comme s'il s'effaçait et que seul le peintre était vraiment grand, et cela se retrouve dans les entretiens télévisés qu'il a accordés. Mais ce portrait de l'artiste est aussi un portrait en creux de l'auteur, par les qualités mises en avant. Qui est le peintre ? Qui est l'auteur ? Qui est cette cousine si fréquemment représentée dans un grand nombre de toiles ? Et quel est ce village ? 

Deux tiers de siècle se sont écoulés depuis le temps où petit garçon, j'allais passer mes vacances à X. Il semble que c'était hier. Encore maintenant, lorsque j'essaie de concevoir l'idée de "bonheur", je me transporte en imagination dans la maison de Y.

Le cadre lui convenait et nos jeux bruyants ne le troublaient nullement. Les gens du pays l'avaient adopté et lui-même s'assimilait aux êtres et aux paysages.

A en juger par les tableaux qu'il peignit pendant ses séjours, il semble que ces lieux lui aient été particulièrement favorables.

Bien entendu, sa grande affaire était la poursuite d'un rêve intérieur. Y avait besoin de s'appuyer sur des motifs naturels, mais ceux-ci n'étaient que les outils d'une recherche constante qui dépassait la reproduction pure et simple.

Z, cette cousine d'X qu'il est impossible de ne pas évoquer quand on pense à Y, me disait, quelques temps avant de mourir : "Quel dommage que tu ne possèdes pas un portrait du Patron par lui-même." Puis, se reprenant, elle déclara : "Mais après tout, tu as ce bouquet de roses, c'est comme son portrait."

Tous les tableaux de Y sont "comme son portrait". Mais comme il était modeste, il aimait se cacher derrière son sujet et se laisser assimiler par lui. Son espoir, heureusement déçu, était qu'on ne l'y découvrirait pas.

Disons qu'X fournit à Y une excellente cachette et que l'atmosphère de la maison, les visites impromptues des voisins, les cris des enfants, les rires des modèles l'aidaient à trouver l'isolement nécessaire à la création.

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Commentaires

Renoirs
(Maintenant que Pierre Enckell a indiqué le filon...)

Écrit par : lamkyre | vendredi, 05 octobre 2007

Bigre... Je vais devoir fouiller dans des revues ayant publié des textes non repris en volumes...

Écrit par : Dominique | vendredi, 05 octobre 2007

Oui, c'est du sabotage, ce Google livres. On devrait l'interdire !

Écrit par : lamkyre | vendredi, 05 octobre 2007

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