samedi, 08 septembre 2007
Tout cash
C'est Mariah-Samanthah, la fille de Jean-Claude et Monique, qui nous écrit.
Très cher comte, je suis vénère en ce moment. Je dois écrire un papier pour le zine des jeunes sarkozystes de gauche et je suis trop dans la merde, parce que j'avais prévu de parler de Fadela Amara et de son langage qui arrache. Je la kiffe trop cette nana ! Mais mon daron m'a dit que des phrases comme "Il y a une mesure qui est résumée par un concept, c'est tout simplement tolérance zéro pour la glandouille", ça le faisait pas trop au niveau de la correction de l'expression comme il dit, le vioque. Il m'a dit que "glandouille" n'était pas un mot français, puisqu'il ne le trouvait pas dans son vieux Larousse tout pourri et que de toute manière c'était vraiment très vulgaire, on ne peut pas s'exprimer comme la caillera ou sinon on lui ressemble. Qu'en pensez-vous ?
Chère Mariah-Samantha, je vous le dis "tout cash" comme dirait Fadela Amara, votre père a raison et il est la voix de la sagesse. Le mot glandouille est vraiment horrible : il rime avec des tas de mots mal sonnants, il est formé sur une métaphore obscène, et il n'y a vraiment là rien qui illustre le génie de notre langue universelle et intemporelle. Vous devriez plutôt dénoncer le prétendu parlé branché en verlan, par exemple en stigmatisant l'emploi d'une citation comme "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier". Le terme est dans un dictionnaire connu pour sa propension à accepter tous les termes non français et les citations gauchistes. Mais franchement... rebeu ne peut pas être français puisqu'il est employé par des immigrés, alors que flic lui me semble indubitablement posséder une origine purement française, exempte de tout élément étranger à nos valeurs. Au lieu de mettre en avant le parler branchouille de Fadela Amara, prenez de vraies positions de gauche afin de condamner le verlan qui enferme dans un milieu social. Mettez en avant Rachida Dati, elle n'a qu'une phrase sans arrêt à la bouche, et ce n'est pas "Portnawak !", mais "N'importe quoi !" Elle ne dit rien de plus et n'argumente pas plus, mais comme son langage est fort soigné, elle a pu sortir de son milieu défavorisé et aller faire ses courses chez Prada et non chez Tati.
15:59 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, immigration, langue française



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