dimanche, 22 juillet 2007

Aux armes, etc. !

J'ai signé la pétition contre la ratification du protocole de Londres. Quelques mots d'explication de la part du comité de soutien présidé par Claude Hagège : "La ratification du protocole de Londres par le Parlement français reviendrait à admettre, en réalité, l’usage de l’anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale." J'ai emprunté cee lignes au texte publié sur le blogue d'Orlando De Rudder, qui appelle à la rébellion. La situation est grave : Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, et Jean-Pierre Jouyet, social-traître commis aux Affaires européennes, ont signé récemment une tribune dans le Monde où ils appellent à cette ratification. Comme l'Assemblée nationale est constituée d'une majorité de godillots, cela ne devrait pas faire un pli. Cela montre que ce gouvernement d'inspiration anglo-saxonne est pressé de conclure l'affaire. Il faut savoir que, lors de son déplacement, notre immense président a encouragé l'apprentissage de l'anglais (qu'il maîtrise d'une manière remarquable) en Algérie ! (Et au passage, il ignore totalement la place de l'amazigh ou berbère en Algérie, ce qui fait aussi très plaisir à une bonne partie de nos compatriotes ou des immigrés d'origine kabyle...)

Commentaires

Voici ce que j'ai écrit à ce même propos sur le forum "ABC de la langue française". Excusez cette auto-citation.

Cette question de la traduction des brevets paraît bien complexe, et je n'ai pas réussi à me faire une opinion à son propos. Il faudrait sans doute connaître les arguments des signataires du protocole, et pas seulement à travers la version, forcément un peu partisane, qu'en donnent les opposants.

Ce qui me met la puce à l'oreille, c'est la liste des membres du comité contre la ratification. Des écrivains, certes, des traducteurs, c'est bien naturel, quelques gens du spectacle, pourquoi pas, deux ou trois professeurs, sans doute. Mais bien peu d'entre eux ont dû avoir l'occasion, dans leur vie, de déposer ou d'exploiter un brevet.

Les principaux intéressés brillent par leur absence. Quoi, pas un membre de l'Académie des sciences ? Pas un Prix Nobel ? Pas un directeur de recherches au CNRS ? Pas un seul représentant ès qualités des industries de pointe françaises, pharmacie, nucléaire, pétrochimie, armement, construction mécanique et automobile, télécommunications, que sais-je encore ? Pas même un président ou organisateur du concours Lépine, qui se prononcerait au nom des petits inventeurs ?

On nous dit que c'est le seul MEDEF qui a poussé à la signature du protocole. Je ne veux pas croire que toutes les personnalités évoquées ci-dessus soient à ce point inféodées au patronat multinational pour lui obéir au doigt et à l'oeil. Il y a quelque chose de bizarre dans cette histoire. Traitez-moi de trouble-fête, mais je ne comprends pas pourquoi ce comité, qui devrait réunir les représentants les plus éminents de la recherche en France, est si peu et si mal représentatif.

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 22 juillet 2007

P.S. La liste si bizarre des membres du comité de soutien est consultable sur le site :


http://www.comite-contre-protocole-londres.eu/index.html

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 22 juillet 2007

En haut de la fameuse liste du comité de soutien que vous trouvez si "bizarrement" composé, on lit pourtant "en cours de réalisation". Je crois que ce "protocole de Londres" n'est pas encore connu, c'est quand même encore assez secret : je n'en ai absolument pas entendu parler à la radio, par exemple. Il me semble assez normal que ceux qui se trouvent le plus près de la langue dans leur pratique quotidienne (traducteurs, professeurs et écrivains) soient les plus sensibles et les premiers alertés.

Ecrit par : Alice M | dimanche, 22 juillet 2007

On trouve dans le comité de soutien bon nombre de souverainistes de droite comme de gauche, hommes politiques ou simples militants, mais ils ont l'habitude d'infiltrer les associations de défense de la langue française. M'enfin... je signale que Laurent Lafforgue est quand même Médaille Fields, ce qui équivaut au prix Nobel en mathématiques.

Ecrit par : Dominique | dimanche, 22 juillet 2007

Oui, Dominique, mais je ne sais si les mathématiciens ont l'habitude de déposer beaucoup de brevets.
Oui, Alice, mais cette histoire de protocole fait des vagues depuis un certain temps chez les défenseurs autoproclamés de la langue française, et ce ne sont nullement les premiers intéressés : il s'agit de brevets scientifiques, et je note l'absence des scientifiques dans le comité.

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 22 juillet 2007

Je ne me fais de toute manière aucune illusion sur le résultat de cette pétition : 800 signatures en une semaine, c'est risible et cela montre la faiblesse de ces associations de défense de la langue française. C'est dix fois moins que pour la Bande à Bonnaud et cent fois moins que pour Arrêt sur images durant le même laps de temps, et les deux émissions ne reviendront pas pour autant. De toute manière, outre les godillots on trouvera l'immense majorité du PS pour voter la ratification puisque les négociations ont été menées en 2001 sous Jospin et que Védrine avait déjà pris sa plume pour demander l'application du protocole il y a deux ou trois ans.

Ecrit par : Dominique | dimanche, 22 juillet 2007

JE ne vois pas poursquo la signature des scientifiques aurit plus de valeur en l'espèce que cele des autres! Rappelons aussi que certans d'entre eux sont résoument pour l'anglais et qu'a CNRS, entre autres,il y a eu résistance contre l'obligation de rédiger les rapports de recherche en anglais! IL y a hélas, bon nombnre de scientifiques, tournés vers les E-U qui prônent l'abandon de notre langue! eT signer uenpétitoin dans le sens contraire peut déplaire à la hiérarchie et ralentir l'avancement! C'est aussi grave que de publier de vrais travaux sur la pollition et le réchauffement! Les milieux scientifiques sont divers et comptent aussi pas mal d'américanoïaques!
Oui, tout ceci est grave!
Nous devons lutter!
Et ellatin doit redevenir la langue de tous, en Europe, car ele n'appartient à personne!Vivent els langues nationales, vive la culture!Vivent nous autes, ceux qui aiment! Et qui aiment donc leur langue et cele des autres! Toute culture est amour!

Ecrit par : orlando de rudder | dimanche, 22 juillet 2007

Où l'on constate que l'émotion fait trembler et bégayer. Vite, uenpétitoin pour qu'Orlando de Rudder retrouve son calme.

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 22 juillet 2007

Orlando De Rudder tape pratiquement tous ses textes avec ses moufles, ce n'est pas mieux sur son blogue, mais je lui pardonne volontiers car il a des idées, de l'humour, des convictions (et une solide couche de mauvaise foi quand il le faut).

Ecrit par : Dominique | dimanche, 22 juillet 2007

Il convient de signaler quelques travaux déjà classiques de Claude Hagège, président d’honneur du comité en question :

The Adjective in some African Languages, 1974 ;
Some Contributions of Central African Languages in African Linguistics, 1975 ;
Relative Clause, Center-embedding and Comprehensibility, 1976 ;
Lexical Suffixes and Incorporation in Mainland Comox, 1978 ;
The Concept of Function in Phonology, 1980 ;
Three Viewpoints in the Organization of Linguistic Utterances, 1980 ;
Et j’en passe.
Comme quoi il ne se gêne nullement pour utiliser l’anglais quand il en a besoin, afin de faire progresser sa carrière. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais sans honte aucune.

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 22 juillet 2007

Je ne vois pas où est la contradiction : Hagège a écrit ses ouvrages en plusieurs langues, il en maîtrise un bon paquet, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, et surtout il a toujours encouragé le bilinguisme, ce que ne fait pas le protocole de Londres, qui prône le monolinguisme.
Et Orlando, enlevez vos moufles, mais gardez votre enthousiasme et vos points d'exclamation !!

Ecrit par : Alice M | dimanche, 22 juillet 2007

Que certains des opposants à la signature du Protocole de Londres le soient parce que leurs intérêts professionnels sont en jeu, c'est bien certain et normal. Les traducteurs scientifiques et les conseils en brevet français ont beaucoup à perdre dans l'affaire. Et une partie des arguments apportés dans le débat a peut-être été un peu forcée.
Mais c'est également des intérêts professionnels particuliers -- inverses -- qui motivent les partisans de la signature, à commencer par le Medef et un certain nombre de groupements d'inventeurs. Ils sont convaincus que la signature de l'accord leur fera faire des économies sur les traductions. C'est probablement vrai, encore que dans une proportion bien moindre que celle qu'ils espéraient àl'origine puisque tous les pays du Sud de l'Europe s'opposent à l'accord et maintiendront le régime des traductions.
D'autre part et surtout, le bénéfice du Protocole de Londres risque d'être beaucoup plus sensible pour les étrangers en France que pour les Français à l'étranger, et cela, je suis étonné que le Medef ne semble pas le percevoir. Autrement dit, il est vraisemblable que cette mesure sera finalement défavorable à l'industrie française. La grande majorité des brevets européens sont rédigés en anglais, et ont pour titulaires des sociétés Américaines et Japonaises ; si le protocole est signé, cette masse de brevets sera automatiquement valable en France, sans nécessiter l'effort et le coût d'une traduction. Pendant le même temps, le petit nombre des brevets européens en français aux mains de l'industrie française sera certes automatiquement valable en Grande-Bretagne et en Allemagne, sans coût supplémentaire. Mais il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la balance n'est pas égale.

Ecrit par : DB | dimanche, 22 juillet 2007

Pierre Enckell cite quelques travaux de Claude Hagège, apparemment choisis. Il aurait été mieux avisé de se reporter à une liste complète des travaux de C. Hagège :

http://claude.hagege.free.fr/html/biographie/biblio-ch_12102003.pdf

pratiquement tous en français.

Par ailleurs, dans leur grande majorité, les scientifiques français pratiquent fort mal l´anglais (ils connaissent bien le vocabulaire de leur spécialité) mais sont persuadés que c´est la seule langue qui vaille en science. Cela explique leur absence sur la liste des membre de ce comité.

Ecrit par : Yves Maniette | dimanche, 22 juillet 2007

Vous dites « Cette question de la traduction des brevets paraît bien complexe, et je n'ai pas réussi à me faire une opinion à son propos. »

et c'est pourquoi donc ne sachant pas de quoi il retourne vous signez contre ????????????

Ecrit par : Pierre Louis | dimanche, 22 juillet 2007

@ Yves Maniette. C''est bien évidemment dans cette bibliographie que j'ai choisi ces titres. Seriez-vous vous-même un clone de Cl. Hagège ? En cliquant sur votre nom, on tombe sur cette même biblio...
Par ailleurs, votre "explication" ne vaut pas tripette. Il n'y a pas UN SEUL représentant de la recherche française dans ce comité. Si les scientifiques français sont tous des traîtres à leur pays et à leur langue, à quoi bon défendre leurs brevets ?

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 22 juillet 2007

À P. Enckell. Non, je ne suis pas un clone de Hagège. Je n´ai pas mis ce lien vers la page bibliographique de Hagège dans ma signature. Deuxième essai.

Ecrit par : Yves Maniette | dimanche, 22 juillet 2007

@Pierre Enckell,

Je ne savais pas que les scientifiques brevetaient leurs recherches... (Est-ce qu'une médaille Fields vous irait sinon cf. Laurent Lafforgue qui défend bien le français dans les sciences)

Ce sont les aspirants industriels qui brevètent.

Ecrit par : Pierre Louis | lundi, 23 juillet 2007

J'ai l'impression qu'on me comprend mal. Mettons que je n'ai rien dit.

Ecrit par : Pierre Enckell | lundi, 23 juillet 2007

La discussion s'est poursuivie sur Usenet à cause de Stéphane :
http://minilien.com/?HftLjgiTtr
Elle avait été aussi bien plus fournie auparavant chez Assouline (mais il faut que je dise que les commentaires délirants chez Assouline m'assomment).
http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/07/16/les-brevets-francais-bientot-en-anglais/

Ecrit par : Dominique | lundi, 23 juillet 2007

Je vais me faire l'avocat du diable (et me faire huer comme tel), mais je partage les interrogations de Pierre Enckell.

Il y a plusieurs aspects assez complexes dans cette histoire de brevets. Légalement, un brevet doit être écrit dans la langue officielle (dans une des langues) du pays dans lequel il doit être reconnu.
Avec la quarantaine de langues parlées sur le continent européen, on voit rapidement la complexité théorique de réalisation et de protection d'un brevet valable sur tout le continent - complexité qui réjouit certes les traducteurs et les avocats, ainsi que tous les parasites qui vont se greffer sur le processus d'établissement du brevet (taxe sur ceci, émolument sur cela, frais de commission), nettement moins ceux qui veulent protéger leur propriété intellectuelle.

En-dehors de son coût, la traduction est un passage délicat et fort désagréable : je n'ai guère la possibilité de contrôler exactement ce que protège et ce que divulgue la traduction en polonais de mon brevet sur la cuillère à pot à double détente(tm), et mes chances de le défendre en cas de copie polonaise sont plus qu'incertaines. En ce qui me concerne, c'est pourtant le point essentiel d'un brevet, bien au-delà du bien-être de ceux qui en profitent.

L'idée en son temps d'un brevet européen en 3 langues dont le français n'a, chose étrange, guère suscité les mêmes réticences en France que ce protocole de Londres, ce qui relève d'une certaine hypocrisie : pourquoi ces 3 langues et pas d'autres ?

Quant aux communautés scientifiques (et industrielles), il suffit de passer le pont du village pour se rendre compte que la langue internationale est depuis longtemps l'anglais, ce n'est pas un complot manichéen du président Bush ni une soumission à des visions blairistes, c'est simplement la réalité du monde, qui permet de travailler d'égal à égal avec des scientifiques hongrois, brésiliens, japonais ou norvégiens plutôt que de réinventer, chacun dans son coin, la roue. Le français ne permet, hélas !, pas cela.
Car, enfin, le 20h de TF1, c'est bien joli, mais les scientifiques français ne travaillent pas en autarcie avec des intraveineuses de camembert et de beaujolais pour la grandeur du génie français "que le monde entier nous envie". Les équipes sont internationales, on s'appuie sur les publications (en anglais) des autres, chacun apportant sa pierre à l'édifice. Imaginez un congrès international de médecine en Suède où tout serait en suédois...
Chacun baragouine donc l'anglais avec sa prononciation exotique, mais tout le monde se comprend et le maîtrise suffisamment à l'écrit (même les Français !), c'est là l'essentiel, à l'image du grec dans l'Antiquité.

Il me semble évident que l'Europe gagnerait à une certaine unification des systèmes de brevets, tant pour le dépôt que pour leur défense.
Si les principaux intéressés par le protocole de Londres ne s'y opposent pas, ou pas encore, n'est-ce pas là qu'on pourrait y trouver une des raisons ?

Après, on peut s'interroger sur l'aspect purement commercial des brevets et une vision trop industrialisée du monde, je suis parfaitement d'accord, mais c'est là une autre histoire.

Ecrit par : Ponte Facto | lundi, 23 juillet 2007

PF : « ce qui relève d'une certaine hypocrisie : pourquoi ces 3 langues et pas d'autres ? »

Parce que cela résulte d'un compromis pratique et qu'il était dans la nature d'un compromis d'écarter certaines langues. De toute façon, à l'époque où la première convention sur le brevet européen à été signée, les trois langues choisies représentaient bien les trois langues les plus importantes de l'espace concerné.

COntrairement à ce que vous écrivez, je crois que l'Europe ne gagnera pas, à moyen et long terme, dans la simplification linguistique : cette simplification profitera d'abord aux plus gros déposants de brevets en Europe, c'est-à-dire aux entreprises américaines et japonaises (et accessoirement aux Allemands qui sont les premiers Européens par le nombre de brevets délivrés). Il faut rappeler que les brevets européens d'origine européenne représentent moins de la moitié des dépôts. Le taux de pénétration étrangère est très élevé, en tout cas bien plus par exemple que les chiffres analogues pour les brevet américains ou japonais.

Ecrit par : DB | lundi, 23 juillet 2007

pierre louis : Ce sont les aspirants industriels qui brevètent.

Il faudra que vous alertiez le CEA et le CNRS qu'ils font fausse route en déposant des brevets.

Ecrit par : DB | lundi, 23 juillet 2007

DB : "les trois langues choisies représentaient bien les trois langues les plus importantes de l'espace concerné."

Qu'est-ce donc qu'une langue importante ?

"(...) cette simplification profitera d'abord aux plus gros déposants de brevets en Europe, c'est-à-dire aux entreprises américaines et japonaises"

On retombe toujours sur le fond réel du problème : la perception culturelle du brevet sur un arrière-plan de gros sous, et non pas la sauvegarde de la diversité linguistique en Europe... et c'est bien ce qui me gêne dans ce débat.

Ecrit par : Ponte Facto | lundi, 23 juillet 2007

Ce sont les trois langues de travail de l'Union européenne, les autres étant langues officielles ou langues de l'Union.

Ecrit par : Dominique | lundi, 23 juillet 2007

à PF,
Comme l'a dit Dominique, les trois langues de travail de l'U.E., et elles ont eu ce titre parce qu'elles sont les trois langues les plus parlées en première langue dans l'U.E. C'est le critère d'importance économique et pratique pour les brevets.
Quant à votre deuxième observation, je dois dire que les brevets sont et ne sont qu'une affaire de gros sous. Ils visent à établir un monopole économique.

Ecrit par : DB | lundi, 23 juillet 2007

À DB

>Il faudra que vous alertiez le CEA et le CNRS qu'ils font >fausse route en déposant des brevets.

Il fallait entendre *surtout*, les universitaires classiques publient leurs résultats et ne les brevètent pas. C'est pour l'avancement de la science (il faut pouvoir reproduire l'expérience et cela librement et indépendamment, une des conditions de la preuve scientifique de Popper si j'ai bonne mémoire).

Personnellement, ce qui m'intéresse c'est que les industriels et inventeurs puissent s'exprimer le mieux possible sans devoir passer par le prisme d'une langue imposée (l'anglais) qui ne favorisera que ceux qui parlent cette langue comme langue maternelle. Je ne comprends pas la sujétion la plus complète de tant de Français dans ce domaine. Jamais se soucier de l'impact de leur aplatventrisme devant l'anglais.

aintenant, bien évidemment, il faut faire un compromis pratique, 3 grandes langues européennes me paraît bien.

Si on me pousse, j'exclurai l'anglais qui a toujours tendance à vouloir phagocyter les autres dès qu'on l'introduit (voir Bruxelles et l'Union européenne).

Ecrit par : Pierre Louis | mardi, 24 juillet 2007

PL : C'est pour l'avancement de la science (il faut pouvoir reproduire l'expérience et cela librement et indépendamment, une des conditions de la preuve scientifique de Popper si j'ai bonne mémoire).

Cela ne doit pas empêcher les universitaires de breveter (et certains, heureusement, le font). En effet, presque tous les régimes de brevet reconnaissent le droit à l'expérimentation, et permettent donc librement de reproduire une expérience, indépendamment de tout brevet existant. Le monopole que vise le brevet est seulement celui de l'exploitation commerciale de l'invention.

Ecrit par : DB | mardi, 24 juillet 2007

JL : "(...) Je ne comprends pas la sujétion la plus complète de tant de Français dans ce domaine."

C'est vrai qu'il est honteux et humiliant de faire un effort d'adaptation aux autres.
Proposons peut-être aux scientifiques du monde entier d'apprendre le français plutôt que de baragouiner l'anglais, qui sait, l'idée est séduisante...

Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 24 juillet 2007

Ah ! dans le quotidien du soir, une tribune de MM. Myard et Derambure, le premier est député UMP et le second président de la CNCPI, contre la ratification.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3232,36-938683,0.html

Ecrit par : Dominique | mardi, 24 juillet 2007

Mmhh, si l'on considère vraiment que les chercheurs et les industriels français ne sont pas suffisamment dégourdis pour inventer ou mettre au point et qu'il faut plutôt chercher à mettre des bâtons dans les roues des autres pour espérer garder la tête hors de l'eau, alors non, une simplification des systèmes de brevets n'est effectivement pas une bonne chose.
Mais c'est une vision bien pessimiste des choses, vision que je ne partage pas... (peut-être suis-je un brin utopiste ?)

Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 24 juillet 2007

Hum... je suppose que les Espagnols et les Ilaliens ont aussi de mauvais chercheurs puisqu'ils veulent que les descriptions soient traduites dans leur langue.

Ecrit par : Dominique | mardi, 24 juillet 2007

Dominique,
Oui, objectivement, les pays du Sud (Espagne, Italie) ne sont pas des grands déposants de brevet. Est-ce qu'ils cherchent et ne trouvent pas, est-ce qu'ils trouvent et ne protègent pas, le débat est ouvert. Mais, et cela ne rassurera pas Ponte Facto, les Français ne sont pas non plus très forts sur ce point, par rapport aux Allemands ou aux Britanniques.

Ecrit par : DB | mardi, 24 juillet 2007

DD : "(...) puisqu'ils veulent que les descriptions soient traduites dans leur langue".

Quand je cherche l'argumentation italienne contre ce fameux protocole de Londres, je tombe également en premier lieu sur des traducteurs qui s'inquiètent pour leur avenir... (pourtant, ils font déjà partie des "pas importants" de DB). Je comprends leur inquiétude, mais le débat sur les brevets devrait à mon avis d'abord concerner les créateurs qui cherchent à protéger le fruit de leur travail.

Ayant moi-même eu à déposer des brevets, je ne connais que trop l'incroyable complexité de ce processus, où je dois sans cesse reprendre les déformations apportées par les juristes qui s'éloignent de l'esprit de mon texte, lui-même insuffisamment compatible avec la rhétorique du milieu (en bref, il faut tout dire et ne rien dire, être à la fois détaillé et vague), c'est un combat itératif et plutôt barbant pour obtenir un compromis valable pour les deux parties.
J'ai tendance à vivre la traduction comme une torture supplémentaire d'un texte déjà fort délicat, le traducteur ne pouvant qu'interpréter ce qu'il ne comprend pas.
C'est dans cette optique-là que je verrais d'un bon oeil une simplification, dans l'optique du déposeur de brevets, et je soupçonne qu'il en va de même de la part de bien des chercheurs et industriels français, c'est également ce qui sous-tendait des interrogations de Pierre Enckell si je ne m'abuse.

Mais je peux me tromper, et d'éminents scientifiques français habitués à déposer des brevets s'exprimeront peut-être ces prochains jours en défaveur de ce protocole de Londres. C'est avec intérêt que j'écouterai/lirai leurs arguments. Un éclairage différent me permettra sans doute de me faire une opinion plus fondée, pour ou contre ce fameux protocole.

En ce qui me concerne, l'argument principal que je vois en défaveur de ce protocole de Londres est qu'il n'est qu'à l'échelle du continent (31 pays + quelques uns qui participent plus ou moins) et n'offre en conséquence aucune contre-partie de la part d'autres continents, notamment en Asie... C'est pourtant bien là-bas que la protection de la propriété intellectuelle est la plus hasardeuse...

Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 24 juillet 2007

Ponte Facto, il n'y a que treize pays qui appliqueront le protocole, pas trente et un.

Ecrit par : Dominique | mardi, 24 juillet 2007

Faute d'erreur de ma part, mais l'argument reste le même...

Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 24 juillet 2007

Euh... vous ne voyez pas qu'en fait, le protocole de Londres n'aura de valeur que dans un nombre très très limité de pays ? Mais les conséquences de l'abandon du français se porteront elles à l'échelon mondial.

Ecrit par : Dominique | mardi, 24 juillet 2007

DD : "vous ne voyez pas qu'en fait, le protocole de Londres n'aura de valeur que dans un nombre très très limité de pays ?"

Si vous relisez mon dernier paragraphe, c'est pourtant bien ce que j'y ai écrit (j'ai certes écrit 31 au lieu de 13, mais cela ne fait pas grande différence sur le fond : à l'échelle mondiale, ça reste très limité).

Ecrit par : Ponte Facto | mercredi, 25 juillet 2007

Je suis un Australien qui habite a Sydney et qui tombe sur votre site par bon accident, car je cherchais des infos sur l'origine historique de la langue francaise (842 il me semble...). Je demande que vous me pardonnez mes fautes dans votre langue!
Je trouve votre discussion tres interessante car j'observe deja quelques annees les discussion en France tant qu'au Canada sur la perte de la langue francaise. Je voudrais juste ajouter que l'Anglais est une langue qui n'aurait pas eu du succes si ce n'etait pas pour l'intervention des Normans et que c'est derniers on injecte une vaste quantite de mots francais dans l'Anglais. Presque touts les mots de pouvoir ou de autorite en Anglais viennent du Francais. L'Anglais est donc devenu addicte d'avaler des mots utiles d'autres langues et est ainsi devenu une langue tres dynamique. C'est peut-etre pour ca qu'il y a tellement de mots nouveaux avec provenance de l'Anglais de nos jours. Neamoins je crois que les francais peuvent se rassurer que leur langue vit bien fort dans l'Anglais. C'est, en termes Australiens, une sorte de boomerang linguistique?

Ecrit par : Alex | dimanche, 05 août 2007

Alex :
Neamoins je crois que les francais peuvent se rassurer que leur langue vit bien fort dans l'Anglais. C'est, en termes Australiens, une sorte de boomerang linguistique?

Attention au retour !-;))

Ecrit par : Michèle | dimanche, 05 août 2007

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