lundi, 02 juillet 2007
Déraillage sémantique
Le langage marquetingue est déjà passablement débile, mais ce n'est pas tout :
"La vision du chemin de fer change, assure M. Pepy. On passe d'une vision purement nationale, domestique où par exemple les Français demandent une réservation, les Allemands pas, à une vision européenne où l'on se rend compte qu'il serait absurde de ne pas transposer les succès domestiques au[x} succès européens. Le slogan de Railteam, c'est "connecting Europe"."
Je passe sur le domestique à la place de national ou d'intérieur. C'est une imbécillité répandue dans les grandes entreprises et notamment chez les avionneurs ou les boursicoteurs. Mais je me demande comment on peut transposer des succès à d'autres succès, cela n'a aucun sens ! Quant au slogan, il est d'une idiotie sans nom : on ne connecte pas une chose à elle-même, du moins quand on fait l'effort de penser dans les langues domestiques (pardon !) nationales et non dans la langue du pays qui a le plus mauvais réseau ferroviaire européen.
19:08 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, média, médias



Commentaires
"(...) les Français demandent une réservation, les Allemands pas (...)"
Je me demande ce qu'il entend par "les Français" dans sa phrase.
S'il s'agit du peuple français, je doute qu'il "demande" une réservation, c'est plutôt un subterfuge marquetinge de la SNCF pour camoufler une partie du billet, le temps que le voyageur passe à la caisse.
C'est un peu à l'image des taxes d'aéroport et les diverses surtaxes pour le carburant que l'on rencontre chez les compagnies aériennes.
Cela dit, l'arrivée en France de l'horaire cadencé les obligera à assouplir ce système de réservations, puisque par principe les trains d'un noeud ferroviaire attendent au maximum 10 minutes une correspondance en retard (la correspondance est assurée). Au-delà, le passager prend le train suivant, comme on prend le métro suivant.
Le fait que la SNCF annonce qu'une ancienne réservation montrée avec la carte machin fera office de réservation valable dans un autre train est révélateur de ce n'importenawak. Déjà aujourd'hui, la SNCF vend plus de réservations qu'il n'y a de sièges (= overbooking chez les compagnies aériennes).
Ils tiennent surtout à conserver le supplément de prix que cela représente, et qui n'est jamais vanté dans la publicité.
N'oublions pas que les chemins de fer ont pour obligation contractuelle de transporter, mais rien ne les oblige à fournir une place assise.
Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 03 juillet 2007
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