lundi, 25 juin 2007
Des étales médiévales
C'est un minuscule problème d'orthographe et de grammaire, mais qui illustre bien à mon avis les difficultés de l'évolution de la langue, lesquelles ne sont pas dues à la nature de la langue mais au regard que nous portons sur elle et à l'attention que nous lui accordons.
- Idée : Et si l’on profitait du parvis de la cathédrale qui sera complètement refait pour y installer des étales du marché médiéval l’année prochaine ? Une idée à suivre…
Le pluriel classique du mot étal est étaux. C'est un pluriel attendu puisque le terme est fort ancien et remonte à l'ancien français, ce que ne sont pas les exceptions avec pluriel en -als. Cependant, depuis le début du XXe s., le pluriel en -al a tendance à se répandre du fait de l'homonymie avec un étau, des étaux et le journaliste a naturellement pensé à écrire des étals, ce qui n'est pas incorrect à mon avis car on ne peut pas accuser d'erreur les neuf dixièmes de la population (un relevé oral serait encore plus édifiant qu'un sondage Google-express), mais son correcteur orthographique a refusé cette forme et lui a proposé l'adjectif étale, sans chercher à analyser la phrase. Le problème est multiple : c'est dans l'usage et pourtant le correcteur estime que c'est faux, le correcteur automatique est idiot et propose une solution fausse, on écrirait la forme traditionnelle ce ne serait pas faux pour le correcteur mais on ne serait pas compris par les lecteurs. Une seule solution ! Utiliser son cerveau, la seule matière libre, non polluante, disponible chez tout un chacun pour le bien de tous (sauf chez ceux qui regardent Secret Story). On peut vouloir faire évoluer la langue vers plus de souplesse, de modernité et de simplicité, mais regardez donc plutôt les réactions de personnes ordinaires face à un correcteur automatique du type imbécile... Si on débranchait et réfléchissait ?
12:40 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, langue française, média, médias, orthographe



Commentaires
Ma méfiance envers les correcteurs automatiques date de mes tous premiers essais sur ordinateur, quand après avoir signé un article de mon nom je me suis vu proposer par l'automate de le remplacer par "Enculé".
Il est devenu moins grossier, mais je garde un oeil critique.
Ecrit par : Pierre Enckell | lundi, 25 juin 2007
Une bonne moitié, si ce n'est davantage, des perles signalées dans le Canard sont le fruit de correcteurs totographiques utilisés sans cervelle.
Cela dit, j'ignorais ce pluriel normal en "étaux", lequel m'aurait plus que "tenaillé" lors le la lecture de l'article. J'ai toujours écrit et prononcé étals.
Au sujet des correcteurs, le dictionnaire des téléphones portables est parfois bien surprenant. L'exemple le plus marquant est la fois où une amie me proposait de mettre les luges dans le train, ce que le correcteur avait remplacé par "mette les juifs dans le train"...
Ecrit par : Ponte Facto | lundi, 25 juin 2007
Le cas de cet "étales" montre que les correcteurs orthographiques sont non seulement utilisés sans discernement, mais programmés par des gens qui connaissent mal la langue.
Ecrit par : Irène | mardi, 26 juin 2007
Au contraire, il connait le Poteu des Étales !
http://www.geocities.com/romrando/Valais-Adret.htm
Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 26 juin 2007
J'ai fait le test avec le correcteur orthographique d'Open Office et j'ai eu le plaisir de noter que le dictionnaire utilisé comprenait bien la forme "étals" !
Ecrit par : Irène | mardi, 26 juin 2007
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