mercredi, 13 juin 2007
Rencontre débat
Aargh ! Les néo-adjectifs ont encore frappé dans ma boîte aux lettres : le candidat bogosse et parisien de l'UMP et son suppléant "invitent à une rencontre débat pour les habitants de l'arrondissement de Champignac" (cela dit, l'arrondissement en question a deux cantons dans deux circonscriptions voisines et on voit que le membre de boys' band ne maîtrise pas sa géographie électorale ou le vocabulaire politique). Une rencontre aurait dû suffire, parce que si on se rencontre on discute, ne serait-ce que de la pluie et du beau temps. Un débat aurait été aussi bon, parce que le débat ne se fait pas entre les seules personnes à la tribune sauf s'il est précisé que le débat aura lieu entre Bidule et Truc. Alors pourquoi "rencontre débat" ? Sans doute du fait d'un implicite : il faut dire deux choses à la fois, que l'on va vers les gens (on les rencontre) et puis on les écoute, leur répond (on débat), mais cela sans polémiquer, sans chercher la dispute à tout prix (le sens de "rencontre" atténue celui de débat). Bref, on invente l'eau tiède comme en publicité où il faut allier des termes de sens contraires afin de neutraliser toutes les connotations négatives (voir mon récent billet sur la gourmandise). Quand je songe que le suppléant (le maire de Champignac pour ne pas le nommer) appartient au Conseil supérieur de la langue française et qu'il se targue sans cesse dans les follicules localiers de sa parfaite maîtrise de ma langue et de son autorité en la matière, je me dis que la grenouille finira par éclater un jour. Bon... le futur godillot de la majorité exécutera parfaitement son rôle d'objet décoratif entre deux plantes vertes du salon et ne déméritera pas de sa fonction ornementale.
10:05 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, ump, sarkozy, ps, socialiste, royal



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