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mercredi, 13 juin 2007

Relier à

Bossant à Champignac et résidant à Paris, j'avais l'habitude de prendre le dernier train pour rentrer, celui de 22 h 14. Eh bien, depuis lundi justement y'a plus de train à cette heure-là. Le dernier départ est en effet fixé à 20 h 16. Logique ! Le train va plus vite mais il part plus tôt. Sauf que ce dernier train est un Corail et qu'il relie Champignac à Paris à 1 h 37 !

Si le train relie Champignac à Paris en une heure trente-sept minutes, ce n'est pas grave : le délai est allongé de sept minutes seulement. Si le train arrive en gare de Paris-Est à 1 h 37 le lendemain, cela fait cinq heures de route en omnibus et cela n'a guère été vu sur cette ligne (Paris-Luxembourg) qui dessert pourtant parfois des coins très très très perdus de la Brie, du Vermandois ou du Verdunois, mais avec seulement une durée double de trajet soit bien moins que les cinq heures évoquées (ce n'était d'ailleurs pas le dernier train de la journée). La dernière phrase est bancale et ne dit rien sur le contentieux.  

Commentaires

Le lien en boucle est-il une erreur ?

Cela dit, que la phrase soit bancale et ne dise pas ce qu'elle voudrait dire n'a pas beaucoup d'importance dans ce genre d'article, le but étant de ronchonner. Bon nombre de gens passent leurs journées à râler sur les transports publics (trop lents, trop chers, trop vides ou trop pleins, s'arrêtent où il faut pas, s'arrêtent pas où il faut, passent pas au bon moment, etc.) Mais dès qu'on modifie qqch, les mêmes râlent qu'avant c'était génial et que, vive le progrès, maintenant les TP sont trop lents/trop chers/trop vides/trop pleins/s'arrêtent où y faut pas/s'arrêtent pas où y faut/passent pas au bon moment/autres (biffer ce qui ne convient pas).

Et vous n'avez pas encore tout vu. Si tout se passe bien, la SNCF devrait enfin passer en décembre à l'horaire cadencé, ce qui (si l'horaire est bien fait) devrait considérablement améliorer les correspondances aux ruptures de charge, premier pas indispensable pour réduire le fossé entre grandes lignes et trafic régional.
Il faut s'attendre néanmoins à ce que ça râle...

Ecrit par : Ponte Facto | mercredi, 13 juin 2007

C'était une erreur et c'est corrigé. Quant aux râleries, j'ai entendu récemment celles d'un chef-lieu de canton où le train ne s'arrête plus depuis cinquante ans et où on se plaint que le TGV passe forcément très loin, ailleurs que dans la gare désaffectée, mais toujours entretenue comme si elle allait revivre de sa belle vie (cela m'a fait penser aux gibecières que les femmes laissent pendre près des portes d'entrée alors que leur mari est mort depuis des années et qu'il ne se saisira plus jamais du sac en le mettant sur son épaule au passage). C'est triste, c'est beau et c'est bête. Et moi, cela me donne envie de pleurer.

Ecrit par : Dominique | mercredi, 13 juin 2007

Un des marronniers du paysage poltique suisse est le financement des lignes de chemin de fer les plus déficitaires.
Il y a de cela quelques années, les CFF avaient annoncé(probablement surtout pour sonder l'état d'esprit de la population) vouloir fermer une ligne, je crois que c'était la ligne du Val de Travers (pour MiniPhasme), dans le Jura.
Devant la levée de boucliers, les CFF avaient répondu que si la moitié seulement des protestataires prenaient ce train ne serait-ce qu'une seule fois par an, la ligne ne serait guère menacée... Heureusement, elle est toujours en fonction, mais partout ailleurs sur Terre, cette ligne aurait depuis longtemps été remplacée par des bus.

Ecrit par : Ponte Facto | mercredi, 13 juin 2007

Oh ! vous savez, j'ai emprunté des lignes de bus à travers les vignobles où j'étais l'unique passager et où le conducteur ou la conductrice se demandaient s'ils pourraient conserver encore ce service, mais j'étais content de voir qu'il existait quand même une ligne de bus ou de train reliant un bled paumé et j'étais heureux de voir quand cela pouvait servir aussi à d'autres personnes qui avaient un parent malade à l'hôpital ou qui voulaient voir leur fille dans le village voisin. Je me disais que c'était bien pour ces gens même si ça coûtait des fortunes et que le département était assez riche comme ça. Si on a autant d'argent que par chez moi, autant le gâcher dans les choses qui peuvent être utiles aux plus défavorisés !

Ecrit par : Dominique | mercredi, 13 juin 2007

Oui, c'est absolument indispensable, on doit pouvoir vivre sans forcément posséder une voiture ou sans être en état de conduire.
Mais une ligne de bus ne doit payer que son véhicule (achat, entretien, carburant, assurance) et son chauffeur. Les routes sont payées indépendamment par la communauté, tandis que le train doit payer sa voie, sa caténaire, parfois encore sa centrale hydro-électrique...

Alors, au niveau purement financier, il est compréhensible que les entreprises de TP cherchent à remplacer les lignes de chemin de fer déficitaires par des services de bus.
À court terme, c'est peut-être l'argument de la raison : un petit bus a le désavantage de polluer, mais se montre certainment beaucoup moins gourmand en énergie qu'un train vide.

Jusqu'ici, ces lignes survivent au nom du service public, mais à la prochaine crise économique, tant la Confédération que les cantons reverront les subventions à la baisse, sonnant le glas des plus mal en point.

Hélas, une voie de chemin de fer inutilisée se dégrade si rapidement que l'interruption du service - ne serait-ce qu'une année - est souvent irréversible. Bien rares sont les lignes de chemin de fer à avoir retrouvé du service après avoir été désaffectées (ça existe, cependant, mais ça a nécessité de gros travaux).

Et pourtant, les exemples ne manquent pas, où l'on se mord les doigts d'avoir pris cette décision. Sur la Côte d'Azur, notamment entre Saint-Raphaël et Saint-Tropez, circulait autrefois le "train des pignes", qui suivait tranquillement le bord de mer, parallèlement à la route qui est aujourd'hui la N98.
Dans les années 30, la compagnie qui lorgnait du côté des bus a laissé le matériel ferroviaire se dégrader. Après la guerre et le débarquement de Provence, les quelques dégâts occasionés aux voies furent le prétexte rêvé pour remplacer définitivement le train par un service de bus. Dans les années 50, on a élargi la route, miné les ponts et supprimé ce qu'il restait de voies. Il n'est pas besoin aujourd'hui d'être archéologue pour retrouver le tracé exact, plusieurs culées de ponts sont encore visibles, mais en plusieurs endroits le terrain a été occupé depuis, soit par des maisons, soit par l'élargissement de la route ou - nouveauté - un semblant de piste cyclable, parsemé d'embûches.
Depuis les années 70, la N98 est chargée de trafic tout au long de l'année et les embouteillages sont quotidiens de mai à octobre, surtout entre Sainte-Maxime et Saint-Tropez. Nul doute qu'un train desservant les villes du littoral et, en été, les plages, aurait aujourd'hui un succès garanti.
Il y a bien un vague service de bus, mais il est pris dans les mêmes bouchons que les autos. C'est une région où on ne peut pas faire grand chose sans véhicule privé.
C'est dommage, car le TGV passe par Saint-Raphaël...

Un autre exemple : le train entre Montpellier et Palavas-les-Flots (la plage de Mômepeuyé), supprimé au nom du tout-bagnole. Aujourd'hui, on parle (en rêves ?) à Mômepeuyé de reconstruire la ligne à cause des bouchons estivaux.

Le réseau ferroviaire suisse (largement le plus dense d'Europe) s'apparente de plus en plus, tant dans son organisation que dans l'attente de mobilité de ses usagers, à un RER géant. La suppression de lignes aujourd'hui trop sévèrement concurrencées par la route peut s'avérer vraiment fâcheuse dans 10 ans.

Ecrit par : Ponte Facto | mercredi, 13 juin 2007

Vous vous trompez, Ponte Facto, le train des pignes existe toujours et il circule en fait plus à l'ouest du Var http://cccp.traindespignes.free.fr/, il s'arrête en Italie dans un lieu qui fut français sous Louis XIV, mais c'est une des rares compagnies privées de chemin de fer en France (il y en a une autre en Champignacie, avec un nom de grand peintre). Réalités mouvantes, monde instable.

Ecrit par : Dominique | jeudi, 14 juin 2007

C'est en fait une remise en service récente du tronçon entre Nice et Digne, un bien joli voyage.
Je l'ai sans doute déjà signalé quelque part, mais j'avais trouvé un article écrit pour l'inauguration d'un tronçon de cette ligne - à l'époque, le Var marquait la frontière avec l'Italie. Le journaliste ne tarissait pas d'éloges sur la beauté de la rive droite, française, tandis que la rive gauche, italienne, n'était que laideur, tristesse et grisaille.
Quelques années plus tard, un article paru dans le même journal à l'occasion d'une autre inauguration (ou remise en service après travaux) décrivait la splendeur grandiose de cette vallée, la rive gauche étant depuis devenue française.

Mais ce tracé n'a rien à voir avec la ligne du bord de mer dont je parlais, si ce n'est leur exploitation par la compagnie des Chemins de Fer de Provence, que les gens surnommaient affectueusement le train des pignes.

Autrement, il y a également le chemin de fer de La Mure, près de Grenoble, équipé en grande partie d'anciennes locomotives Sécheron et d'une collection hétéroclite d'anciens véhicules réformés du réseau métrique, notamment des Chemins de Fer Rhétiques. Cette ligne touristique est exploitée par une filiale de l'ex-Vivendi, tout comme le chemin de fer de la Rhune.

Ecrit par : Ponte Facto | jeudi, 14 juin 2007

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