mercredi, 13 juin 2007

Holistique

J'ai dû ouvrir mon dictionnaire quand j'ai découvert cette nouvelle bagarre québécoise (une de plus, cela commençait à manquer et le mois allait devenir un peu morne sans aucune castagne linguistique venue du Canada, je suis heureux que le Québec existe encore : on y parle encore de choses importantes qui ne se disent plus en France !) :

Dans ce sens, le choix de l'épithète «holistique» pour caractériser le mode d'évaluation proposé est révélateur du contexte dans lequel oeuvrent tous les professeurs de français au collégial, notamment ceux dont l'essentiel de la clientèle provient de la classe moyenne. Ces derniers ne savent plus comment «guérir» ces élèves issus du secondaire du mal qui les accable, soit une faible maîtrise de leur langue maternelle, notamment à l'écrit.

Commentaires

Peut-on vraiment parler de castagne à propos de l'article du Devoir ?
N'avons-nous pas aussi des préoccupations analogues ?
Ou alors j'ignore tout en effet du contexte.

Écrit par : Rosa | mercredi, 13 juin 2007

Les préoccupations sont les mêmes, sauf qu'au Québec le débat a pris une ampleur provinciale du fait de recommandations officielles encore officieuses. Le sujet de la qualité de la langue est très périlleux quand on parle du Québec, les Québécois sont très chatouilleux à ce sujet (surtout s'ils subissent des moqueries de ces maudits Français) et je comprends l'indignation :
http://lcn.canoe.com/lcn/infos/national/archives/2007/06/20070606-072455.html
Mais bon, c'est vrai qu'en France, une même nouvelle ne dépasserait pas les nouvelles du Soir3 ou du journal de la nuit de France Inter ou un entrefilet dans Libé. C'est un vrai sujet linguistique, pédagogique et de société, autre chose que l'identité nationale de l'américomane de service, et puis on n'en parle pas en France alors que cela devrait nous concerner aussi !

Écrit par : Dominique | mercredi, 13 juin 2007

Oui et il me semble surtout qu'en France ces préoccupations sont abordées sous l'angle "utilitaire" : il faut que mon enfant maîtrise bien le français pour réussir à l'école et avoir une bonne situation plus tard. Mais le devenir de la langue en tant que telle ne préoccupe pas nos concitoyens.
J'irai voir le texte mis en lien car je suis étonnée que les Québécois puissent subir des moqueries de Français...

Écrit par : Rosa | mercredi, 13 juin 2007

Les moqueries contre les Québécois sont une ritournelle des mauvais comiques français : Ardisson et Ruquier se sachant diffusés par TV5 au Canada en rajoutent dans l'anti-québécisme primaire pour faire bouillir la marmite sur place ! Ils savent que leur émission rediffusée en Amérique du Nord sera alors plus regardée par les Québécois qui guetteront le premier dérapage un peu raciste (ce qui arrivera fatalement). Il y a pourtant un truc simple : pitonnez l'écran qui vous fait mal (en français de France, zappez vite !)

Écrit par : Dominique | mercredi, 13 juin 2007

"Mauvais" certes, "comiques" : on en doute.

Écrit par : Rosa | mercredi, 13 juin 2007

Oui Rosa, mais il faut aussi affirmer aux Québécois et à tous les francophones d'Amérique du Nord que nous sommes très nombreux en Europe à ne pas vouloir ces mauvaises représentations, que nous refusons de les regarder, que nous sommes indignés par les propos de ces animateurs quand nous les lisons ailleurs et que nous ne pensons pas que cela puisse représenter la France, tout comme un président jogger ne peut pas représenter la France.

Écrit par : Dominique | mercredi, 13 juin 2007

Je les regarde si peu que j'ignorais complètement qu'ils étaient vus à l'étranger ... Ceci dit cela pose aussi le problème de la responsablité des Québécois : pourquoi les regardent-ils, eux ?

Écrit par : Rosa | jeudi, 14 juin 2007

Pourquoi? Je n'en suis pas certaine, Rosa, je ne les regarde pas. (J'avoue d'ailleurs ne pas connaître ce monsieur Ruquier.) Mais je soupçonne que beaucoup de gens ont besoin d'émotions «fortes» pour se sentir vivants. Certains recherchent la vitesse, les sports extrêmes, les films d'action; d'autres, à ce qu'il me semble en tout cas, recherchent les occasions d'éprouver de la haine ou de la colère, d'où l'attirance malsaine qu'exerce la «radio poubelle». Mais je ne suis pas sociologue, hein. Cela dit, je suis convaincue, Dominique, que la plupart des Québécois prennent monsieur Ardisson pour le digne représentant de lui-même, et de personne d'autre.

Pour ce qui est de la langue, ah. Je viens de supprimer la dizaine de lignes que j'avais écrites là-dessus. Mieux vaut m'en tenir au côté pratique des choses : au moins ça fait original, au Québec, par les temps qui courent.

Écrit par : Choubine | vendredi, 15 juin 2007

Choubine, je songeais notamment aux réactions indignées dans le blogue des Amoureux du français, j'avais alors tenté d'expliquer aux Québécois présents que ce n'était pas représentatif de la télévision française (sauf pour la vulgarité) et que toutes ces piques racistes ne concernaient qu'un ou deux animateurs, un ou deux prétendus comiques, que les neuf dixièmes des personnes au moins en France ne les regardent pas. Ces propos existent et ils ont des conséquences sur l'image de la France au Québec, mais il ne me viendrait pas à l'idée en tant que Français de me brancher sur CKOI depuis que j'ai une idée de l'horreur que c'est. Je ne me fais pas non plus d'idée du Québec à partir de cette gigantesque bouse pour les Kevin Lacroix quand ils font un party quétaine. Chacun a ses beaufs avec une couleur locale...

Écrit par : Dominique | vendredi, 15 juin 2007

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