dimanche, 10 juin 2007
Q
Je suis en pleine période de révisions jamesbondesques grâce au Monde, et je me suis aperçu que dans les V. F. des premiers épisodes, on nommait Q par le nom de sa lettre à la française c.-à-d. kü, puis à partir de l'Espion qui m'aimait (début de la période Roger Moore donc) par le nom de sa lettre en anglais : kiou. Je me suis gravement interrogé sur le sens profond de ce changement, d'autant que les allusions grivoises ne manquent guère dans ces films.
14:49 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue anglaise, cinéma



Commentaires
Le premier acteur à tenir ce rôle au cinéma n'était-il pas Sean Connery ? A partir de là, les adaptateurs français ont pu s'en donner à coeur (ou à cul) joie.
Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 10 juin 2007
Dans les années 50, Walt Disney avait fait des films sur Davy Crockett, où le rôle principal était tenu par l'acteur Fess Parker, qu'il avait fallu rebaptiser « Fier Parker » pour la distribution en Italie et en France.
Ecrit par : Pierre Hallet | dimanche, 10 juin 2007
Je choisis toujours la version originale (avec sous-titres français) pour le plaisir d'entendre les voix des comédiens... Encore que ce ne soit pas toujours le cas puisque, dans la VO de Goldfinger, Gert Fröbe est lui-même doublé en anglais, qu'il ne parlait pas. Dans l'ensemble, cependant, je préfère les voix originales. Donc, j'entends toujours kiou.
Ecrit par : Jacques Layani | lundi, 11 juin 2007
Une bonne rigolade avait accompagné la diffusion de "Dr No" à la télévision - en VF. Un membre des services secrets envoyait James Bond en mission à Miami-plage...
Ecrit par : Ignare | lundi, 11 juin 2007
Quoi qu'il en soit, lorsqu'on lit les sous-titres français et qu'on entend un tant soit peu l'anglais, on s'aperçoit que ce qui est traduit n'a qu'un lointain rapport avec ce que disent les acteurs. Parfois aussi, les choix sont très amusants : dans L'Espion qui m'aimait, "good" est traduit par "cool". Il fallait le faire.
Ecrit par : Jacques Layani | lundi, 11 juin 2007
Vu à la télé il y a.... longtemps. Dans un vieux film muet de Charlie Chaplin, Charlot, accompagné d'un gamin (le Kid?), lui fait signe de se taire en portant l'index devant les lèvres avant de lui chuchotter trois mots. Un carton de commentaire, en français, explicite les mots chuchottés: "Dites maman!"
Well, well, well... Perplexité! J'ai supposé, que le carton de la version américaine devait porter l'injonction "Mum's the word!", ce qui veut tout simplement dire "motus et bouche cousue"... :-)
Dans la version française de Rainman, le dentifrice "antitartare" de Dustin Hoffman n'est pas mal non plus!
Ecrit par : Corentin | lundi, 11 juin 2007
En cherchant à comprendre l'intervention d'Ignare ci-dessus, je constate que la ville américaine de Miami Beach s'appelle en français Miami, tandis que Miami-plage se rapporte à divers lieux de villégiature sur la Côte d'Azur, la Costa Dorada et en Corse, et peut-être ailleurs encore (je n'ai fait qu'une brève enquête sur google).
Ecrit par : Pierre Enckell | lundi, 11 juin 2007
Troublant, le "Paris, Texas" de Wenders ;o)
Ecrit par : MiniPhasme | lundi, 11 juin 2007
On connaît le fameux Nayland Smith from Burma (venu de Birmanie) qui devint dans une des premières traductions de la série Fu Manchu Sir Nayland Smith de Burma, ce qui donna à Léo Malet le nom de famille d'un de ses personnages.
Ecrit par : Dominique | lundi, 11 juin 2007
Pour en revenir à Bond, une chose que Dominique n'a pu manquer de remarquer : les gadgets bondiens conçus par Q sont souvent présents chez Franquin, plusieurs années auparavant.
Je cite de mémoire, mais la fusée individuelle d'Opération Tonnerre (je crois) est une version à réaction du fantacoptère, purement et simplement. La Petite Nellie d'Opération Tonnerre (encore) est le scooter de Zantafio dans Spirou et les héritiers. Les différents engins sous-marins individuels qu'on trouve dans les omni-présentes scènes qui ont lieu sous l'eau ressemblent très fort à celui conçu par Champignac dans Le Repaire de la murène.
Je me trompe peut-être dans les références de films et d'albums, mais pas en ce qui concerne les engins eux-mêmes. Je sais bien que la narration bondienne correspond très souvent à celle d'une bande dessinée, mais enfin...
Ecrit par : Jacques Layani | mardi, 12 juin 2007
Le fantacoptère est inspiré des recherches effectuées par l'armée à l'époque. Il y a eu beaucoup d'essais d'autogyres dans les années 50 :
http://users.skynet.be/fa401913/vol_moteur.htm
Franquin s'est inspiré de ces tentatives (il lisait cette documentation), tout comme les décorateurs et scénaristes de Bond. Mais on peut trouver de telles images chez Robida aux alentours des années 1900. Robida est injustement oublié aujourd'hui, mais il faut voir qu'il a été démarqué par tous les grands de la BD de SF à partir des années 70 (Moebius, Schuiten, Mézières) qui lui empruntent ses architectures et ses véhicules.
http://www.robida.info/
Un film comme le Cinquième Element de Luc Besson s'inspire esthétiquement de la saga de l'Incal de Moebius qui lui-même prenait à Robida, par exemple pour son taxi volant.
Pour la petite Nellie, il faut remonter à Jules Verne et au dyptique Robur le Conquérant-Maître du Monde qui présente un engin encore plus fantastique pouvant se déplacer aussi sous terre ! Il me semble que Robida avait aussi repris cette idée dans sa Guerre au XXe s. (je n'ai plus l'encyclopédie de Versins pour vérifier).
Il y a deux faits distincts à mon avis :
a) des essais réels que l'on trouvait dans les revues scientifiques ou techniques des années 50, ce n'est donc pas étonnant de retrouver cet ancien futur proche dans les oeuvres de l'époque ;
b) des sources plus lointaines dans le roman-feuilleton illustré que les techniciens de l'époque ont pu retrouver, mais qui ont été ensuite exploitées par la BD et le cinéma dans les années 80.
Ecrit par : Dominique | mardi, 12 juin 2007
Voilà qui est intéressant.
On peut aller plus loin : les décors de Ken Adams pour Bond sont zorglubiens au possible.
Ecrit par : Jacques Layani | mardi, 12 juin 2007
J'ai toujours admiré le talent de Q pour prédire l'avenir et développer exactement les gadgets qui feront la différence, chacun juste au bon moment.
À noter que ce brave Desmond Llewelyn (il savait sûrement prononcer "Mwynhewch!") était très certainement l'acteur que l'on a retrouvé dans le plus de James Bond. En comparaison, les scénaristes devaient ruser pour réussir à introduire un nouveau Felix Leiter à (presque) chaque épisode - tout juste s'il ne fallait pas lui mettre une pancarte autour du cou.
Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 12 juin 2007
La cité Atlantis de Stromberg dans l'Espion qui m'aimait (décor Ken Adams) date de 1977 et en fait elle existait presque sous la même forme dans la fin de la parodie Casino Royal(e) (1967) avec une foule d'artistes que l'on ne peut citer tous
http://www.filmdeculte.com/dossier/jamesbond/13.htm
L'idée du lieu amphibie n'est pas neuve : on la trouve déjà chez Hergé dans la série de Jo, Zette et Jocko qui date d'avant-guerre. Je ne crois pas que cela ait eu de vraies conséquences sur l'école de Marcinelle qui avait une vie un peu indépendante et en marge.
En revanche, il y a eu une influence jamesbondesque chez Hergé dès le début des années 50 : l'Affaire Tournesol, Coke en stock et peut-être le dyptique lunaire sont inspirés des romans et non des films (Hergé avait lu Fleming, mais Jacques Martin aussi et son Mystère Borg est un James Bond patent, sans compter quelques Alix de la même époque qui sentent aussi cette influence). Il y a rencontre de hasard dans un cas, copie détournée dans les autres. Les idées originales sont en nombre limité, donc on retombe presque toujours sur quelques images déjà vues, mais autrement.
Ecrit par : Dominique | mardi, 12 juin 2007
En parlant de décors zorglubiens, je pensais surtout à la pièce dans laquelle pénètre le professeur Dent pour entendre résonner la voix du docteur No.
Les différents repaires de Blofeld sont zorglubiens, eux aussi, notamment celui qui se trouve abrité derrière une façade respectable, boulevard Haussmann. Je crois que c'est dans Opération Tonnerre. C'est quand il appuie sur un bouton et électrocute un de ses collaborateurs, qui l'a trahi. Le fauteuil descend ensuite dans les entrailles de l'immeuble avec le corps et remonte, vide. Très Zorglubien, tout ça.
Ecrit par : Jacques Layani | mardi, 12 juin 2007
Ponte Facto : effectivement, il paraît incroyable que les divers réalisateurs n'aient pas réussi à engager plusieurs fois le même comédien pour jouer Leiter. Ils sont parvenus à prendre je ne sais combien de fois Bernard Lee (excellent M), Loïs Maxwell (chère Moneypenny), Desmond Llewelyn (formidable Q, hilarant), et pour Leiter, bernique (si, David Hedison le joue deux fois, mais c'est tout ; au total, sept acteurs). Comprends pas.
Ecrit par : Jacques Layani | mardi, 12 juin 2007
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