mercredi, 23 mai 2007
Le jardin aux betteraves (4)
MILTON : Mon cher Camoens, puis-je goûter à votre boîte de sole ?
CAMOENS : Servez-vous, Milton ; servez-vous de cet instrument, de cette sole en boîte, de cette viole de gambe extra-plate.
MILTON : Boîte de sole extra-plâte en effet, c'est du luth aplati ou de la lotte en plaque, mais sans aller jusqu'à l'extra-plat de la sole en disque, microsillon, pâté stéréo.
CAMOENS : La sole a cet avantage de n'être jamais seule. Vous la consommez ; les arêtes vous arrêtent : Prison, mais : Liberté ! vous la retournez, c'est une autre sole.
MILTON : À la quarte.
CAMOENS : Une sole à la carte ?
MILTON sur l'air de la Marseillaise : Popom, popom ! C'est le dos de la sole. Sol sol sol do, c'est une quarte ! Nous nageons en pleine musique, mon cher Camoens.
CAMOENS : Oui. Tenez, rendez-moi la clé de la sole. Malheureusement dans Shakespeare, mon cher Milton, les calembours de cette qualité fleurissent sur les lèvres des personnages secondaires...
Roland Dubillard
19:36 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, théâtre, anglais, langue française



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