mardi, 17 avril 2007
Le Figaro, grand journal humoristique
Le lien est diffusé sur d'autres blogues, dont celui de François Mitterrand. Je donne la légende de cette photo qui hésite entre l'art sulpicien, la peinture pompier du Second Empire, le réalisme socialiste version Ceaucescu ou Kim-il-Sung, les illustrations de couverture des romans de Ron J. Hubbard :
Nicolas Sarkozy dans les pas du Général (C'est le titre.)
Le candidat de l'UMP s'est rendu à Colombey-les-deux-Eglises pour un pélerinage sur la tombe du général de Gaulle. (C'est le chapô.)
"Un hommage sobre". Délaissant la foule de journalistes attachée à ses pas, Nicolas Sarkozy s'est recueilli seul, ou presque, sur la tombe du général de Gaulle. Avec ce commentaire : "Pour moi, il incarnait la passion de la France. Ses valeurs n'ont pas pris une ride".
Et c'est là que cela devient hautement comique, parce que le premier texte était :
“Sobre". Délaissant la horde de journalistes attaché à ses pas, Nicolas Sarkozy s'est recueilli seul, ou presque, sur la tombe et devant le mémorial du Général de Gaulle. Pour le candidat,"de Gaulle incarnait la passion de la France, la passion au service de l'intérêt général, de l'oubli de soi". Des valeurs qui "n'ont pas pris une ride".
Vous voyez déjà les mots qui manquent : l'intérêt général, ce n'est pas crédible de la part de ce candidat, l'oubli de soi c'est totalement invraisemblable venant de lui. Le journaliste a dû sentir qu'il en faisait un peu trop en évoquant la horde de journalistes soudainement abandonnés, alors que lui journaliste de la Pravda du Figaro était admis à suivre le Grand Homme devant la tombe du Général, devant le mémorial, à La Boisserie. Cela ne fait pas très sérieux de présenter les journalistes embedded comme une horde et pourquoi pas comme des paparazzis tant qu'on y est ? Heureusement qu'il y ou presque afin d'éviter totalement l'absurdité qui consisterait à nier la présence du journaliste. Remarquons au passage que l'on ne mentionne pas la présence probable de quelque chose comme 300 policiers et gardes du corps pour éviter tout affrontement avec un troupeau de bovins qui iraient pâturer dans les vertes prairies de cette charmante région.
On va encore plus loin dans la réécriture : sobre, cela ne pouvait pas du tout s'appliquer à la photo, parce que je ne sais pas si vous voyez, non seulement elle a été posée, mais on a aussi bien réglé l'angle de prise de vue pour que le Grand Homme ne soit pas écrasé par la croix de Lorraine (il est pris en légère contre-plongée), pour que les deux bras de la croix soient reconnaissables et que le nom de de Gaulle apparaisse clairement. Cela demande un bon temps d'installation, de préparation, de réglage. Ensuite, on a tout bousillé au PhotoShop pour faire apparaître ces rayons irisés qui descendent du ciel, comme la manifestation de l'esprit de de Gaulle venu de l'au-delà... Il manque juste quelques angelots à trompette dans le ciel. Si on ose me dire que cette photo est sobre, je crains le pire en cas de photos surchargées d'effets. Ce sera donc l'hommage sobre.
Quant au titre, Sarkozy dans les pas du Général... On se croirait en train de parcourir la série des Caroline (dont l'auteur Pierre Probst vient juste de mourir), vous savez la petite fille blonde en salopette rouge : Sarkozy cite Jaurès, Sarkozy au mont Saint-Michel, Sarkozy et le viaduc de Millau, Sarkozy visite la banlieue, Sarkozy fait de la philosophie.
16:40 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, sarkozy, politique, jeunespopulaires, ps, royal, photographie



Commentaires
... et
http://www.dailymotion.com/featured:by/rachelmini/video/x1n371_sarkozy-insulte-lallemagne
ce qui semble avoir échappé au Figaro...
Écrit par : linaigrette | mardi, 17 avril 2007
Surtout, la légende parle de la tombe et la photographie montre le mémorial... C'est culotté. La tombe est très discrète, elle est située dans le cimetière de l'église, c'est un caveau de famille ouvert à la mort de la jeune Anne de Gaulle, dans laquelle son père est allé plus tard la rejoindre, puis sa mère.
Le mémorial, gigantesque, dressé sur la colline, n'a rien à voir. De Gaulle en avait accepté le principe en raillant : "Il incitera les lapins à la résistance".
Il faut n'avoir jamais mis les pieds à Colombey-les-Deux-Eglises ou vouloir désinformer pour légender ainsi cette image.
Écrit par : Jacques Layani | mardi, 17 avril 2007
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