vendredi, 06 avril 2007
Un cache-nez rouge
Qu'il m'est pénible ici d'évoquer la misère dans laquelle vécu l'infortuné X s'est, jusqu'à la fin, débattu ! Il habita d'abord Y, puis on le vit à La Z, dessinant sans arrêt sur un calepin dont il froissait et déchirait les pages. Un marchand avait cru en lui, avait tenté de le lancer, s'était lassé et, finalement, avait résilié son contrat.
Dieu lui pardonne ! X erra dans un Paris hostile, sans argent, sans espoir, un cache-nez rouge autour du cou, l'hiver, en guise de pardessus et riant du ciel et des hommes comme un enfant maudit. Il lutta. Il accepta, pour peindre d'être enfermé par un second marchand qui, lui ayant aménagé une cave pour atelier, le payait tous les soirs quelques francs et bien souvent le querellait. Il y avait sur ce beau garçon très noble comme une fatalité. Il était beau ; l'alcool et l'infortune le dégradèrent, intelligent, des brutes en vinrent à bout ; fier et doux, aimant son art, le servant, s'y employant avec passion, la vie l'humilia et, par tous les moyens, lui fit comme à plaisir expier cette audace incroyable de n'exister que pour de secrètes destinées.
C'est un peintre que j'aime bien, mais ici l'auteur ne parle que de sa vie et nulle part de sa peinture. C'est pareil dans la suite du texte. Certes, il fut un témoin de cette vie, cependant c'est un auteur régionaliste qui donne dans le folklore, le cliché pour touristes, la nostalgie fadasse d'une époque composée de deux ou trois figures pittoresques, quelques noms de lieux légendaires et puis la mythologie des poètes maudits ou des mauvais garçons pas si méchants que cela ou des prostituées au grand cœur, etc. Il ne faut pas attendre beaucoup de profondeur de sa part puisque ce sont des écrits un peu faits pour épater le bourgeois avec une bohème rassurante. Cela dit, comme document, c'est important puisqu'on voit apparaître des artistes plus importants que cet auteur. L'aspect humain intéressait plus notre auteur qui fournit des anecdotes nombreuses. Le peintre est je crois aisément reconnaissable par les détails donnés. Une précision encore : le peintre est nommé par son diminutif.
15:25 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, peinture, écriture, art, arts, culture



Commentaires
Oui... un peintre maudit.
Ecrit par : lamkyre | vendredi, 06 avril 2007
André Salmon a écrit une biographie de Modigliani, à l'origine semble-t-il de la légende de la "bohème rassurante".
Ecrit par : leveto | vendredi, 06 avril 2007
Ce n'est pas Salmon, mais c'est bien Modi (selon les mots de l'auteur). J'ai un peu plus d'estime et de respect sur le plan littéraire pour Salmon que j'ai salué ici, alors que j'ai dit ici que je n'adhérais pas vraiment au style de cet auteur (pas forcément méprisable malgré tout, mais bon... pas trop mon truc parce que je vois tous les trucs...)
Ecrit par : Dominique | vendredi, 06 avril 2007
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