jeudi, 05 avril 2007
L'orthographe est un enjeu politique
Quand on est en infériorité linguistique, on est nécessairement à la merci des nantis du langage, de ceux qui ont une parole plus forte.
C'est d'Alain Bentolila avec lequel je partage un certain nombre d'idées, même si je trouve qu'il tire des conclusions un peu réductrices et hâtives, que les remèdes proposés ne sont pas à la hauteur. Un beau débat sur l'état de la langue et notamment sur son apprentissage entre Bentolila et Vincent Cespedes (qui fournit lui le titre) dans la figure classique de l'affrontement des Anciens et des Modernes.
18:38 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, éducation, enseignement, profs, orthographe



Commentaires
Quand on est en infériorité économique, on est nécessairement à la merci des nantis du capital...
Quand on est en infériorité physique, on est nécessairement à la merci des nantis du muscle...
Quand on est en infériorité numérique, on est nécessairement à la merci des nantis du nombre...
Quand on est en infériorité politique, on est nécessairement à la merci des nantis de la majorité...
Bentolilapalisse ?
Ecrit par : Pierre Enckell | jeudi, 05 avril 2007
Mais l'infériorité linguistique est souvent corrélée avec l'infériorité économique, politique, sociale, et c'est un facteur d'exclusion, non ? Je pense que Bentolila est victime ici d'un de ses raccourcis (il simplifie trop sa pensée à mon avis malgré des fondements justes), mais si on possède plusieurs niveaux de langage et surtout le code linguistique des élites on peut sortir de cette exclusion. Il y a aussi le non-dit : le code est momentané, il peut changer, en fait Bentolila propose d'adhérer au code en vigueur et surtout de refuser un nouveau code (lequel pourrait dégager une nouvelle élite en déclassant l'ancienne). Il y a au delà de ce truisme une volonté politique : perpétuer ce qui existe sans rien changer dans l'ordre des choses (Bentolila est un conservateur dans le fond). Et cela se fait à partir d'un constat pertinent au sujet des jeunes démunis des mots pour dire les choses, les émotions, ce que l'on est. Cela aurait besoin d'un peu de dialectique surtout.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 05 avril 2007
Vous avez récemment publié un lien (je crois bien l'avoir lu ici, mais je peux me tromper) sur les patrons qui prennent secrètement des cours d'orthographe et de grammaire pour ne pas être discrédités devant leurs employés. Ici la supériorité sociale et économique ne peut faire *l'économie* de l'orthographe !
Ecrit par : Alice M | jeudi, 05 avril 2007
Alice, vous avez raison, et c'est bien ici que cet article a été mentionné.
Rien de très étonnant que des cadres supérieurs prennent des cours d'orthographe: la lecture de certaines copies de français des élèves de prépa HEC est édifiante à cet égard, mais que voulez-vous, quand on leur a martelé pendant des années que les maths, l'anglais et l'économie sont LES matières importantes et que tout le reste ne vaut pas tripette...
Ecrit par : danield | jeudi, 05 avril 2007
Bon, supprimez un "fait", il est tard...
Ecrit par : danield | jeudi, 05 avril 2007
C'est ici :
http://champignac.hautetfort.com/archive/2007/02/26/de-l-orthographe-comme-instrument-du-pouvoir.html
Ben... les titres des deux billets se ressemblent terriblement.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 05 avril 2007
La corrélation d'une infériorité linguistique aux autres sources d'infériorité agit comme un facteur aggravant sur tous les autres, comme dans un cercle vicieux. On peut agir sur la langue pour tirer des individus de l'exclusion, comme on peut agir sur d'autres leviers. Mais cela risque d'être peu efficace si d'autres actions (contre l'exclusion économique, territoriale, etc.) ne sont pas menées.
Concernant les conclusions de Bentolilla : elles sont peut-être trop étroitement linguistiques, sans dimension humaine ou pédagogiques. Déjà, le fait d'attacher des étiquettes de valeur aux SMS ou au parler des banlieues contribue à dévaloriser les individus qui ne possèdent que ces codes-là, les rejeter dans leur exclusion au lieu de les tirer vers le haut. Je ne sais plus où j'ai lu (peut-être chez François Bégaudeau) un professeur expliquer qu'il commençait par accepter la "tchatche" de ses élèves tout en leur montrant qu'il y avait d'autres manières de s'exprimer et surtout des manières différentes dans des circonstances différentes.
Ecrit par : Irène | jeudi, 05 avril 2007
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Ecrit par : pepe | lundi, 16 avril 2007
Ouais, plus de cent ans après la mort d'Alphonse Allais... C'est vraiment très rapide et original !
Ecrit par : Dominique | lundi, 16 avril 2007
Allais avè la naivité de voulouar fèr aprouvé sa réform par lè-z otorité. Avek www.ortograf.net on la propaj par la baz.
Ecrit par : pepe | jeudi, 19 avril 2007
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