dimanche, 18 février 2007
Zepothon
Repris de la première version du blog d'un Prof de ZEP (épisode précédent pour ceux qui n'ont pas suivi) :
vendredi 20 octobre 2006
Tout va très bien
Je vais essayer dans ce billet de rester factuel pour ne pas outrepasser mon fameux "devoir de réserve", mais ça va être dur.
Une deuxième collègue a craquée et n'est pas venue au collège aujourd'hui. Une solide pourtant.
Hier soir un collègue a reçu une pièce métallique dans la tête pendant un cours. Aujourd'hui à la récréation du matin réunion en salle des profs. Le principal, son adjoint et les CPE y assistaient. Ils ont commencé par nous dire ce qu'ils avaient fait. Ils ont pris les élèves un par un pour essayer de trouver le coupable. Résultat : nul. Puis ils ont laissé les élèves seuls dans une salle pendant un quart d'heure pour qu'ils discutent entre eux. Quand ils sont revenus dans la salle, "tous solidaires" était écrit en gros sur le tableau. L'enquête continue...
Ensuite la discussion a dérivé sur l'ambiance générale dans le collège. Ont été mis sur le tapis les insolences, que les élèves se permettent de plus en plus, les violences entre eux, de plus en plus fréquentes, et tout le reste. Et le fait qu'il n'y avait pas beaucoup, voire pas du tout, de sanctions (on doit être à 10 ou 15 jours d'exclusions au plus depuis le début de l'année).
Le principal nous a répondu qu'il découvrait tout ça et que les sanctions adéquates avaient été prises. Il nous a aussi révélé que c'était la première fois de sa vie qu'il voyait des élèves lui parler de la façon dont ils se permettent de lui parler, et on peut dire que les élèves restent polis quand ils lui parlent, par rapport à la façon dont ils parlent aux profs, aux CPE ou aux surveillants (dernier exemple en date, une élève entre sans frapper dans le bureau de la CPE qui s'y trouvait avec un collègue et deux élèves, et quand la CPE lui dit qu'elle la verra plus tard, l'élève lui hurle "salope!" et part en claquant la porte).
Quand un collègue lui a remis en mémoire l'incident entre un élève et un prof, l'élève ayant agonit le prof avec une rare violence, et le fait qu'il n'y avait eu que 4 heures de retenue (mises par la CPE, lui-même n'ayant eu comme réaction que de dire qu'il y avait 3 fautes d'orthographe dans la fiche d'incident du collègue), notre principal a répondu qu'il ne voyait pas le rapport.
La réunion a un peu duré et l'heure suivante était entamée de 30 minutes quand le principal a dit qu'il faudrait peut-être aller chercher les élèves. Il l'a tellement bien dit qu'on a pas eu le temps de se poser la question de savoir si il fallait y aller ou pas. La moitié des collègues est partie tout de suite, tandis que l'autre moitié restait pour discuter. Je n'avais pas cours, je suis donc resté, mais je serais resté de toute façon. Je pense qu'on aurait du refuser de reprendre les élèves. Il est revenu 5 minutes plus tard pour dire aux retardataires d'y aller, sur un ton disons autoritaire. Quand une collègue lui a dit que la question était de savoir si on y allait ou pas, il a répondu sèchement qu'il n'y avait rien de bien grave. J'ai pourtant vu des droits de retrait pour moins que ça.
Cet après-midi a été distribué aux élèves un mot les informant qu'il n'y aurait pas de cours lundi après-midi, la demi-journée étant banalisée suite aux faits graves s'étant produits. On discutera entre nous des problèmes.
Mais comme il n'y a rien de grave, je ne vois pas l'utilité de cet après-midi banalisé.
PS : je pense que j'ai réussi à m'en tenir aux faits, mais c'est vraiment frustrant de ne pas tout déballer.
PS2 : ou Xbox, je ne joue ni à l'une ni à l'autre.
16:35 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignement, école, profs, politique, ps, sarkozy



Commentaires
Si le fameux devoir de réserve exige que l'on taise ce genre de choses, cela me paraît abusif. Je suppose bien entendu que les faits sont rapportés exactement.
Ecrit par : Choubine | dimanche, 18 février 2007
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