mercredi, 14 février 2007

Le froid cruel au village

Huitième année, neuvième mois

la neige tombe sans arrêt pendant cinq jours

bambous et cyprès sont morts de froid

que dire des pauvres gens qui n'ont pas de manteau ?

je me tourne vers le village

sur dix foyers, huit ou neuf sont misérables

les habits de coton ouaté ne protègent pas le corps

contre le vent du nord coupant comme une épée

ces gens se chauffent avec quelques fagots d'épines

et passent tristement la longue nuit assis

je comprends maintenant, les années de grand froid

ce que les paysans souffrent et subissent !

au fond de ma maison à la porte bien close

vêtu de fourrure, ou sous une couverture de soie

assis ou couché, je suis toujours au chaud

je ne connais ni le froid ni la faim

et ne dois pas sortir pour travailler aux champs

honteux lorsque j'y pense, je me demande

pourquoi j'échappe ainsi au sort commun

 

Bai Juyi 

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