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samedi, 10 février 2007

Trucs en vrac

Décidément, la manie de faire intervenir des chiffres au milieu de mots se répand. J'avais signalé le film S1mØne où on a un jeu sur les deux unités de base en informatique. Il y a encore la plateforme de blogues C0wb0yz pour les djeuns, l'opérateur N9uf Télécom, et maintenant il faut compter avec T4XI. Ben oui... Le nanar cinématographique de Besson arrive à son quatrième épisode. Et puis cela fait plus branché...

Dans Libé, une série de quatre articles sur la traduction automatique des langues. Rien de très neuf.

Dans le Monde2 (non en ligne), un article sur une double page au sujet de l'enseignement de l'arabe. Il pose la question pertinente : l'État doit-il se défausser sur les entreprises privées, les associations religieuses pour répondre à la demande d'enseignement de l'arabe ? On rappelle quelques faits : le serveur de l'académie de Versailles reçoit plus de visiteurs pour l'arabe que pour l'anglais, les cours dans l'enseignement supérieur sont pleins à craquer, et il n'y a pratiquement aucune création de postes d'enseignants dans le secondaire ou d'ouvertures de classes, pire : il semble qu'il y ait une réticence de la part de l'administration envers cette langue. Ce qui pousse les élèves vers les mosquées... 65 000 enfants passent ainsi par les cours de langue des imams alors qu'ils pourraient avoir accès à l'arabe dans l'Éducation nationale si certains cadres n'avaient de solides préjugés...

La polémique linguistique québécoise du mois, c'est le vocabulaire difficile dans la presse. Chaque mois, les Québécois se trouvent un nouveau sujet de dispute sur le langage. Parfois, c'est le langage ordurier, ou les anglicismes, ou les enseignes, ou le québécois standard, ou les rectifications orthographiques. Cette fois, il s'agit du lexique qui serait considéré par certains comme trop éloigné du langage courant, comme trop intellectuel et abstrait. Cela ilustre à mon avis plusieurs traits de la société québécoise : un fort ressentiment envers les élites françaises, une tendance à la dévalorisation de soi ou à la méfiance envers ceux qui pourraient juger, une imprégnation plus populaire qu'ailleurs ce qui conduit à l'anti-intellectualisme.

Dans le Figaro magazine, on s'enthousiasme pour l'engouement chinois envers la langue française. Je crois qu'il faut relativiser énormément cette idée : les chiffres du français en Chine sont totalement dérisoires par rapport à ceux de l'anglais, ils approchent même le 0 %, et tout cela fait partie du même bourrage de crâne que celui qui tendrait à nous faire croire que le chinois serait la langue la plus demandée par les petits Français (et dans le même temps que l'on s'empresse d'ouvrir des classes de chinois, on refuse celles d'arabe).

 

 

Commentaires

« Décidément, la manie de faire intervenir des chiffres au milieu de mots se répand. »

Pour d'autres, c'est la manie d'avoir des prénoms commençant par des notes.
Ré-gine.
Mi-reille.
Fa-bienne.
Sol-ange.
La-rissa.
Si-donie.

J'en avais trouvé un autre, commençant par deux notes mais il m'échappe pour le moment.

Ecrit par : Stéphane De Becker | samedi, 10 février 2007

Do et mi ? Non, je ne vois pas.

Ecrit par : Sylvie | samedi, 10 février 2007

Des polémiques sur la langue tous les mois ? Au fond, voilà bien un point commun entre les Français et les Québécois !

Ecrit par : Irène Delse | samedi, 10 février 2007

Fa, c'est facile à chanter.
Sol la terre où nous marchons.
La l'endroit où nous allons...

Ecrit par : Frédérique | samedi, 10 février 2007

Au sujet de la langue, je ne crois pas : la langue est un problème social, économique, politique, historique au Québec, et le fait de parler un langage plus soutenu voire plus français blesse des gens (de bonne foi, mais un peu con-con). Et tout propos sur le Québec venant de France peut être très mal interprété, voire interprété comme une preuve de reniement. On marche sur des œufs, mais la question linguistique est centrale et est politique ! Je ne dis pas cela pour les Québécois lucides comme Choubine, car eux savent faire la part des choses, mais il y a bien chaque mois un nouveau sujet d'empaillage linguistique au Québec (c'est un peu moins fort en Belgique, et fort épisodique en Suisse). Le Québec cherche toujours son identité et elle ne peut être ni française, ni anglophone. Mais en refusant l'identité française dans ce qu'elle a de plus normatif et hautain, il y a des contradictions à partir de mots d'ordre. Et voilà comment on devrait faire un pas vers le Québec... Au fait, qui pourrait me rappeler la 110e proposition de François Mitterrand en 81 ?

Ecrit par : Dominique | samedi, 10 février 2007

« Au fait, qui pourrait me rappeler la 110e proposition de François Mitterrand en 81 ? »

110) Établissement de relations étroites avec le Québec. Création d'une académie francophone.

La boucle est bouclée.

Ecrit par : Sylvie | samedi, 10 février 2007

J'en avais trouvé un autre, commençant par deux notes mais il m'échappe pour le moment.

Ecrit par : Stéphane

Docile ?

Ecrit par : Michèle | samedi, 10 février 2007

J'ai retrouvé le prénom commençant par deux notes : Rémi

Ecrit par : Michèle | dimanche, 11 février 2007

il y a Dominique aussi

Ecrit par : JP | dimanche, 11 février 2007

Je n'avais /vraiment/ pas pensé à Dominique. C'était Rémi dont je ne me souvenais pas. Merci à Michèle.

Ecrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 11 février 2007

Et Sidonie, alors ? Elle reste dans son domicile adoré ?

Ecrit par : Pierre Enckell | dimanche, 11 février 2007

Sans compter Lassie, Sylla, Missy.

Ecrit par : Dominique | dimanche, 11 février 2007

Dominique : « Sans compter (...) Missy. »

Je ne vous savais pas lecteur de Colette. Cela fera plaisir à plusieurs bloguistes.

Ecrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 11 février 2007

Ah je crois que je ne suis pas bloguiste (ou si ? Dominique ?), n'ayant pas de blog à moi. Ou bien que je ne suis pas blogueuse (mais très blagueuse).

Missy, ou bien Mathilde de Morny, amie de Colette.

Ecrit par : Frédérique | dimanche, 11 février 2007

Frédérique : « Missy, ou bien Mathilde de Morny, amie de Colette. »

Curieusement, dans la série des « Claudine », elle apparaît sous le pseudonyme transparent de Rési. Vu son origine allemande — ou autrichienne ? — on prononcerait un /s/ dur.
Willy, premier mari de Colette, insistait sur un /s/ doux : il parlait méchamment de « Rési des temps mérovingiens ». Encore deux notes...

Ecrit par : Stéphane De Becker | lundi, 12 février 2007

Colette doit être une spécialiste des prénoms musicaux car elle est aussi l'auteur de Sido.
Cela dit, on peut en chercher encore dans cette très longue liste :
http://3couleurs.blogspot.com/2004/03/19-000-prenoms-originaux.html

Ecrit par : Dominique | lundi, 12 février 2007

Vous n'allez quand même pas oublier Sissi !

Ecrit par : danield | lundi, 12 février 2007

Vérification faite, le prénom est orthographié Rézi chez Colette.
La vérité a ses droits mais c'est ennuyeux.

Ecrit par : Stéphane De Becker | mardi, 13 février 2007

=> T4XI, exportable au Japon ?

« En Japonais, 4 a deux lectures : "yon" et "shi". Or il se trouve que la lecture "shi" est l'homonyme du mot "mort", ce qui donne au chiffre 4 un goût de soufre particulièrement fort. Voilà pourquoi dans la plupart des hôpitaux, entre autres lieux, il n'y a pas de chambre 4, ni même quelquefois de quatrième étage (on passe directement du troisième au cinquième étage). »

http://www.hs.sugiyama-u.ac.jp/~helene/pelemele.html

Damned ! Le dérapage de S4MI N4CERI serait-il imputable à ce 4x4 ?


On notera au passage, qu’au pays du soleil levant, le chiffre 9 n’est pas non plus le bienvenu…

Ecrit par : MiniPhasme | mardi, 13 février 2007

MiniPhasme, je ne vous savais pas aussi assidue de Georges Baumgartner !

D'après Fred Vargas, ma compagne ferroviaire actuelle, le 4 inversé servait également de talisman contre la peste.

Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 13 février 2007

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