jeudi, 04 janvier 2007

Ce qui plaît aux nasmes

Une page de l'atelier est consacrée à une liste de pléonasmes lexicaux (j'ai laissé de côté les pléonasmes syntaxiques, notamment ceux avec pronoms ou prépositions, car c'est difficile d'être général). Rien de très original, si ce n'est l'exhaustivité de la liste (mais avec les mêmes limites que dans le cas des paronymes).

Commentaires

Très bien votre blog. Remarquable. Je me permets de vous signaler cependant que dans votre note du jour, l'on peut lire : "Actuelllement en cours "…

Écrit par : cds | jeudi, 04 janvier 2007

"Altitude : à haute altitude"

Pas d'accord sur celui-ci, l'altitude est un terme technique précis désignant sur un axe vertical la position d'un objet ou d'une personne par rapport à une référence choisie. L'altitude se mesure généralement au moyen d'un baromètre, appelé pour l'occasion altimètre, et la référence est alors une pression connue.
En aviation, par exemple, on utilise différentes pressions de référence qui permettront d'étalonner l'altimètre, puisque la pression atmosphérique varie en fonction du temps et de l'altitude. Proche du sol ou d'un aérodrome, on utilise généralement la pression atmosphérique au niveau de la mer, régulièrement communiquée par les services au sol. Étalonné ainsi, l'altimètre indique l'altitude au-dessus du niveau moyen de la mer (ASL). Les cartes indiquent quant à elles l'altitude des divers points du sol par rapport à ce même niveau moyen de la mer : au pilote de savoir compter.
À l'approche d'une piste, on peut demander à la tour la pression au sol (QFE). Étalonné ainsi, l'altimètre indique l'altitude au-dessus de la piste, mais cette mesure n'est valable qu'à la verticale de la piste et pour autant que la pression ne varie pas.
Pour l'anecdote, la QFE était surtout utilisée dans les années septante à l'approche de l'Angleterre, puisqu'à cette époque, l'alphabet internationnal était "Queen-Fox-Echo", ce qui permettait de piquer les contrôleurs de sa Très Grâcieuse Majesté en demandant la "Queen f*** the cow". Aujourd'hui, "Quebec-Foxtrot-Echo" n'a plus d'intérêt et la QFE n'est quasiment plus utilisée.

Pour la croisière au-dessus d'une certaine altitude (généralement au-dessus de 10'000 pieds), on utilise plutôt les "flight levels" (FL), suivis d'un numéro, par ex. FL195 pour 19'500 pieds. Le FL s'obtient en réglant l'altimètre sur 1013hPa, soit la pression moyenne au niveau de la mer, et en volant de sorte que l'altimètre affiche 19'500 pieds.
L'altitude du FL195 n'est donc pas forcément de 19'500 pieds ASL, mais elle variera en fonction de la météo. Pour la croisière à *haute altitude*, cela n'a aucune espèce d'importance. L'important, c'est que deux aéronefs proches l'un de l'autre et évoluant au FL195 sont à la même altitude et que leurs altimètres indiquent la même chose.

Une altitude peut donc être basse, moyenne ou haute. L'altitude d'un aéronef peut être plus basse que celle d'un autre. Dans le jargon, on entendra facilement parler de faible altitude, mais puisqu'on ne peut pas parler de forte altitude, cela n'a aucun sens. De même, on entend parfois parler de grande altitude, mais puisqu'une altitude ne peut pas être petite, c'est également faux.
Force est de constater que les seuls adjectifs corrects pour qualifier une altitude demeurent haut et bas (+ evtl moyen), sans le moindre pléonsame.

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 04 janvier 2007

Ce n'est pas un pléonasme, mais il y a aussi l'usage de "en altitude" pour signifier très haut au-dessus du niveau de la mer, notamment en montagne.

Écrit par : Irène Delse | jeudi, 04 janvier 2007

C'est un pléonasme étymologique, mais le mot est démotivé un peu comme dans “saupoudrer de sel”, Côtes-d'Armor et Val d'Aran. Parler de haute ou de basse altitude ne me choque pas et je ne vois pas pourquoi on dirait que saupoudrer de sucre ou de poivre serait plus correctt que saupoudrer de sel. Mais cela fait partie de ce que je nomme les pléonasmes cachés (ceux qui n'apparaissent qu'aux locuteurs ayant quelques dictionnaires en tête), j'avais essayé d'en recenser dans fllf. Pour moi, il n'y a aucune faute, mais je suis conscient que j'ai mis sur le même plan des choses très différentes : les automatismes de langage (voire même), les constructions difficiles (allumer la lumière), les renforcements nécessaires (au jour d'aujourd'hui), les effets de style (voir de ses propres yeux, applaudir des deux mains) et puis des fautes grossières (un petit nain) Je tiens à préciser une nouvelle fois que le pléonasme n'est pas forcément une chose à éviter, que l'on a des pléonasmes lexicalisés (aujourd'hui, par exemple), que l'on aurait tort de voir en lui la figure à bannir absolument comme me le disaient mes instituteurs. Le tort d'une liste, c'est de mettre toutes les choses sur le même plan comme si elles avaient exactement le même statut et la même valeur, mais je le redis : je n'ai pas écrit ça dans un esprit normatif, c'est une liste dont on peut faire ce qu'on veut. Il faudrait des attendus pour chacun des termes et bon... je ne peux pas écrire un billet pour chaque expression.

Écrit par : Dominique | jeudi, 04 janvier 2007

Un billet pour chaque expression, ce serait beaucoup, mais de temps en temps, il faudrait des attendus, oui : ça enrichirait et habillerait une liste nue.

Écrit par : Alice M. | jeudi, 04 janvier 2007

Liste fort instructive. Ajouter, par exemple, "déjà d'abord" et "primo et d'une" (lesquels comportent plusieurs variantes, comme "premièrement, d'abord et d'une").

Écrit par : pierre enckell | jeudi, 04 janvier 2007

Ad hoc, idoine et adéquat.

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 04 janvier 2007

Oups ! "Au grand maximum" figure et sous "Au", et sous "Maximum". Serait-ce pléonastique ?

Écrit par : pierre enckell | jeudi, 04 janvier 2007

Je vais rectifier le doublon.

Écrit par : Dominique | jeudi, 04 janvier 2007

Dans le registre juridique j'ai deux exemples de fautes, heureusement rarissimes, qui s'apparentent à ce cas de figure :

"droit juridique" et "bail locatif".

Écrit par : Frédéric | lundi, 08 janvier 2007

Cher Monsieur, Madame,

Je suis en train d'écrire un mémoire de licence concernant "les jeux de mots en classe de FLE". Dans mon travail, je voudrais faire référence à quelques pages de votre site (http://monsu.desiderio.free.fr/sommaire.html). Pourriez-vous me fournir les informations nécessaires:
le(s) auteur(s), éventuellement le nom de l'organisation, et - si possible - la date de publication?

Je vous remercie d'avance!

Meilleures salutations,

Greet Van Dommelen
vandommelen.greet@student.ha.be
étudiante à l'Institut Supérieur de Traducteurs et Interprètes à Anvers, Belgique.

Écrit par : Greet | jeudi, 01 février 2007

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