mercredi, 29 novembre 2006
Le nez qui voque (1)
Glâné au hasard de leurs œuvres pour l'édification (érection) des races (d'Érasme)
“Ah comme la neige a neigé
Mon cœur est consumé de givre,
Qu'est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j'ai, que j'ai ?” (Émile Nelligan, de mémoire.)
“Ah !” (Colette.)
“Je me...” (Barrès.)
“Oh !” (Platon.)
“Sur la...” (Mauriac.)
“Ich...” (Hitler.)
“Ils... ne... la... votre... votre... leur...” (Musset.)
“Ah !” (Sand.)
“Il fait...” (Gide.)
“Les Messieurs de vos a semblez...” (Iberville.)
“Un estourdi plein de présomption angloise...” (Iberville.)
“Nous rencontrâmes un baleinier Américain qui faisait la pêche à la baleine.” (Léandre Ducharme.)
“L'auteur sollicite l'indulgence pour la qualité de cette production.” (Léandre Ducharme.)
“Le beau n'est pas nécessairement difficile à faire. Le beau n'est pas nécessaire. Le beau n'est pas. Le beau nez !” (Auteur imaginaire.)
Quel est celui de ces deux pronoms démonstratifs qui est le meilleur : cela, ça ? Si c'est ça ce n'est pas cela et si c'est cela ce n'est pas ça.
Un ciel de lit regarde un ciel et lui dit :
— Je ne suis pas un ciel de lit. Je suis un ciel.
Un ciel qui ne voulait pas être pris pour un ciel de lit par les autres ciels, regarda les autres ciels et dit :
— Je suis un ciel. Je ne suis pas un ciel de lit.
Je ne suis pas un homme de lettres. Je suis un homme.
Réjean Ducharme
18:01 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, québec



Commentaires
Question simple : à quel début d'un célèbre roman ce début vous fait-il penser et pourquoi ?
Écrit par : Dominique | mercredi, 29 novembre 2006
Je ne sais pas Dominique , mais j'adore le baleinier qui pêche la baleine ! C'est fort ! non?
Écrit par : khate | jeudi, 30 novembre 2006
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