lundi, 30 octobre 2006

C'était à Khorsabad

medium_khorsabad.jpgQu'est-ce que le titre du dernier Alix vous inspire ? Pour moi, il y a plusieurs niveaux de lecture dans cet intitulé et cela renvoie à l'ensemble de la série, mais je préfère que les autres cherchent. Je préviens, c'est passablement embrouillé (comme la vue de ce pauvre Jacques Martin).

Commentaires

"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar."
Merveille de l'imparfait. tout un monde s'ouvre.

Écrit par : pierre | lundi, 30 octobre 2006

Oui, Martin a toujours dit que Salammbo avait été une de ses sources d'inspiration et la référence à cet incipit est explicite. Il reste encore d'autres choses à dire sur Khorsabad, car cela montre la contradiction originelle de cette série.

Écrit par : Dominique | lundi, 30 octobre 2006

Khorsabad est d'abord un nom anachronique, c'est l'ancienne Dur-Sharrukin, éphénère capitale assyrienne (elle a été abandonnée avant d'être achevée) à l'extrème fin du VIIIème siècle avant JC : et pouf pouf un autre anachronisme.

Alix est censé vivre pile poil entre les deux. Mais c'est classique de toute la série.

Écrit par : the masked one | lundi, 30 octobre 2006

"ce sont les petits jeunes issus de l'immigration"
Je comprends bien et je ne doute pas des qualités de la majorité silencieuse des minorités . Mais je pense qu'il ne faut justement pas les enfermer dans une culture par exemple musulmane. Je pense que c'est réducteur et complètement faux. Certains médias outre-atlantique n'ont pas hésité à faire le rapport entre l'islamisme et nos émeutes en banlieues... Mfff ! Le "choc des cultures" ne veut pas dire grand chose, vous le montrez bien.

Au fait, ils ont quels age vos élèves ?

Écrit par : pierrem | lundi, 30 octobre 2006

oubliez le commentaires précédent... Il n'a rien à faire là !

Écrit par : pierrem | lundi, 30 octobre 2006

Ouais, c'est en plein dans le mille... Jacques Martin avait envoyé deux ou trois planches d'essais au Journal de Tintin, puis il était parti en vacances. On lui a télégraphié ensuite que la page d'Alix était publiée et qu'il devait se mettre immédiatement à faire la suite. Manque de bol ! Non seulement cette première page est un honteux démarquage du début de Ben-Hur (plus le film que le roman), mais en plus elle contenait un anachronisme énorme puisque la cité en question n'existait plus depuis longtemps et qu'il la citait par le nom arabe qui lui avait été donné lors de sa redécouverte au XIXe s. Cela sans compter qu'Alix le fameux Gaulois issu d'une tribu de mercenaires galates isolés est censé se trouver en Mésopotamie alors que les Galates vivaient en Turquie et dans les Balkans...

Écrit par : Dominique | lundi, 30 octobre 2006

Oui, mais ce qui compte dans Alix, ce sont les jeunes garçons en tenue courte, non ?

Écrit par : Ponte Facto | lundi, 30 octobre 2006

Ponte Facto : c'était aussi l'intérêt du film Troie ;-)

Écrit par : Irène Delse | lundi, 30 octobre 2006

La pédophilie dans Alix se voyait nettement moins il y a quarante ans lorsque tous les bons pères recommandaient les Signes de Piste avec leurs gamins en shorts très courts au lieu des jupettes d'Alix : on interdisait alors en France la Griffe noire parce qu'on y voyait une allusion à l'OAS ou au FLN, la Grande Menace parce qu'il était inadmissible qu'une arme nucléaire soit mauvaise si elle était fabriquée sur le sol français. On avait de bonnes raisons d'interdire ces ouvrages dangereux à cette époque !

Écrit par : Dominique | lundi, 30 octobre 2006

Oui Alix est anachronique comme Astérix... Et déjà à la base dire "nos ancêtres les gaulois" est loin d'être vrai...
Mais ce ne sont que des bd pas des livres d'histoire.

Écrit par : pierre | lundi, 30 octobre 2006

...Et moi qui pensais à l'année dernière... à Marienbad !

Écrit par : Papotine | lundi, 30 octobre 2006

Ah, oui, les Signes de Piste... Il y en avait pas mal dans ma bibliothèque de collège. C'est vrai qu'avec le recul, textes et images laissent à penser. Je veux dire que, comme pour les BD du genre Alix, rien d'étonnant à ce que des ouvrages pour ados mettent en scène des ados. Et s'il s'agit de romans historiques, on aura des costumes d'époque. Mais la façon dont ces éléments, en soi banals, sont utilisés, est pour le moins troublante... Un peu comme certains mangas bourrés de Lolitas.

Pour Signes de Piste (encore eux !), outre les garçons en petits shorts, il y avait aussi chez un Serge Dalens, par exemple, des passages qui fleuraient bon le sado-masochisme latent.

Écrit par : Irène Delse | lundi, 30 octobre 2006

Il y a chez Serge Dallens (tout comme chez Foncine) d'autres thèmes que ceux que vous évoquez, par exemple on ne peut oublier qu'il a été membre fondateur et longtemps membre de la direction du Front national. Le Prince Éric est plus qu'ambigu au sujet du nazisme, c'est même explicite dans le deuxième épisode quand nos vaillants scouts catholiques rencontrent des Hitlerjügend et se trouvent des choses en commun. Ce n'est pas un hasard s'il est réédité par les éditions du Triomphe qui sont très proches de...

Écrit par : Dominique | lundi, 30 octobre 2006

Les préférences idéologiques de Dalens (pour Foncine, je crois n'en avoir jamais lu) ne m'avaient pas effleurée à l'âge où je commençait à lire le Prince Eric. Soit environ douze ou treize ans. Par exemple, le coup des jeunesses hitlériennes ne m'avait pas marquée (je ne m'en souvenais même plus). Les aventures palpitantes faisaient passer bien des choses, j'imagine. Ou bien c'est qu'il me manquait des références, ne serait-ce que pour reconnaître dans le personnage d'Eric une incarnation de surhomme "aryen" assez saisissante.

C'est seulement dans la Mort d'Eric, je crois, lue un an ou deux après, que je me suis dit qu'il y avait quelque chose qui clochait dans la sympathie évidente des personnages (et du narrateur) pour un adversaire qui, pendant cette guerre de 39, étaient quand même l'Allemagne nazie.

Écrit par : Irène Delse | lundi, 30 octobre 2006

Foncine est nettement moins marqué idéologiquement que Dalens et on ne trouve pas d'allusions à l'époque chez lui, même si on retrouve une profonde empreinte maurrassienne comme le personnage choisi par la destinée et puis la vérité de la terre ou le culte du terroir et des origines, cela se fait en tout cas à travers le cadre de récits bucoliques qui empruntent surtout à Alain-Fournier et qui idéalisent un lieu historique mais hors du temps, le tout dans une histoire de fantaisie.

Écrit par : Dominique | lundi, 30 octobre 2006

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